ABSORPTION DE LA LUMIÈRE POLARISÉE PAR LES CRISTAUX
phénomènes des lames cristallisées , il suffit de regarder à travers une partie quelconque de leur surface; tandis que, pour observer les couleurs développées artificiellement dans les plaques, il faut les voir dans toute leur étendue. C'est pourquoi ces derniers phénomènes ne peuvent pas être observés en plaçant les plaques entre deux tourmalines, qu'il faut employer les appareils fig. 868 et STO, ou la la<*mière réiléchie par une glace , et un analyseur quelconque.
1520. M, Hardinger a observé à Toeil nu, dans la lumière polarisée qui sort de certains cristaux, des taches jaunes ou des houppes lumineuses, dirigées dans le plan de polarisation, et au moyen desquelles on peut déterminer la position du plan de polarisation sans instruments et sans appareils. Ces phénomènes singuliers ont été décrits dans une lettre de M. Tabbé Moigno à M. Arago (C. R.,u?kf 1826). D'après M. Silbermann ils proviennent de la structure de Tœil : la partie antérieure de l'œil et le cristallin jouiraient de la double réfraction et de la propriété de donner les couleurs ordinaires de la polarisation chromatique, et la structure fibreuse et rayonnée du cristallin produirait l'effet d'un analyseur dans toutes les directions (C. R., n'* 13, 1846).
1521. Abêorption de la lumière polarisée par les cristauœ. Les cristaux colorés jouissent presque tous de la propriété d'absorber inégalement la lumière homogène qui les traverse dans différentes directions, et, par conséquent, d'avoir dans la lumière blanche différentes couleurs par transmission : ainsi le chlorure de palladium est d'un rouge foncé vu dans le sens de l'axe, et d'un vert brillant dans la direction transversale ( Wollaston)} l'iolithe ou dichroïte présente le même phénomène. Cette propriété porte le nom de dichroisme* On peut facilement reconnaître cette inégale absorption , en prenant des plaques assez épaisses qu'on fait traverser par la lumière polarisée : en regardant directement à travers, les teintes ne sont pas les mêmes quand la section principale est parallèle ou perpendiculaire au plan primitif de polarisation. La propriété de la tourmaline, d'absorber complètement, sous une certaine épaisseur, la lumière polarisée parallèlement à sa section principale, rentre évidemment dans la classe des phénomènes de dichroïsme.
§ 9. Polarisation de la chaliur.
1S88. En 1810, M. Bénurd avait m
560 LUHiftRB.
M. Faraday avait aDBoucc que les plaques crisialUséeSy taillées perpendiculaireuicnt à Vaxe^ ne produisaienl. aucun effet; mais £. M. Becquerel a obtenu des rotations très-appréciables du plande polarisation dans le quartz^ en détruisant le pouvoir rotaloire naturel de cette substance par la réunion de deux plaques égales agissant en sens contraires (A. C. et P., t. xyii ). Les lois de ces phénomèDes sont encore inconnues , et on ne sait pas si la rotation du plan de polarisation provient d*une action réelle des courants électriques et de la lumière , ou d'une action magnétique exercée par tous les corps 7 qui modifierait leur efifet sur la lumière.
§ 11. Météores lumineux.
itt26. Les pbénomènes lumineux qui se développent dans Fatmospbère sont nombreux ; nous les examinerons successivement.
1527. Crépuscule. On désigne ainsi la lumière qui précède le lever du soleil et qui suit son çoucber : le crépuscule du matin porte aussi le nom d'atirore. Le crépuscule du soir et du matin provient de la réflexion de la lumière par les parties supérieures de Tatmospbère. L*aurore commence quand le soleil est encore à 18* sous rborizon ; le crépuscule finit quand le soleil est descendu plus bas, parce que Tatmospbère écbauiïée est «plus élevée le soir que le matin. En admettant qu a la fin du crépuscule du soir la lumière provienne de la réflexion parles dernières limites de Tatmosphère, la durée du crépuscule peut servir à déterminer une valeur approchée de la hauteur de Tatmosphère : en eifet^ désignons par t la durée du crépuscule estimée en heures^ t : 24» sera Tare décrit par le soleil au-dessous de l'horizon, la circonférence étant 1, et cet arc en degrés sera t X 360 : 2ï -, nous le désignerons par o. Cela posé, soient a ( fig. 903) un point de la terre, om le rayon de la limite de Tatmosphère : à la fin du crépuscule, les rayons solaires réfléchis à la limite de l'almosphèrc seront dans la direction ma de Thorizon du point a^ et les rayons solaires auront la direction mp ou or; Tan-
gle qor sera e, Tangle amo sera égal à 90® — - ^ et, en connaissant
le rayon oa de la terre, on pourra, dans le triangle rectangle moa, calculer ma, et par suite ma — ao. On a trouvé ainsi environ 71,000 mètres pour la hauteur de l'atmosphère. Quelques ciens pensent que, pour déterminer la hauteur par la ^* crépuscule, il faudrait considérer plusieurs réflexions.