‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 84 sur 96 · ORGANB DE LA VOIX · texte numérisé non relu

ORGANB DE LA VOIX

Dus l«t anehet le tnjaii ^ocal exerce one influence maniiiée snr le timbre des sons ; dans la ▼oix de rhomme , la bouche et le conduit guttural produisent le même effet. Ainsi le timbre de la voix sera totalement changé , si le conduit guttural est percé an-dessus du larynx ; de même , quand un obstacle suppose au passage de Tair dans les fosses nasales , on parle du nei. Le résultat est tout différent si le trou est pratiqué au-dessous du larynx ; alors, Tair sortant avant d'arriver à la glotte, les sons ne se produisent plus. De même perces le porte-vent d'une anche » et cette anche ne parlera plus. Vo^êz l'ouvrage de M. Mageudie , pour les observations qui sont relatives à ce sujet.

L'étendue des diverses voix humaines est d'environ trois octaves \ les voix des femmes et dt» enfaos sont pins aiguës que celles des hommes faits, parce que les lèvres de la glotte sont beaucoup plus courtes ches les premiers que chez les derniers, et que le larynx a moins de capacité.

Voioi quelques détails empruntés des Leçons d'anatomie de H. Cuvier :

Les animaux à poumons (les mammifères, les oiseaux et les reptiles] sont les seuls qui aient une véritable voix.

Les mammifères et les reptiles n^ont, comme l'homme, qu'une seule glotte placée yers le point où la trachée vient se terminer dans la bouche.

Ches les oiseaux , on trouve, à l'origine de la trachée, au-dessus d'un renflement, appelé larynx inférieur , une lame saillante en forme d'anche ; et si l'on coupe le cou à un oiseau criard très près de la tête, il crie comme auparavant.

( Foy»jB, pour les détails plus étendus, TAnatomie de M. Cuvier et celle de H. Blainville.)

708. Telle a été à peu près la théorie de l'organe vocal jusqu'en 1826. A cette époque , H. Savart a publié un travail dans lequel il propose une nouvelle explication des fonctions de l'organe vocal.

H. Savart remarque d'abord que , pour qu'une

anche rende un son , il faut que la languette soit presque en contact avec les parois de la gouttière , afin que l'écoulement de l'air se fasse périodiquement. Cette condition lui parait diflicile à remplir par le larynx.

H. Savart. croit que la production des sonstians la Toix est analogue à celle du son dans les tuyaux de flûte. Il rappelle que les chasseurs emploient , pour imiter la voix de certains oiseaux , un petit instrument eu os, en métal ou en ivoire , et dont la forme est souvent celle de la fy. 611, ou de la fig, 611 hU,

Le diamètre a h est de neuf lignes environ , et la hauteur, de quatre lignes. Les chasseurs placent cet instrument entre les dents et les lèvres , et aspirant l'air avec plus ou moins de force, à travers les deux orifices , ils en tirent différens sons. On arrive plus sûrement au même résultat en armant ce petit appareil d'un porte-vent cylindrique {fig, 614). On peut obtenir, avec cet instrument ainsi disposé, tous les sons, depuis ulfi jusqu'à «ii . Voici comment on explique les sons ainsi produits. Le courant d'air ,en traversant les deux orifices, entraine avec lui une partie de la masse fluide contenue dans la cavité, et en diminue l'élasticité. La pression extérieure réagit sur cette masse et la comprime , jusqu'à ce que , par l'influence du courant , elle subisse une nouvelle raréfaction , suivie d'une nouvelle condensation, etc. On conçoit que ces alternatives d'état étant assez rapprochées , et se répandant dans l'air extérieur, donnent naissance à un son déterminé»

I^a ressemblance de cet appareil avec celui de l'organe vocal [fy. 613), a porté H. Savart à penser qu'il y a aussi similitude dans la manière dont les sons se produisent. D'une autre part, le même savant a reconnu qu'un tuyau ayant les mêmes dimensions que le tuyau Tocal et susceptible, comme lui, d'une tension variable dans une partie de son étendue , peut rendre des sons qui embrassent l'étendue de la voix humaine. ( Fioy. le mémoire, Ann. de Ch, et de Phys.^ t. 30.)

aoa

itTto&OLOGa.

Page 1