ÉLASTICITÉ MUSCULAIRE
c. Relation entre la force élastique totale et la charge. — Si I on pouvait s'attendre, a priori, à la loi de proportionnalité entre résistance interne du muscle et son raccourcissement, il n'en est is de même pour la loi analogue qui existe entre cette même sistance interne, ou entre la force élastique qui lui fait équilibre, [ la charge.
Pour établir cette loi, on invite le sujet à déterminer toujours un même état de contraction des fléchisseurs de l'avant-bras, r'est-à-dire à amener chaque fois l'index, dont l'avant-bras est iimni, sur une même division de l'arc de cercle gradué. On fait une série d'observations en chargeant successivement lavant-bras l'un poids P égal à 500, 1000, 1500 gram., etc.; on ajoute dans : haque expérience une surcharge constante P' de 2000 gram. et l'on observe chaque fois le déplacement de l'index qui mesure roportionnellement l'allongement musculaire. On constate ainsi que, pour un même degré de contraction ou de raccourcissement du muscle, une même surcharge produit un allongement inversement proportionnel à la charge primitive supportée.
En d'autres termes, soit L la longueur, invariable dans les ' '.verses expériences, du muscle raccourci, avant l'addition de la surcharge; soient 1, \' ... les allongements que provoque la surcharge constante P' quand les charges primitives sont P, Pj, etc.;
si Pi=2P, l'expérience montre que Y = ^. Il résulte delà
que, pour un même raccourcissement initial, si la charge devient 'ouble, il faut faire agir une surcharge double pour produire un même allongement 1. Or, la surcharge mesure, comme dans les
'expériences précédentes, la force élastique, devenue manifeste, ;qui était employée à vaincre la résistance interne opposée par le
^muscle pour subir le raccourcissement ) ; donc, la résistance opposée par le muscle au raccourcissement est proportionnelle à
;la charge que ce muscle supporte.
Cette loi étant évidemment indépendante de la valeur en gramiesdes charges pour lesquelles on l'a vérifiée, et la résistance
•xacte des allongements, mais clans l'interprétation du phénomène, dans I oonsidération de l'élasticité latente et dans les conclusions qui en déouient au point de vue de la thermodynamique musculaire.
interne étant égale à la force élastique latente du muscle, il eo résulte que la force élastique contenue dans un muscle contracté est proportionnelle à la charge qu'il équilibre. Aussi Chauvea assimile-t-il la charge supportée par un muscle contracté à u coefficient par lequel il faut multiplier le raccourcissement pour obtenir la valeur totale de l'élasticité due à la contraction.
Considérons un exemple numérique pour mieux comprendre'^ le sens exact de cette conclusion : soit un muscle raccourci de-| 12 millim. et supportant une charge de 500 grara.; si nousrepré- • sentons par a le poids nécessaire pour allonger ce muscle de • 1 millim., dans ces conditions, la force élastique manifeste du.! muscle étant égale à 500 gram. , et sa force élastique latente étant , égale à a X 12, sa force élastique totale F sera :
F = bOQs' + i2a. ;
Si ce même muscle, raccourci encore de 12 millim., supporte lai charge 2x500 gram., sa force élastique effective ou manifester sera actuellement égale à 2 X 500 gram.: d'autre part sa forces élastique latente sera, d'après la loi précédente, égale à 2x 12a.. La force élastique totale F' sera donc :
F' =2x500 + 2xl2a=.2 (500 + 12a) = 2F.
Nous aurons occasion plus tard, dans le livre consacré à lai Chaleur, d'indiquer les conséquences que Chauveau a tirées des5 considérations précédentes, en ce qui concerne le travail muscu-laire. j
86. Composante normale des membranes courbes ten-dues. — L'organisme humain présente plusieurs exemples de il cavités dont les parois courbes sont plus ou moins élastiques etl! extensibles, et dont le volume intérieur est rempli par un fluide, , liquide ou gaz, qui exerce sur les parois une certaine pression.
L'élasticité des parois distendues donne naissance à une force ; qui en chaque point est normale à la paroi, dirigée toujours vers la i concavité de la surface et égale à la pression du fluide intérieur. Si l'on représente par F la force élastique de la paroi, force que ■ nous supposerons constante dans tous les méridiens que l'on peut mener autour d'un même point, et par R, R' les rayons de i courbure principaux de la surface au point considéré, la valeur ■