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THERMOMÈTRES

466. Sensibilité des thermomètres. — La sensibilité d'un herinomôtre est évidemment plus grande lorsque la variation de olume qui correspond à une variation de température de 1° est lus grande. Un thermomètre sera donc d'autant plus sensible ue la masse du corps thermométrique sera elle-même plus conidérable. Par contre, il faudra un temps plus long pour que le bermomètre se mette en équiUbre de température avec le corps ont on veut apprécier l'état calorifique. Mais il est possible, en articulier avec les thermomètres à liquide, de donner à l'enveoppe une forme telle que la sensibilité de l'instrument reste encore onsidérable lorsqu'on réduit la masse du corps thermométrique.

467. Déplacement du zéro. — Nous renvoyons aux ouvraes de Physique générale pour tout ce qui est relatif à la construclon des thermomètres et à leur graduation ; mais nous croyons evoir rappeler ici le phénomène, dit du déplacement du 0, qui ntache d'erreur les indications de tous les thermomètres à liquide.

Lorsqu'on plonge dans la glace fondante un thermomètre contruit depuis plusieurs mois et sur lequel le 0 a été inscrit avec oute l'exactitude désirable, on constate que la surface libre du quide se fixe à un niveau situé au-dessus de 0. Ce fait tient ailleurs à ce que, par- suite de la température à laquelle a été orté le verre du thermomètre au moment de sa construction, il

produit un travail moléculaire lent qui diminue le volume du eservoir.

Les indications des thermomètres doivent alors être toutes dimiuées d'une quantité égale au nombre de degrés ou de dixièmes de egré dont le 0 s'est déplacé.

Cette diminution lente du volume du réservoir durant plusieurs nnées, il est nécessaire de vérifier de loin en loin la position du 0 U thermomètre, et cette conclusion est applicable, en particulier, ux thermomètres médicaux.

468. Thermomètres médicaux.— Le corps thermométrique t un liquide, mercure ou alcool coloré en rouge; le réservoir est lativement petit, afin que le thermomètre se mette rapidement

équilibre de température avec le corps humain, et le canal de tige est d'assez petit diamètre pour qu'il soit possible d'inscrire r cette tige les dixièmes de degré. En outre, les températures scrites sont celles qui sont comprises entre 25' et 45°, les

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seules que l'on puisse avoir à observer sur l'homme ou sur Ibh animaux supérieurs, ce qui permet de réduire la tige à une loo^i gueur telle que l'instrument ne soit pas trop fragile.

Ces thermomètres, dits à échelle fractionnée^ sont gradués pai comparaison.

Quelques constructeurs ménagent le long de la colonne liquide du thermomètre, et à petite distance du réservoir, uaa ampoule 0 (fig. 308) telle que le 0 soit situé entre cette ampoule et le réservoir ; le 0, ainsi que quelques di-; xièmes de degrés au-dessus et au-dessous de ce pointj sont alors inscrits sur la tige, ce qui rend facile la vén rilication de l'instrument.

Lorsque le 0 n'est pas marqué, la vérification na peut être faite qu'avec un thermomètre étalon, muni d'un 0 préalablement vérifié ; les deux instruments sont, à cet effet, simultanément placés dans une môme enceinte dont la température, constante, soit l'une de celles qui sont inscrites sur le thermomètre médical. La constance d'une semblable température étan chose difficile à réaliser, les médecins devraient exclusivement ne se tervir que de thermomètres porteura d'un 0.

Les thermomètres médicaux à maxima sont à recom4 mander ; ces instruments sont munis, à l'intérieur de leur tige, d'un index de mercure qui s'élève lorsquea la température s'élève et qui reste en place lorsque k température diminue. La division en face de laquelle l'index se trouve, après l'équilibre de température, indique la température du corps au contact duquel l'instrument a été placé. De légères secousses impri-^ mées au thermomètre permettent d'ailleurs, après chaque observation, de ramener l'index à une petite Themomèirë" distauce de la surface libre du mercure de l'instrument,

médical à réser- saUS QU'll V ait COUtaCt.

voir intermé- , . , i . • i , • ^ . i„

diaire. Le choix de la région du corps humam au contact ne

laquelle le thermomètre doit être placé n'est pas indifférent, car, ainsi que nous le dirons plus tard, la température n'est pas partouti la même. Il résulte de là, tout d'abord, que si les températures-.

doivent ôlre comparées entre elles sur divers malades, ou sur un même sujet pendant le cours d'une maladie, le thermomètre devra, daDS tous les cas, être mis en contact avec la môme région.

Les cavités du rectum et du vagin sont propres à recevoir le réservoir d'un thermomètre, car ce réservoir n'y est soumis à aucune cause de refroidissement. Si, au contraire, le thermomètre est introduit dans la bouche et sous la langue, il est nécessaire que les lèvres soient rigoureusement en contact et que l'inspiration et l'expiration se fassent exclusivement parle nez, afin que les courants gazeux ne soient la cause d'aucune évaporation capable d'agir sur l'instrument.

Le thermomètre est le plus souvent placé sous l'aisselle; le bras correspondant du malade doit alors être ramené contre le corps, afin que le réservoir soit en contact partons ses points avec la peau.

469. Détermination des températures locales périphériques. — L'importance, en clinique, des indications fournies par les thermomètres employés dans les conditions que nous venons d'indiquer, a poussé les médecins à généraliser l'emploi de cet instrument, à tenter la mesure des températures locales de telle ou telle région de la surface du corps humain et à modifier, à cet effet, la forme des thermomètres dont il vient d'être question.

Afin d'augmenter la surface de contact, on donne fréquemment au réservoir la forme d'un disque creux que l'on applique, par sa l)ase inférieure, sur la peau (thermomètres de Seguin, etc.). Pour 'liminuer le temps nécessaire à l'établissement de 1 équilibre de température, on a eu souvent le tort

1 (le réduire l'épaisseur du verre du réservoir jus-

i qu'aie rendre flexible; si l'on exerce alors une

= pression un peu forte en appliquant le thermo-

' -nètre, on réduit le volume intérieur du réservoir, " qui occasionne une ascension mécanique de la ^'^oS ^^iSe.''' •oionne mercurielle. De tels thermomètres sont évidemment à

i On a constitué aussi la cuvette des thermomètres de contact par ' "' tube, enroulé en spirale (fig. 309, a), qui se prolonge par une

'.e perpendiculaire au plan de l'enroulement (thermomètres de

''■pme,de Peter, etc.).

Le thermomètre de contact de Voisin (Qg. 310) a un réservoir

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dont la capacité ne dépasse guère 3 millim. cubes ; il en résulte d'une part, qu'en déprimant les tissus cutanés avec ce réservoir» celui-ci peut être presque entièrement en contact avec la peau

d'autre part, que l'équilibre de température s'établit dans un temps relativement court; mais par contre, le verre du réservoir est encore assez mince pour être déprime si la pression exercée pendant l'application est trop forte. Ajoutons que, , en raison du petit diamètre de la tige, les lectures doivent être faites au moyen d'une forte loupe et que la tige de l'instrument est protégée par un manchon en verre contre tout contpxtqui pourrait l'échauffer.

Constantin Paul a eu l'idée, pour réa»

liser la fixation des thermomètres de contact, de loger l'instrument dans une ventouse en caoutchouc à l'intérieur de laquelle on peut faire le vide au moyen d'une poire également en caoutchouc.

La figure 311 représente deux modèles de la disposition de Constantin Paul ; le réservoir thermométrique est à spirale, et la tige est soitrecliligne,' soit enroulée.

Galezowski, Gradenigo, etc., ont fait construire des thermomètres destinés à donner la température de l'œil ; le réservoir de ces instruments est aplati et a une courbure telle qu'il peut s'appliquer sur le globe oculaire.

Bon nombre d'expérimentateurs recommandent de recouvrir,' avec delà ouate par exemple, la partie restée à découvert des , thermomètres de contact, en vue de diminuer tout au moins la perte de chaleur par rayonnement et par contact avec l'air atmosphérique.} D'autres, pour atteindre le même but, munissent le thermomètre d'une cloche b (fig. 312) qui entoure le réservoir a. Il est éviden que les indications obtenues ainsi ne sont pas comparables à celles^ que fournirait un thermomètre identique, mais dont le réservoin serait directement en contact avec l'air ambiant.

Fig. 310.— Thermomètre de Voisin

470. Détermination de la température 4es organe» profonds. — La température de la vessie peut être approximativement déterminée en recevant sur le réservoir d'un thermomètre le jet d'urine au moment de la miction.

Fig. 311. — Thermomètre de Constantin Paul.

Chez les animaux, on a introduit au sein des tissus le réservoir thermométrique qui, à cet effet, est muni (fig. 313) d'une pointe métallique a.

Claude-Bernard s'est servi de thermomètres assez petits pour pouvoir être introduits dans les vaisseaux sans qu'il en résultât une gêne trop grande pour la circulation.

Kronecker et Mayer ont fait avaler à des animaux de petits thermomètres à maxima protégés par une enveloppe et dont l'index, après l'expulsion de l'instrument, indiquait la température la plus élevée rencontrée le long du tube digestif.

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Ali. Thermomètres enregistreurs. — L'intérêt qu'il y aurait à obtenir des tracés continus de la température animale a fait introduire l'emploi des thermomètres enregistreurs, sinon encore dans la pratique médicale, du moins dans les expériences de Physiologie. Dans ces instruments,: le corps thermométrique est tantôt un solide, tantôt un liquide, tantôt un gaz.

Marey s'est tout d'abord servi des gaz' comme corps thermométrique. Le réservoir métallique d'un thermomètre à air commuuiquait, dans l'une des dispositions imaginées, avec un tambour inscripteur au moyen d'un long tube capillaire en cuivre recuit. Un tel thermograpbe est très simple ; malheureusement l'instrument est soumis à l'influence des variations barométriques par la partie flexible du tambour enregistreur.

L'emploi deliquides,

Fig. 312 — Thermomètre médical

à réservoir recou- lieu de gUZ, COmme i — ^sri vert d'une cloche. , 1

corps thermométrique " M PI ^

soustrait l'instrument à l'influence ™ - -

de la pression atmosphérique. La figure 314 représente un thermo- Fig. 313 — Tiiermomètres médicaux dcs-

, , ,. . , , . . . tinés à être introduits dans les tissus.

graphe a hquide ; le réservoir A

communique, au moyen d'un long tube métallique et capillaire,, avec un tube de Bourdon TT', dont une extrémité est articulée»

avec le levier inscripteur L. Le réservoir T, le tube de commu- Dication et le tube de Bourdon sont remplis par un liquide qui, en se dilatant, fait déplacer l'extrémité T' et par suite le levier. Le thermograpbe de Witz constitue un heureux perfectionue-

Fig. 314. — Thermographe à liquide de Marey.

ment du thermoscope de Leslie ; ce dernier, destiné à reconnaître des différences de températures, est formé de deux boules en verre contenant un gaz et mises en communication par un tube dans lequel se déplace un index de mercure.

Les deux boules du thermoscope sont constituées, dans l'appareil de Witz, par un réservoir P (fig. 315), de forme variable suivant la cavité dans laquelle il doit être introduit, et par un vase R dans lequel est contenu un tube contourné, représenté à part à droite de la figure 315. Ce tube comprend un réservoir T plein d'alcool et une tige qui contient du mercure, la ligne de séparation des deux liquides étant située dans la tige. Des fils métaUiques aboutissent, l'un, marqué +, directement dans le mercure, l'autre, marqué — , dans le réservoir T qu'il traverse pour pénétrer jusqu'à une distance convenable à l'intérieur de la tige. Cette partie de l'appareil, lorsque les deux fils -j- et — sont mis en communication avec une pile, constitue un régulateur Imbert.— Physique biolog. 52

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destiné à maintenir la température du réservoir R à un niveau invariable au-dessus de la température ambiante. Lorsque, en effet, la température s'abaisse dans R, l'alcool se contracte et le mercure arrive au contact du fil — ; le circuit est ainsi fermé et le courant qui traverse le fil s échauffe ce conducteur, ainsi que la

TKermomèlre

à air et Régula teiir.

izJuiUct /^^^?.

Pig. 315. — Themographe de Witz.

masse gazeuse contenue dans R et par suite l'alcool ; celui-ci se dilate : alors, refouie le mercure et rompt ainsi le circuit, ce qui supprime : le dégagement de chaleur.

La température étant ainsi maintenue constante en R, touti déplacement, dans le tube de communication CD, de la surface libre : du liquide qui sépare les deux masses gazeuses contenues en R eti eu P, proviendra d'un changement survenu dans la température! du réservoir P. On conçoit d'ailleurs qu'il soit possible de gra-duer cet instrument par comparaison, de manière à ce que lai température de P soit donnée par une simple lecture.

Pour faire fournir par l'appareil des indications continues, il! suffit d'ailleurs de photographier les déplacements du niveau i liquide le long du tube CD.

DILATATIONS

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