‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 101 sur 129 · POLARISATION PAR RÉFRACTION · texte numérisé non relu

POLARISATION PAR RÉFRACTION

rallèle rcnfermuit autant de lumière polarisée que le rayon réiléchi. D'après M. Brcwstcr, cette loi s'appliquerait seulement au ra} on réfracté et non au rayon transmis.

1470. Polarisation de la lumière par des piles de glaces, II résulte (le ce qui précède que, si un rayon de lumière, sous l'incidence (le la polarisation complète , traverse successivement des plaques transparentes parallèles AB, A'B', etc. (Gg. 876), la quantité de lumière polarisée ira en croissant avec le nombre des lames, et si leur nombre est sufûsant, le dernier rayon émergent sera complètement polarisé. En effet, la partie polarisée du rayon émergent abne pourra éprouver aucune réflexion à la surface supérieure de la seconde lame : car, s'il en était ainsi, comme l'angle d'incidence est de 35° 25', et que le rayon réfléchi est entièrement polarisé dans le plan d incidence, il s'ensuivrait qu'un rayon polarisé pourrait donner de la lumière polarisée dans un plan perpendiculaire^ ce que nous avons reconnu impossible. Il en sera de même à la seconde surface, car l'inclinaison du rayon réfracté sur cette surface est précisément celle qui correspond 4 l&t polarisation complète par réflexion sur la seconde face : ainsi la partie polarisée du rayon qui pénètre dans la première lame traversera la seconde et toutes les suivantes sans éprouver d'altération. Quant à la partie non polarisée du rayon , elle éprouvera une division aux premières et aux secondes surfaces : la partie réfléchie sera polarisée dans le plan d'incidence, et la partie réfractée renfermera de la lumière polarisée perpendiculairement au plan de réfraction qui s'ajoutera à la première, et traversera successivement toutes les lames sans éprouver aucune diminution. On voit, d'après cela, que la quantité de lumière polarisée perpendiculairement au plan d'incidence croîtra avec le nombre des lames, tandis que la quantité de lumière non polarisée ira en décroissant : par conséquent, si le nombre des lames est suffisant, le rayon émergent sera complètement polarisé.

Nous venons de supposer que le rayon incident faisait avec la surface supérieure un angle de 35° 25'. Si l'angle était diflérent, les mêmes phénomènes se reproduiraient encore j mais on a reconnu que la quantité relative de lumière polarisée augmentait à mesure que les rayons se rapprochaient de la surface, tandis que l'intensité du rayon diminuait. La position la plus favorable pour obtenir le maximum d'intensité du rayon polarisé, c'est l'incidence de 35° 25'; mais, pour produire un rayon émergent presque compté-

tement polarisé^ il faut que la pile soit traversée très-obliquement par la lumière.

1477. Polarisation par doubîe ré fraction. Supposons qn*un rayon de lumière, après avoir traversé perpendiculairement un rhomboïde de chaux carbonatée, soit reçu par une glace, de manière que l'angle de réflexion soit égal à 35* 25^ et que le plan de réflexion soit d'abord parallèle à la section principale du cristal, on ne verra par réflexion qu*une seule image, et ce sera Timage onlinaire; si, au contraire, le plan de réflexion est perpendiculaire à la section principale, on n'apercevra encore qu'une seule image : ce sera celle du rayon extraordinaire. Ainsi les deux faisceaux se comportent comme s'ils avaient été polarisés par le cristal , le rayon ordinaire suivant la section principale, le rayon extraordinaire perpendiculairement à cette section. Les phénomènes seraient encore les mêmes si l'on recevait les deux rayons sur une pile de glac« : si le plan d'incidence des rayons est parallèle à la section principale, on n'aperçoit que l'image extraordinaire, et quand le plan d'incidence est perpendiculaire à la section principale, c'est, au contraire ; l'image ordinaire qui est visible.

On peut fledre l'expérience d'une manière inverse, plus facile à répéter, parce qu'elle n'exige pas que le cristal soit aussi parfait. On polarise un rayon de lumière sur le miroir a' de l'appareil fig. 8G95 et l'on place en avant un limbe circulaire perpendiculaire à Taxe, au centre duquel se trouve une douille renfermant un cristal de chaux carbonatée perpendiculaire a l'axe du tuyau : en regardant à travers le cristal le ra}on polarisé, on n'aperçoit que l'image ordinaire quand la section principale est parallèle au plan de polarisation du rayon 5 mais, si l'on fait tourner le cristal d'une manière continue, limage extraordinaire paraît, S(m éclat va en croissant, tandis que celle de l'autre va en diminuant j et quand la section principale est perpciidiculairc au plan primitif de polarisation, l'image ordinaire a disparu et limage extraordinaire a le plus grand éclat 5 si l'on continue le mouvement, l'image ordinaire reparait, son éclat augmente, tandis que l'autre diminue, et ainsi de suite.

En partant de l'hypothèse de Malus, dont nous avons parlé précédemment, et en désignant par 0 et E les intensités des images ordinaire et extraordinaire, par i l'angle de la section principale du rhomboïde et du plan primitif de polarisation , et par I

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