‹ Traité élémentaire de Physique (volume 3)Chapitre 34 sur 63 · RAIES DANS UNE FENTE ÉTROITE · texte numérisé non relu

RAIES DANS UNE FENTE ÉTROITE

les qu'on aperçoit en dirigeant la vue sur un fond blanc , après la contemplation d'un objet colore, mais elle n'explique point la production des images accidentelles quand les yeux sont fermés, ni beaucoup d'autres particularités des images accidentelles. La seule explication généralement admise maintenant, et qui s'accorde parfaitement avec tous les faits , est due à M. Plateau. Ce physicien suppose que quand la rétine a été ébranlée , et que la cause d'excitation cesse, la rétine ne revient à sa position normale que par une série d'oscillhtions décroissantes , et que les états par lesquels elle repasse successivement produisent des sensations oppolées , et enfin que pendant la durée même de l'excitation l'ébrankment de la rétine s'étend au delà des points directement ébranlés, mais en changeant de nature comme les ébranlements d'une membrane tendue. Celte explication n* est évidemment que la tradnction'des faits que nous avons rapportés*

1298. Irradiations. L'impression farte sur la rétine s'étend ail delà de l'image réelle, et d'autant. plus que la lumière est plus vive: ainsi, deux cercles égaux, l'un noir sur un fond blanc, rautre blanc sur un fond noir , ne paraissent pas du même diamètre ; le dernier paraît plus grand que le premier. C'est dans ce phénomène que consiste l'irradiation.

1299. Des raies qu'on aperçoit à F œil nu en regardant à trai^ers une fente étroite placée à une distance de F œil plus pe-» Mte que la distance de la vision distincte. Ces raies , qu'on aper« Mt facilement en regardant le ciel à travers une fente d^un demi niiillimètre de diamètre, sont seulement obscures, irrégulièrement "distribuées dan sla fente, mais toujours de la même manière, quelles ^loe soient la grandeur , la forme et la nature du corps éclairant ; des ne changent même pas quand le corps éclairant est assez ^oit pour donner des franges par diffraction ; et quai(§||Lon. couvre une partie de la fenle par un verre coloré , les raies vues è travers le verre sont sur le prolongement des raies qui se forment dans la partie libre de la fente. Ces raies changent de place et s'afbiblissent quand on augmente la largeur de la fente; au delà d'un millimètre on n'en aperçoit plus que de très faibles , placées près des côtés de la fente. Lorsqu'on éloigne la fente, les raies deviennent moins nombreuses, plus nettes, et disparaissent complètement à la distance de la vision dislincie. Lorsqu'on place une fente étroite devant l'œil, et qu'on incline la fente ou la tête, les raies chan- {rat déplace et de disposition. H résulte évidemment de ce qui

précède que les raies dont il est question se forment dans Fœil. §& Ou en explique très bien la formation en admettant qu'il exisli dans l'œil un certain nombre de points obscurs d'un très petit diamètre ; car chaque point lumineux de la fente projettera sur la rétine une ombre de ce point , la suite des ombres formées par les différents points de la fenle formera une ligne obscure parallèle à |l la fente , et cette hypothèse satisfait à toutes les particularités du phénomène.

On peut d'ailleurs constater par des expériences décisives l'esao* titude de l'explication précédente. Si on prace entre l'œil et um fente étroite une lame de verre sur laquelle on a fait avec de reB-|iJ cre de Chine un point noir très petit , on voit une raie obscure rallèle à la fente. Si on regarde le ciel à travers une fente étr dont on puisse à volonté diminuer la longueur au moyen cTuM plaque mobile dont le bord est perpendiculaire à la fente , quant la fente a une longueur qui diffère peu de sa largeur, on aperçoil un champ circulaire parsemé de points obscurs ^ toujours disposa de la même manière par rapport à l'œil ; si on allonge la fenlSt chaque point obscur produit une raie. Quant à la nature des poioK obscurs de l'œil , je pense qu'ils proviennent de la structure mamelonnée de la cornée transparente ou de l'enveloppe de l'humeir aqueuse : car chaque petit mamelon se comporterait comme unelel" tille d'un court foyer, lalumière qui les aurait traversés sedispe^ serait dans un cône très ouvert , et chacun d'eux porterait sur la rétine une ombre comme un corps opaque.

1500. Perspective. Un point lumineux étant vu sur Taxe à faisceau lumineux qu'il envoie à l'œil , il en résulte que les coS' tours des images sont sur la surface d'un cône qui a pour centre cêà de la pupille , et qui est tangent aux bords du corps ; et que l'imagB formée ^r la rétine est semblable à une section du cône perpendicuraire à son axe : ainsi toutes les sections de ce cône par dei surfaces planes ou courbes formeront sur la rétine des images ter* minées par les mêmes contours. La section de ce cône par unph> porte le nom de perspective. Il en résulte que pour avoir la pff* spective d'un objet quelconque il faut partons les points de ce corps et par l'œil mener des lignes droites , et déterminer l'intersection <fc ce système de lignes par un plan qui occupe la position du tableau sur lequel la perspective doit être rapportée. D'après ce qui précède , si l'œil était placé au sommet d'un cône , une ligoo quelconque tracée sur sa surfacç aurait la même apparence que b

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