‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 56 sur 397 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

PESANTEUR

72. Objet du Livre. — L'observation montre que des actions < mutuelles existent entre les corps matériels en présence. Lesphé-no mènes qui prennent naissance sont ceux mêmes que l'oni observerait si la matière, contrairement à la loi de Finertie quii est cependant bors de contestation, avait la propriété d'attirer lai matière. Mais la cause de ces actions ne peut pas résider dans? la matière même, qui est inerte ; elle lui est donc extérieure.

On peut, avec Saigey, concevoir l'extériorité, par rapport à lai matière, de la cause des phénomènes d'attraction grâce aux consi-. dérations suivantes. Tous les corps de la nature sont environnés de; fluides, eau, air ou éther. En outre, les molécules de ces fluides? sont dans un état perpétuel de mouvement; elles se transmettent! donc, des unes aux autres, des impulsions qui, de proche en proche, seront communiquées à tout corps matériel A plongé dans le fluide. Par raison de symétrie, si le corps A existait seul, les impulsions qui lui sont transmises arriveraient simultanémentl suivant toutes les directions possibles, elles se feraient équilibre? deux à deux et le corps resterait au repos. Mais si le corps A est! en présence d'un corps B, un certain nombre des impulsions qu'il I recevait seront arrêtées par la présence de B ; les impulsions quç ! A continue à recevoir suivant les directions directement opposées i à celles des impulsions arrêtées par B ne seront plus détruites, , et pousseront le corps A vers le corps B. Le même raisonnement: peut être fait au sujet du corps B, qui lui aussi sera poussé vers ■ A. Les deux corps tendront en conséquence à se rapprocher l'un de l'autre comme si leurs masses avaient réellement la propriété de s'attirer réciproquement, mais cette attraction apparente est due, d'après l'explication précédente, à des impulsions extérieures aux corps .

OBJET DU LIVRE. ^'9 Quoi qu'il en soit de l'exactitude de cette explication, lorsque ces phénomènes d'attraction apparente ne s'exercent pas a des distances très petites, la force qui pousse les corps l'un vers 1 autre PSt proportionnelle au produit des masses de ces corps et en raison inverse du carré de la distance qui sépare leurs centres de gravité On i'^nore encore la loi suivant laquelle s'opère l'attraction apparente des corps matériels pour de très petites distances, telles que celles qui séparent les molécules d'un même corps .

D'après l'explication donnée plus haut, explication fort acceptable mais probablement incomplète, l'attraction doit exister, et existe en effet, aussi bien aux distances infinitésimales qui sépanmt entre elles les molécules d'un même corps qu'aux énormes distances qui s'étendent entre les corps planétaires. Cette attraction se manifeste, en particulier, entre la terre et les corps qui sont placés à sa surface ou à une certaine distance de celle-ci, et on lui donne le nom de Pesanteur. On réserve plus spécialement le nom de Gravitation à l'attraction qui s'exerce entre les corps planétaires, et l'on appelle Attraction moléculaire les actions mutuelles des parties constituantes d'un même corps ou de deux corps très voisins. Mais cette diversité d'appellation n'indique nullement une diversité de causes.

On appelle aussi Pesanteur la partie de la Physique qui s'occupe des phénomènes, non pas dus uniquement à l'attraction exercée par la terre, car les phénomènes naturels ne comportent pas en général une telle simplicité de cause, mais dans lesquels interviennent l'attraction terrestre et l'attraction moléculaire. Aussi lerons-nous rentrer dans le livre de la Pesanteur l'étude des actions moléculaires réciproques qui, dans beaucoup de cas d'ailjurs, agissent en même temps que l'attraction terrestre, pour onner naissance à des phénomènes déterminés. En outre, au lieu d'étudier chaque catégorie de phénomènes, poids, élasticité, etc., en considérant successivement pour chacune Telles les particularités dues à l'état solide, liquide ou gazeux des •orps, nous ferons, autant que la chose est possible, l'étude séparée os corps solides, liquides et gazeux.

Les notions de Mécanique animale, contenues dans le chapitre précédent, auraient trouvé naturellement leur place dans le livre lie la Pesanteur, puisque l'attraction de la terre, à laquelle est

PESANTEUR

du le poids de notre corps, imervient pour une large part dans quelques-uns des phénomènes que nous y avons étudiés. Mais à cause môme de l'importance de ces notions et de leur rapport avec les principes de Mécanique rappelés au début de cet ouvrage, nous avons cru mieux faire en leur donnant une place à part.

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