DURÉE DE LA SENSATION. %S
iir la rëtinc était sensiblement la même pour les différentes cou-
urs, et approximativement de 0'', 34; 2o qu'il faut un temps trèa
snsible pour que Fimpression sur la rétine soit complète ; Z** que
durée pendant laquelle l'impression conserve sensiblement la
ême intensité est d'autant plus grande que l'impression est plus
jble j L° que ce temps , pour un papier blanc éclairé par la lu-
ûèredu jour,est moindre que 0",008; qu'il est plus grand pour
lU papier rouge , et plus grand encore pour un papier bleu ; 5** que
a durée totale est d'autant plus grande que l'impression a été plus
intense; qu'elle est d'autant plus grande qu'on a regardé l'objet
pendant un temps plus court , pourvu que ce temps ait été suffisant
pour développer une impression complète ; 6" que quand l'objet est
très lumineux, et qu après l'avoir contemplé quelque temps, on se
couvre subitement les yeux, l'impression disparait et reparaît
plusieurs fois avec des teintes complémentaires.
Nous décrirons plusieurs phénomènes curieux qui dépendent de la persistance des impressions sur la rétine.
1294. Imaginons qu'une roue garnie de plusieurs rais noirs ou seulement obscurs tourne avec une grande vitesse autour de soD axe sur un fond blanc, on apercevra une teinte uniforme dans ehaque circonférence concentrique g l'axe de rotation, et qui résulte d'un mélange de blanc et de la teinte des rais : si par exemple, ciraque rais était formé par deux rayons, en désignant par «le nombre des degrés occupés par la somme des rais, la teinte rétoherait d'un mélange do blanc et de la couleur des rais dans le rapport de 360*" — m à m. Si plusieurs roues placées sur le même axe tournaient avec la même vitesse , l'effet serait encore le même ^ seulement la teinte serait plus foncée; mais si les vitesses étaient afférentes, les rais se rencontreraient périodiquement , et si ces coïncidences se manifestaient toujours dans les mêmes lieux et à des intervalles plus petits que la durée de la sensation , on verrait One roue fixe d'une teinte plus claire que le fond , dont les rais se* raient les lieux des coïncidences : car pour tous les lieux de coïncidence la teinte se compose de celle du fond et de la teinte d'un seul rais, tandis que pour tous les autres points elle se compose de celles du fond et de celles de deux rais ; et si les lieux de coïncidence se déplaçaient successiveipent d'une petite quantité , la roue paraitraitavoir un mouvement derotation. On conçoit facilement d'à-près cela que , si le$ roues n*étaient pas placées sur le même axe, il se produirait des images fixes ou mobiles de formes très variées.
189S. Concevons un cercle de carton mobile autour de son centre y et percé près de la circonférence d'un grand nombre de troos également espacés , et au dessous de chacun d'eux des figures re- f présentant les différentes phases successives du mouvement d'ua même objet , divisé en autant de parties qu'il y a de trous. Si on place le carton devant un miroir, et si on lui imprime un mouvement de rotation rapide , en regardant daiis la glace au delà dQca^ |i ton , on ne distingue aucune figure , on voit seulement des cercles colorés concentriques; mais , si on regarde dans la glace à traTenfa les trous du carton , on voit une image distincte , et chaque fignn s paraît animée du mouvement dont l'ensemble des figures préseoie l les différentes phases. On en concevra facilement la raison, en remarquant que Timage du carton , dans une des positions qu'il presJ successivement, est visible pendant la durée du passage devant Fœil de l'intervalle qui sépare deux trous : par conséquent , si le mou- | vement est assez lent pour que celle durée soit sensiblement celle & de la sensation , les images correspondantes aux phases successives du mouvement de la figure se succéderont dans le même lien, et produiront la même apparence que si la figure se mouvait ellemême. Celle jolie expérience est due à M. Plateau de Bruxelles.
1296. Nous pouvons mainiaiant comprendre l'appareil empioji par M. Savart pour reconnaître la constitution des veines liquiM (240). Imaginons que de petits globules partent d'un même poM^ à des intervalles de temps égaux très petits , et changent de fontf dans leur chute, de la même manière, à des distances périodK' ques égales entre elles : il est facile de voir que, si le temp qu'un des globules met à parcourir une dislance égale à celle qV sépare deux globules successifs est plus petite que la durée de k sensation, l'œil apercevra une surface continue qui sera la sathd enveloppe d'un seul globule dans toutes les positions qu'il occopt successivement. Supposons maintenant que derrière la veine» formée par un liquide opaque, on place une bande noire amiS' laire , verticale , mobile sur deux rouleaux et sur laquelle on ^ |p tracé des lignes blanches horizontales également espacées, si ^ donne à la bande noire un mouvement vertical de bas en haurt» par la rotation des rouleaux, tel, que la vitesse soit à celle dei globules dans le rapport de Técaftement des raies à celle desgl^ bqles, il est évideni que les raies et les globules arriveront en mt' me temps à des hauteurs éloignées les unes des autres de h distance des globules ; et , comme les coïncidences se succèderoi^ ^
IMAGES ACGI0EICTELLE8. 357
es intervalles très petits , il en résultera une sensation continue , t chacune des images distinctes sera un rectangle ayant pour lareur celle du globule , et une longueur constante dépendant uniuement de la largeur des raies, et des vitesses des globules et des Eiies. On pourra alors apprécier les variations de forme des globules, air on obtiendra les largeurs des globules à certaines hauteurs , et Q en déduira facilement le diamètre vertical, attendu que leur voime reste constant. Celte expérience suppose cependant qu*on onne aux raies une certaine vitesse , dépendant de Técartement es globules et des raies, et de la vitesse des premières, vitesse a'il serait impossible de calculer, mais qu'on obtient facilement ir tâtonnement , car la vitesse en question est la seule qui donne 38 coïncidences à des hauteurs constantes , et pour laquelle les liages aient des dimensions fixes.
1997. Images accidentelles. Si on regarde fixement un objet dairé placé sur un fond noir , en tenant l'œil constamment atiché sur le même point , et si ensuite on porte subitement les yeux ir une surface blanche,. ou si on ferme les yeux en les couvrant reenn mouchoir, on voit une image de l'objet, mais d'une cou* nr complémentaire : c'est cette image qu'on désigne sous le nom image accidentelle. L'image accidentelle d'un objet rouge est verii celle d'un objet jaune est bleue. La durée de l'image accidentelle Ld*autant plus grande que Tobjet a été regardé plus long-temps. La disparition des images accidentelles n'a pas lieu en général (kr un décroissement d'intensité graduel et continu ; elle présente I contraire ordinairement des variations périodiques d'intensité ; ttelqnefois même on voit reparaître l'impression primitive. Pour bi^er ces phénomènes , on prend un tube noirci , d'environ ^50 de longueur , et de 0",03 de diamètre; on regarde fixement travers ce tube , pendant une minute au moins , un papier rouge ien éclairé et suffisamment étendu pour que les bords en soient Ichéspar le tube; ensuite, sans découvrir Fœil fermé , on regarde i plafond blanc de l'appartement : on voit d'abord une image cir« Qlaire verte , qui est ensuite remplacée par une image rouge d'une tible intensité et d'une courte durée , après quoi revient une image Me , puis une nouvelle image rouge ; ces alternatives se succèent jusqu'à quatre , mais les intensités des images voût continuel-* >ttieDt en s'altaiblissant (M. Plateau).
Les couleurs accidentelles se combinent entre elles de la même tanière que les couleurs réelles. En effet , si on place Van à cdté
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de l'autre , sur un fond noir , deux petits carrés de papier coloré, l'un violet, l'autre orangé , couleurs dont les accidentelles sontk jaune et le bleu , et si on marque d'un point noir le milieu de chscun des carrés , et qu'après avoir fixé alternativement les yeax sur chacun d'eux pendant au moins une seconde et à plusieurs reprises , on ferme les yeux , ou bien qu'on les dirige sur une sarfaee blanche , on distingue trois carrés juxtaposés : les deux extrêmes sont bleu et jaune et celui du milieu est vert. Mais quand les deux couleurs primitives sont complémentaires , les deux teiutes accidentelles par leur superposition produisent du noir.
Les couleurs accidentelles se combinent avec les couleurs ré^ elles comme ces dernières engre elles; c'est ce qu'on peutfacileoiait reconnaître en projetant l'image accidentelle sur un fond coloré; mais quand les images accidentelles se mêlent avec des images directes complémentaires; l'effet résultant est d'un gris plus ou ffloios foncé.
Les phénomènes que nous venons de décrire succèdent à la ri* sion directe de l'objet , mais pendant sa contemplation même ilw produit des phénomènes analogues. Si on regarde fixement un ciH^ ré de papier rouge sur un fond blanc , on voit après un ceriaii temps une auréole verte qui s'étend à une certaine distance. Si oi place entre une fenêtre et l'œil un papier coloré transparent , et s on applique sur ce papier une petite bande de carton blanc , dk paraît colorée d'une couleur complémentaire. Les ombres prodii' tes sur un mur blanc au lever et au coucher du soleil paraissfli bleues ou vertes , ù cause de la teinte rougeàtre de la lumière. ^ conçoit facilement d'après cela Tinfluence réciproque des coui^ voisines ; cliacune d'elle produisant sur l'autre une teinte complu mentaire à la sienne , on voit que les teintes s'aviveront mutuelle" ment quaud elles seront complémentaires , et que dans le cas cob* traire elles se modifieront.
On observe quelquefois au delà de l'espace occupé par fat' réole accidentelle d'une teinte complémentaire à celle de l'ol^ une faible nuance de la teinte de l'objet.
Plusieurs hypothèses ont été proposées successivement poorei' pliquer ces phénomènes. La plus généralement adoptée était ceik de Scherffer , qui consistait à admettre que l'action continue to rayons d'une certaine couleur sur une partie de la rétine eodi* minue momentanément la sensibilité pour les rayons de cette oûO' leur. Cette explication s'applique très bien aux coulearsjifidôiit^
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