Le corps humain au point de vue mécanique. — Le
corps humain, de même que celui des animaux, constitue ce que l'on appelle, en Mécanique, un système articulé, c'est-à-dire un système entre les diverses parties, ou les divers membres duquel existent des liaisons.
Les diverses parties de ce système sont constituées par des os, mobiles les uns par rapport aux autres entre certaines limites; cette limitation du mouvement est due en partie à la forme des articulations, c'est-à-dire à la forme des surfaces de contact des os entre eux, en partie aux liens appelés ligaments, résistants et Lmbeut. — Physique médicale. a
peu extensibles, qui eutourent plus ou moins complètement les
articulations.
Les parties mobiles du corps de l'bomme et des animaux sont mises en mouvement par des muscles. Les muscles possèdent la propriété de se contracter, de se raccourcir, de telle sorte que leurs extrémités se rapprochent, ce qui détermine les mouvements des parties du corps sur lesquelles ces extrémités sont insérées, c'està-dire fixées.
De cette mobilité des diverses parties du corps les unes par rapport aux autres résulte cette conséquence importante: en général, la contraction, c'est-à-dire l'effort développé par un groupe déterminé de muscles, entraîne la contraction de presque tous les muscles de l'organisme. Si nous voulons, par exemple, soulever u-n corps, tenu à la main, par un mouvement de l'avantbras seul, nous ferons contracter les muscles qui s'insèrent d'une part sur le bras, d'autre part sur l'avant-bras ; mais celui-ci ne se mouvra que si le bras est maintenu fixe, ce qui exigera l'intervention des muscles qui vont du bras au tronc. D'un autre côté, la réaction que le poids soulevé exerce sur nous tend à faire affaisser le corps, c'est-à-dire à incliner le tronc sur la cuisse, la cuisse sur la jambe. Nous devrons donc contracter les muscles qui réunissent le tronc au membre inférieur et les segments du membre inférieur entre eux, avec une énergie d'autant plus grande que le corps soulevé sera plus lourd. Il nous faudra, en somme, empêcher la mobilité des diverses parties de notre corps que nous devrons momentanément transformer en un tout rigide, et ceci exigera souvent l'intervention plus ou moins énergique, suivant les'cas, de groupes de muscles très éloignés de ceux qui agissent directement sur la résistance extérieure à vaincre.
Cette nécessité d'immobihser les unes par rapport aux autres les diverses parties de notre corps, et en particulier l'une des extrémités du muscle dont la force de contraction agit directement sur la résistance extérieure, est la cause de la suspension des mouvements respiratoires que réaUsent inconsciemment toutes les personnes qui ont à développer un effort considérable, surtout quand les muscles du membre supérieur interviennent. Quelquesuns, en effet, des muscles du bras s'insèrent par une de leurs extrémités sur la poitrine ; et c'est pour immobiliser celte extrémité