ÉLASTICITÉ DES MEMBRANES COURBES
i^'tion S de la surface de la sclérotique serait donc égale à la ression iotra-ocuiaire sur cette même surface. C'est sur ce principe qu'est basé l'oplitalmotonomètre de ,AIaklakoff, dans lequel la pression P est produite au moyen de Doids connus que l'on ajoute à la tige terminée par le disque plan. Pour connaître la portion de surface rendue plane, Maklakofif induit la surface du disque d'une substance qui est enlevée, par 'o liquide qui baigne extérieurement le globe oculaire, en tous les jints où le disque est en contact avec la sclérotique. Le tonomètre oculaire de Maklakoff est donc le seul qui puisse mnev des indications exactes. Ajoutons que, faute d'un instruiient commode et précis, les ophtalmologistes se contentent habi- 'uellement, pour apprécier la pression intra-oculaire. de déprimer ; globe avec les doigts à travers la paupière fermée. b. Formes diverses du globe oculaire. Staphylomes . — La formule (1) de la page 145 permet de rendre compte de la forme ;)latie des yeux hypermétropes et allongée des yeux myopes. En effet, la pression intra-oculaire étant la même en chaque , jjoint de la paroi, la composante N doit avoir partout la même
Imleur. Si donc la paroi n'est pas parfaitement homogène, si elle est moins résistante dans une région, la valeur de F y sera plus etite et la constance de N ne pourra être obtenue que par une lioainution de R, c'est-à-dire par une augmentation delà courbure. ; En particulier, si une diminution de résistance existe dans la ^ irégion équatoriale verticale, la courbure s'y accusera davantage, 'Cette partie se renflera, l'œil sera aplati d'avant en arrière. Cette iiparticularité se présente très souvent dans l'œil hypermétrope et arait due, dans certain nombre de cas, à la cause que nous enons d'indiquer.
A une diminution de résistance du pôle postérieur de l'œil correspondra de même une augmentation de la courbure de cette û région. Cette augmentation de la courbure produira une sorte de 1' boursouflure, appelée staphylome, de la région postérieure du 'lobe; c'est ce qui arrive dans les yeux atteints de myopie pro- -ressive et chez lesquels la diminution de résistance au pôle postérieur est due à des causes diverses que nous signalerons dans la partie de cet ouvrage consacrée à l'étude de la vision . Il importe de signaler à ce sujet une erreur commune à plu-
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sieurs auteurs et qui consiste à croire qu'une courbure pi accusée de la région postérieure du globe constitue une prédisp sition à l'allongement antéro-postérieur de l'œil. C'est le contra' qui est vrai. Eu effet, la formule
montre que, pour une même valeur de N, la tension élastiq F doit être d'autant moindre que R est plus petit. Donc, po faire équilibre à une môme pression intra-oculaire, les régions ( la courbure est plus accusée n'auront à développer qu'une for élastique moindre et par suite seront moins fortement tendues. Uj courbure plus accusée du pôle postérieur, loin d'être une prédi position à l'allongement, constitue donc, au contraire, une constance qui s'oppose à cet allongement.
Les stapbylomes de la cornée, à la suite de kératites, sont é lement dus à une diminution de résistance d'une portion de : surface cornéeune. La courbure de la cornée augmente toutes 1 fois qu'il se produit une diminution de résistance, c'est-à-dire ui diminution de la force élastique F, et cette diminution du rayon • courbure a pour effet de maintenir la même valeur à la comp; santé normale N.
Il est facile de concevoir que les chances de rupture de cornée sont plus grandes dans le cas d'ulcérations étendues q dans celui d'ulcérations de dimensions plus petites. Dans le premi cas, en effet, à cause môme de l'étendue de la surface dont résistance est diminuée, une augmentation sensible de la co bure ne peut être réalisée que par une proéminence marqué' c'est-à-dire par une augmentation notable de la surface ou, ce q est la même cbose, par une forte distension de la région ulcérée. . au contraire la surface ulcérée est peu étendue, une faible distensi' de cette surface entraînera une augmentation très appréciable • la courbure; les cbances de rupture seront donc moindres pui que l'augmentation de courbure, rendue nécessaire par la dirain~ tion de résistance,-ne nécessite qu'une distension plus faible de! surface ulcérée. L'observation clinique démontre, en effet, que; rupture de la cornée survient seulement dans le cas d'ulcératio étendues et jamais, ou presque jamais, à la suite d'ulcères pet: €t bien limités.
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^ c Rupture de la poche des eaux. Mesure des forces expulsives ^pendant l accouchement . —TîinX que le col del'utérus nese dilate pas la poche des eaux ne peut se rompre, car elle est entourée et soutenue sur toute sa surface par le muscle utériu. Lorsque la dilatation commence, au contraire, et s'accuse progressivement, une portion de plus en plus grande de la surface de la poche devient libre et doit, par sa seule force élastique, faire équilibre à la pression qu'exerce sur elle le liquide amniotique intérieur. Celte pression varie d'ailleurs avec la force de contraction de l'utérus. Si la poche des eaux n'avait pas d'adhérence avec la surface utérine interne, elle serait, à chaque contraction, poussée assez avant ^ dans le vagin, et le liquide amniotique serait ainsi soustrait en partie à la compression que l'utérus exerce sur lui ; eu outre la distension à laquelle la poche serait soumise pour faire équilibre, par une augmentation de sa force élastique F et une diminution de son rayon de courbure R, à la pression intérieure, pourrait porter sur une large partie de la surface de la poche; celle-ci pourrait donc résister sans se rompre, conclusion que l'observation confirme.
Lorsque, au contraire, des adhérences, d'ailleurs normales, existent entre les parois de l'utérus et la poche, l'accroissement de la pression intérieure, à chaque contraction utérine, ne peut être équilibré, dans la portion actuellement libre de la poche, que par une distension et un accroissement de courbure de cette région seule. Tant que le col est peu dilaté, les choses se passent comme dans le cas de staphylomes de petite étendue ; une faible distension, insuffisante pour amener la rupture, entraîne un changement de courbure assez notable pour que la nouvelle valeur de N fasse équilibre à la pression intérieure. Si la dilatation du col est plus avancée, la poche est libre sur une plus grande étendue ; le même changement de courbure exige dès lors, comme dans le cas de larges ulcérations cornéennes, une distension que la membrane de la poche ne peut subir sans se rompre. La rupture se produira donc au moment où la membrane, dont l'extensibilité n'est pas coQsidérablej ne pourra plus subir la distension nécessaire pour que N atteigne une valeur égale à la pression due aux contractions utérines et transmise par le liquide amniotique.
Duncan et Tait ont utilisé la formule (1) de la page 145 pour déterminer approximativement la valeur de la force sous laquelle
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se rompt la poche des eaux. Le principe de la méthode est le suiJ vant :
La membrane de la poche est en réalité triple, mais les expériences de laboratoire montrent que deux d'entre elles, les plue extérieures, sont moins extensibles et se rompent les premières. , L'écoulement du liquide amniotique est donc en réalité déterminé j par la rupture de la plus interne des trois enveloppes, l'aranios en conséquence c'est sur cette seule enveloppe qu'il y a lieu d'exH périmenter,
Duncan prenait donc des amnios frais et en coiffait l'extrérailét supérieure d'un tube évasé ; au-dessous de la membrane arrivait' de l'eau dont la pression, mesurée avec un manomètre, étaitaccrue jusqu'à amener la rupture de l'smnios. Soient, au moment de la rupture, p la pression exercée par l'eau sur l'unité de surface de 1 membrane amniotique, R le rayon de courbure de celle-ci, F s force élastique évaluée sur l'unité de longueur; on a :
en supposant la membrane spbérique. La valeur de p était donnée par le manomètre et R pouvait être calculé au moyen de la formule
après que l'on avait mesuré le diamètre d du tube sur lequel la membrane était fixée et la flèche h de la calotte spbérique que formait cette membrane au moment de la rupture. La formule (3) permettait donc, grâce à ces données, d'obtenir la valeur de la force élastique maxima F que développe l'amnios au moment où il TE se rompre.
Duncan suppose alors que, pendant l'accouchement, l'amnios se rompt lorsque la dilatation du col est circulaire et a un diamètre de 1 1""". 25 ; il admet en outre que, au moment de la rupture, la saillie de la membrane est exactement une demi-sphère. La for-v mule (3) permet, dans ces conditions, de calculer la pression sup-' portée par l'amnios soit sur toute sa surface libre, soit sur 1 cenlim. carré.