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ÉLASTICITÉ DES MEMBRANES COURBES

de la composante normale au point considéré est donnée (§ 54) par la formule :

Si la surface courbe est sphérique, R=R' et la valeur de N, constante en tous les points de la surface, devient :

La considération de cette composante rend compte d'un certain nombre de phénomènes physiologiques ou pathologiques dont nous onsidérerons les principaux .

a. Pression hydrostatique intra-oculaire. Théorie des ophtalmotonomètres. — L'intérieur du globe oculaire est rempli par l'humeur aqueuse et par le corps vitré, entre lesquels se trouve une lentille, le cristallin, dont les changements de forme, réglés en partie par la formule (1), seront étudiés et expliqués dans le chapitre de l'Optique consacré à l'accommodation. De la consistance absolument liquide de l'humeur aqueuse et semi-fluide du corps vitré, il résulte que ces corps exercent des pressions égales sur chaque unité de surface de la paroi du globe oculaire, en quelque région que l'on considère cette unité.

Cette pression hydrostatique intra-oculaire varie avec diverses circonstances et augmente ou diminue dans certains états pathologiques dont le pronostic est souvent grave. La valeur de cette pression hydrostatique peut constituer alors un élément important de diagnostic, aussi a-t-on imaginé, pour la mesurer, desiostruments spéciaux appelés ophtalmotonomètres .

Le principe de la plupart de ces instruments est le suivant : Une tige A, terminée par une pointe mousse, est flanquée de deux tiges latérales parallèles à la première et un peu plus courtes que celle-ci; la tige A étant appliquée normalement sur le globe oculaire, on exerce sur cette tige, avec la main, un e0"ort suffisant pour produire sur la sclérotique une dépression telle que les extrémités des deux tiges latérales arrivent au contact des régions voisines non déprimées du globe. Un mécanisme, dont l'instrument est muni, permet de mesurer l'eQ'ort que l'observateur doit Imbert. —Physique médicale. 10

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exercer pour produire cette dépression, de profondeur toujours constante; de là, peose-t-on, il est possible de déduire la valeur de la pression intra-oculaire, grâce à des expériences préalables faites sur des membranes courbes tendues par une pression intérieure connue.

Cette assertion est erronée. En effet, soient H la pression hydrostatique intra-oculaire, P la pression exercée par l'observateur, F la tension élastique de la sclérotique au point déprimé et pendant la dépression, R le rayon de courbure, que nous supposerons constant dans tous les méridiens, de la région déprimée. La composante normale N, due à la tension d'une membrane courbe, étant toujours dirigée vers la concavité, cette force N, dans la région déprimée, est dirigée vers l'extérieur du globe ; son effet s'ajoute donc à celui de la pression intra-oculaire et la condition d'équilibre de l'ophtalmolonomètre est, par suite :

Or les valeurs de F et de R, et en conséquence la valeur de la. force P, dépendent, pour une même valeur de H, du rayon dui globe oculaire et de l'élasticité propre de ses parois, deux éléments i sur lesquels l'observateur n'a aucune donnée précise. Il résulte dei là que P peut être variable d'un œil à l'autre, même lorsque lai valeur de la pression intra-oculaire est la même dans les divers ; cas. Les oplitalmotonomètres à dépression ne sont donc pas i susceptibles de recevoir une graduation, et l'on doit absolument les i rejeter^.

Mais l'inconvénient grave dont nous venons de parler dispa- ■ raitrait si l'on se bornait à produire une dépression plane de la . sclérotique, au moyen d'un disque de surface connue S. Il n'y aurait plus alors de composante normale puisque, R étant infini, N devient nul, et la condition d'équilibre serait :

La pression exercée par l'observateur pour rendre plane une

1 A. Imbert; Théorie des ophtalmolo)iomètres {Ann. d'ocul., 4887).

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