Distance de la vision distincte. — C'est la distance à
U(|uelle uu ubjcl iloiL être placé pour èlre vu distinctement. Si le pou-
>ir réfringent du système 0|>lique Je l'œil était invariable, il n'y
«Urait pour des yeux identiques qu'une dislance de la \'ision distincte,
ïais elle est comprise tnlre des limites de dislances assez larges, en
■*'lu d'une adaptation spéciale ou mine au point del'a'il qu'on appelle
accommodation. Toutefois, on ne peut voir nettement simullané-
'ni il des distances inégales; l'œil adapté pour voir à une certaine
F^lance ne l'est pas pour voir à une distance diflérente. .\insi, un
ïtil œil étant ouvert, si l'on pose deux épingles l'une devant l'autre,
' certaine dislance l'une de l'autre, on voit nettement la première
»nd on la fixe et la deuxième est confuse, mais si l'on tixe la
iuxièine, c'est la première qui devient confuse.
'<W. Mécanisme de l'accommodation. — Ea pinçant une bougie allu-
■"ee devant l'iuil d'un sujet, dans une chambre noire, un voit trois imnges :
■^ fTemit-re image a, droite, virtuelle, due à la réflexion sur la surface
•l'exe de la cornée, une deuxième image 6, droite, virtuelle, plus grande
'"^ pâle que la précédente, due à la réflexion sur la surface antérieure du
^*lin, qui est moins convexe que la cornée, cnûn une troisième image e,
>up plus petite que les deux autres, renversée et réelle, produite par
•exion sur la concavité do la face postérieure du cristallin (lîg. 578).
' la vue du sujet est portée brusqucmctit d'iui objet éloigné, Ug. (A) à un
objet distant de 20 centimètres, fîg. (B), la première image de la bougie (image cornéennc) ne varie pas, la deuxième se rapproche de l'image cornéenne, diminue et augmente légèrement en intensité, accusant ainsi une augmentation de courbure de la face antérieure du cristallin ; 1& troisième image varie très peu (recule un peu et devient un peu plus petite).
Kig. r>78.
L'augmentation do convexité de la face antérieure du cristallin, due à la contraction des fibres circulaires du muscle ciliaire embrassant son pourtour, augmente la convergence du système optique de l'œil, et dimioae a» distance foc-ale principale. A mesure que l'objet se rapproche de l'œil, se» image se trouve ainsi ramenée sur la rétine, ce qui permet de voir succesaivcment avec netteté des objets placés à des distances diiïércntes.
731. Distance minimum de la vision distincte. — Le de^ré de convergence qui résulte de l'accommodation ne peut pas dépas^^®' une certaine limite, et il y a une distance minimum de la vision A.*-^ tincte. Un objet est vu sous le plus grand diamètre et peut êlr» *-^ mieux étudié dans ses détails quand on le place à cette dielaC* ^ minimum de la vision distincte. Toutefois la vision à la distac»- *^ minimum de la vision distincte est fatigante, car elle exige le ma^^* mum de contraction du muscle ciliaire.
Emmëtropie. — Amétropie. — Les conditions de la vision déper-^ dent de la position de la rétine par rapport au plan focal principe postérieur du système convergent de l'œil, dans l'état de relâcheme"** complet de l'accommodation.
L'œil est dit normal ou emmétrope si la rétine coïncide avec ce plan focal, sinon il est amélrope. L'œil est brachymétrope ou myope quand le plan focal est situé en avant de la rétine ; il est hypermétrope <]uand le plan focal est en arrière de la rétine.
Œil emmétrope. — L'image d'un point lumineux placé à une très
OPTIQUE
gnodo distance"' se fail sur la rétine lorsque les muscles de l'accommodation sont au repos (Fig. 579). Si le point lumineux se rapproche, son ima^ se fait au delà du plan focal, le cane convergent de l'image est coupé par la rétine saivant un cercle de diffusion dont le rayon grandit à mesure que l'image s'éloigne et l'image devient de moins en moins nette. C'est alors que par l'accommodation l'imago
Fig. 579.
I ramenée sur la rétine. Mais, par le déploiement de toute la force êommodative, le degré de convergence ne dépasse pas une certaine limite. Quand cette limite est atteinte, un objet situé dans le plan ranjugué de la rétine se trouve à la distance minimum de la vision distincte, ou au punclum prnximum : cette distance est d'environ »Û centimètres pour un œil normal. Les yeux exactement emmé- ^pea sont rares, toutefois une conformation sensiblement emmétrope *st fré<]uente.
f'retbi/lie. — La puissance d'accommodation diminue par l'effet de "6« : le piinctiim proximnm s'éloigne, il y a presbytie quand il
"'^^•ent distant de l'œil de ÛO à 60 centimètres. Les vieillards sont 'tituellemont obligés de tenir un livre très éloigné pour pouvoir
'*'* nettement.
^11 myope. — L'œil est dit myope si par suite d'une trop forte ^'Ovii-bure de la cornée ou plus souvent par suite d'un allongement de ^il, l'image d'un point très éloigné se fait en avant <le la rétine en /", * muscle de l'accommodation étant au repos (fig. .')80). Le point le P'*ïs éloigné qu'on puisse voir est celui dont l'image se fait alors ****■ la rétine : on l'appelle punclum renwlum, il est dans le plan '•^njagué de la rétine. Pour ces objets plus rapprochés, l'accommo- 'laiion intervient, \e punclum proximum est ordinairement plus rapproché de l'œil que pour l'œil normal. Pour cette raison, l'angle sous
(I] On poioi lumiofluz siloA i 5 on S mètres envoie sur l'œil dei rayon* tenaibloment ptnlUileo et, au delà de !> mitres, nn objet est vu unt «ccominadiition par un œil fs&étrupt.
C0DR8 D8 PHYSIQOB
lequel un œil myope peut voir les petits objets est plus grand eti distingue mieux les détails qu'un œil emmétrope.
Le parcours d'accomnwdation ou la distance du panctum renwt» au punctum proximum est peu étendu dans le cas de forte myopil Cet intervalle se resserre avec l'âge par suite d'un afTaiblissemn <le la puissance d'accommodation, et le punclum proxinmin scrt^ proche du punctum remotum.
Kig. 580.
Œil hypermétrope. — L'œil hypermétrope est trop court, il n'est pas assez convergent dans ces conditions, aucune vision n'est | sible, sans accommodation, ni à grande distance, ni à plus forte rais de près, car l'image se fait en arrière de la rétine et le cône converge"' réfracté est coupé par la rétine suivant un cercle de diiïusion (fig.JiS •)• La vision ne pourrait ôtre nette que si le faisceau incident él convergent, le sommet virtuel du faisceau convergent ayant son i juguù sur la rétine. Par suite de l'accommodation, une légère hyp mélropie passe inaperçue, la convergence étant alors augmentée 1 façon à produire sur la rétine l'image d'un objet éloigné. Le punclt proximum est ordinairement plus éloigné de l'œil que dans le cas l'œil emmétrope. Pour un œil hypermétrope la presbytie app plus tôt que pour un œil normal.
Astigmatisme. — Les trois modes de rûfringence : emmeiropie, myo hypcnuûtropie peuvent se rùuiiir sur un mCme ccil et doiuicr lieu àl't matisme.
Dans l'astigmatisme, la réfringence peut varier d'un méridien ji l'ud d'une façon progressive, tel méridien étant emmétrope, myope ou hyper trope. t'ela lient souvent à ce que la coriiée transparente présente des eot bures diff trente» dans les différents plans que l'on mené par l'axe opliiiC Si, par exemple, la courbure est plus petite dans un méridien horizod l'œil sera myope dans ce méridien.
Pour nous rendre compte des apparences produites par ces inégulib courbure, imaginons une figure formée de rayons partant d'un centre 0.
Un oeil emmétrope verra tous ces rayons avec la même netteté, tatak l'on intercepte la lumière sur l'un des deux yeux avec un écran et place deviuit l'autre a-il une lentille cylindrique à axe vertical (exerçant]
OPTIOL'B
ôfiO
conspuent sa r<>fringencc dans le plan horizontal) les difTérents points do la \ ti^ verticale formeront sur la rétine des images sous forme de traînées borizontales ; |iour la ligne horizontale les images des points étant allongées transversalement se réunissent et forment une ligne horizontale bien accusée. Les rajons sont vus d'autant moins nettement qu'ils se rapprochent davantage lie la verticale, les apparences sont les mêmes que si l'œil était myope ^3 le méridien horizontal. C'est un astigmatisme artificiel.
732. Correction des amétropies. Besicles. — Les besicles remédient aux défauts d'accommodation de l'œil. Si l'œil n'est pas emmétrope, on fait usage de besicles pour le ramener aux conditions de l'emmélropie ou l'adapter aux rayons paralllèles, de telle façon qu'après leur réfraction ces rayons concourent sur la rétine.
Correction de la myopie. — L'œil myope étant trop convergent, les rayons parallèles à l'axe son! concentrés en avant de la rétine. Appelons D la distance du piinidint rcmoltim ou du point conjugué du centre de la rétine par rapport au système convergent de l'œil [sans accommodation).
Tlg. 582.
Pour corriger la myopie on applique contre l'œil une lentille diver- Ifîente dont la dislance focale est D (fig. 582), le point de concours f^rtuei des rayons parallèles à l'axe réfractés par la lentille diver- ^i^te sera en avant do la face antérieure de l'œil à la distance D, les ""^yons qui partent de ce point seront /^ocentrcs par l'œil sur la rétine.
*-* foyer des rayons parallèles à
qui, sans la lentille divergente,
•*'* au point indiqué par le croi-
"^ent des lignes pointillées, est porté
, ^'^ U rétine (fig. 583).
^■^ Oa voit que la dislance focale de la lentille divergente de correction '"
^^P^ ^galeàla distance maximum de la vision distincte de l'œil myope.
j ^'} Le DUDiùro J'uDc lootille de correction est sa puissance on dioptriet ou l'inverse "* Uittuice fovalo livolucv oo mctrei.
Fig. S83.
Si la lentille de correction n'est pas exactement appliquée contre la surface extérieure de l'œil, mais se trouve à une distance i, sa distance focale devra être D — d pour que le point de concours des rayons réfractés par la lentille reste à la distance D de la surfai» antérieure de l'œil.
Correction de Thypermétropie. — L'œil hypermétrope n'étant pas assez convergent, les rayons parallèles à l'axe sont concentrés en arrière de la rétine. Un point lumineux devrait donc être virtuel et situé en arrière de l'œil à une distance D' de la face antérieure de l'œil pour faire son image sur la rétine (sans accommodation). On adapte un œil hypermétrope aux rayons parallèles ou on donne à ses rayons une convergence qui leur permet d'être concentrés par l'œil sur la rétine en appliquant contre la face antérieure de l'œil une lentille convenjenle de distance focale D' ; en traversant cette lentille, des rayons incidents parallèles à l'axe convergent à la distance D', ce qu» permet à l'œil de les concentrer sur la rétine.
La distance focale de la lentille convergente de correction doit être égale à la distance du punclum remolum, c'est-à-dire à la distarxce du point conjugué de la rétine par rapport au système réfringent «l^ l'œil.
Correction de l'astigmatisme. — L'astigmatisme produit sur im £>:>' emmétrope par une lentille cylindrique pourrait être corrigé par une lenti^**^ cylindrique s' adaptant exactement sur la première de manière à l'annuler *' à former un système sans réfringence. Un astigmatisme se corrigera de *"' avctc une lentille cylindrique de réfringence déterminée et convenablcm^^'* orientée. Cela reviendra à augmenter ou à diminuer la convergence dan* '® méridien perpendiculaire à l'axe de la lentille.
Correction de la presbytie. — La puissance d'accommodali^^** n'élant plus suffisante pour amener sur la rétine l'image d'un ob^ *
l'ig. 584.
rapproché, on supplée au défaut de convergence du cristallin pour 'M vision des objets peu éloignés {)ar l'emploi d'une lentille convergea
OPTIQUE
d la distance du punctum proximum d'un œil presbyte ou la Pce minimum à laquelle un point doit se trouver de la face Seure de l'œil pour donner son image sur la rétine. La correction jr objet de faire voir nettement à la distance du punctum proxiid'un œil normal. Plaçons devant l'œil une lentille convergente Jstance focale f fonctionnant comme loupe (740). Un objet { à la distance A est reporté à la distance d du même côté de la De (fig. 584). Les distances J et A doivent être conjuguées par prt à la lentille.