DES PERCEPTIONS VISUELLE
423. Vision droite des objets extérieurs. — La construction des images rétiniennes, effectuée d'après la considération des points cardinaux de l'œil, montre que ces images sont renversées, tandis que nous voyons dans leur position normale les objets correspondants.
Pour expliquer cette contradiction apparente, remarquons d'abord que du renversement des images rétiniennes il ne résulte pas que les objets correspondants doivent nous paraître renversés par rapport à leur position réelle. La rétine, en effet, est un appareil uniquement récepteur, tandis que c'est le cerveau qui doit porter un jugement d'après les sensations qui résultent de l'excitation des fibres du nerf optique par la lumière. Il est dès lors inutile de reicourir à l'hypotbèse d'après laquelle les fibres du nerf optique qui iviennent des parties supérieure et inférieure de la rétine se renidraient respectivement aux régions inférieure et supérieure du icerveau pour y former une image droite des objets extérieurs.
L'existence et la position des objets extérieurs ne nous sont d'ailleurs pas fournies par le seul sens de la vue, mais par ce sens aidé de celui du toucber et continuellement contrôlé par celui-ci. De là vient que nous rapportons à une cause extérieure toute excitation lumineuse, même intérieure au globe -oculaire (vision entoptique des vaisseaux rétiniens, etc.), et que nous rapportons à un objet situé dans sa position réelle l'image rétinienne de cet objet,
424. Vision simple avec les deux yeux. — L'observation nous apprend que, lorsque nous dirigeons vers un même objet A les axes visuels de nos deux yeux, cet objet est vu simple. Noua
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voyons de môme un objet unique lorsque deux objets distincts se trouvent respectivement sur chacun de nos axes visuels. Nous devons conclure de là que le cerveau i'usionne en une seule les deux sensations qui résultent de l'excitation simultanée de nos deux macula.
Les deux taches jaunes ne sont pas d'ailleurs le seul couple de points de la rétine dont l'excitation simultanée donne lieu à une sensation unique, et l'on appelle points identiques on coi^espondants les couples de points qui jouissent de cette propriété. On iio connaît d'ailleurs pas encore la raison de cette fusion en une seule de deux excitations distinctes.
Les positions, sur les deux rétines, des points identiques ou correspondants peuvent être caractérisées de la manière suivante.
Imaginons que l'on transporte l'un sur l'autre les globes oculaires, de telle sorte que les deux macula, ainsi que les diamètres hori-zoQiaux et verticaux des deux rétines, coïncident deux à deux. Les points des deux rétines qui se trouvent alors superposés sooti autant découplés de points identiques et correspondants.
Il est dès lors possible de déterminer, pour toute position connue des axes visuels, Vfioroptère ou le lieu des points de l'espace qui doivent être vus simples, c'est-à-dire dont les images se forment sur des points correspondants des deux rétines ; ce problème physiologique se trouve ramené, en effet, d'après la définition des points correspondants donnée ci-dessus, à une question de mathématique, et sa solution a été trouvée pour un certain nombre de casparticuliers. ^
Lorsque les axes visuels sont parallèles et dirigés en avant,' l'boroptère est un plan horizontal qui est situé à 1".60 environ au-! dessous du plan des axes visuels et se confond donc sensiblementi avec le sol. C'est probablement à celte coïncidence du sol et de l'boroptère qu'il faut attribuer la sûreté de la Uiarche lorsque nous regardons droit devant nous à grande distance.
Dans le cas où les axes visuels convergent en un point de la; ligne médiane, l'boroptère est constitué: 1° par la circonférence^ que déterminent le point visé et les couples de points nodaux, supposés fusionnés, de chaque œil, 2° par une droite perpendicu- ' laire au plan de la circonférence précédente et passant par let point visé.