ANNEAUX COLORA PRODUITS PAR LES COURANTS
dant bien nettes les surfaces des corps qui doivent être recouvert»: si les objets sont en argent j il suffit de les neltoyer avec de la craie, du lri|>oliy de la ponce , de Teau de savon ^ s'ils sont en cuivre ou en laiton , il faut les soumettre aux opérations désignées sous les noms de dérochage et de décapage; les pièces de fer sont seulement frottées avec de la crème de tartre humide ; ^ en employant des dissolutions très-étendues et des piles très- faibles, afin que le dépôt se fasse lentement. Mais ces précautions ne suffisent pas; il faut que le bain ne soit pas acide , et qu'il reste tel pendant Toperatien, ou du moins que Tacide dégagé soit absorbé par Télectrode positif 9 ou que l'acide dégagé soit sans influence sensible sur le métal qui doit recevoir le dépôt. Cette dernière condilion est satisfaite quand on se sert de chlorure d'or, en formant l'électrode positif par une lame d'or : le chlore mis en liberté par la précipitation de l'or sur l'électrode négatif attaque la lame d'or, et le bain reste toiyours au môme point de saturation ; mais , comme le chlorure d'or n'est jamais neutre, il est beaucoup plus avantageux d'employer pour le bain du cyanure d'or, attendu que le cyanogène n attaque point les pièces à dorer (MM. RroLz et Elkington).
On a proposé un grand nombre do préparations différentes pour les bains d'or ^ nous n'en rapporterons qu'une seule. Elle se compose de 31^,25 d'oxyde d'or, de 500 grammes de cyanure de potassium et de 4 litres d'eau -, on fait bouillir pendant une demi-heure. Ce bain est employé à chaud , c'est à GO^ que son action est la plus régulière.
Nous renvoyons aux traités spéciaux pour tous les détails des manipulations. Nous ajouterons seulement que, pour l'argenture ou le platinagc , les opérations sont les mêmes; seulement le cyanure d'or est remplacé par le cyanure d'argent ou le chlorure de platinei
C'est à M. de la Rive que sont dus les premiers essais sur la dorure par l'électricité ; cet habile physicien employait le chlorure d'or, mais les résultats qu'il obtenait n'étaient pas complètement satisfaisants. C'est seulement depuis que l'élément producteur du courant a été placé hors du bain , de manière à le maîtriser, et que le chlorure a été remplacé par un cyanure , ou qu'une plaque d'or a été employée comme électrode positif, que l'on a obtenu des résultats réguliers , et que cette importante application de la science a |>assédans lindustrie.
On emploie aussi pour la dorure un procédé qu'on appelle dorure au trempé, Elle est fondée sur ce principe : quand on plonge dans
i5â ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.
OBedissolation métallique on métal plus oxydable que le métal de la dissolution y l'oxyde dissout est réduit , le métal se dépose sur la plaque y et une partie de celle-ci le remplace ; les échanges se font par équivalents. L'ordre des métaux usuels, d après leur afGnité pour loxygènCy est le suivant. Nous avons ajouté à chaque nom le nombre que représente son équivalent.
Zinc 33
Ëtain 58
Fer 27
Bismuth 66
Plomb 100
Cuivre 32
Mercure 100
Argent ilO
Or 200
Platine 98
C'est en vertu de ce principe qu'une lame de zinc plongée dans une dissolution d'acétate de plomb se couvre de plomb métallique ; ce dépôt était désigné autrefois sous le nom d'arbre de saturne. La dorure au trempé s'effectue en préparant les pièces par différenles q>érations qui ont pour but de rendre les surfaces nettes , à les plonger pendant un temps suffisant dans un bain de chlorure d'or bouillant y et à leur faire subir ensuite certaines préparations destinées à donner de l'éclat à la dorure.
La dorure au trempé est surtout employée, tant en France qu en Angleterre, pour les bijoux en cuivre ou en laiton. C'est depuis les recherches de M. Elkington sur ce sujet, que ce mode de dorure a réellement acquis quelque importance. La couche d'or adhérente est toujours d'une faible épaisseur, si la pièce à dorer a été bien décapée. Dans les recherches entreprises par M. Becquerel sur l'influence du décapage , ce savant a reconnu que les lames décapées avec le plus de soin sont précisément celles qui prennent le moins d'or {Electro-ehimie, p. 329). On en concevra facilement la raison I si Ton observe que sur une pièce parfaitement décapée hi couche d'or doit être continue ^ dès lors l'action chimique cesse dès que la surfoce est recouverte. Mais sur un objet mal décapé , on dépose par immersion une couche d'or dont l'épaisseur n'a , pour ainsi dire, pas de limite , parce que l'or déposé se trouve en couche discontinue, et que, le cuivrejion recouvert pouvant se dissoudre, la précipitation de l'or ne doit point s'arrêter. Dans ces derniers temps, M. Barrai, en partant de ce fait, est parvenu à dorer à toute épaisseur des pièces bien décapées. « Il suffit de plonger en même temps du cuivre bien décapé et du cuivre mal décapé dans le bain Elkington. Le sei'ond cuivre donne lieu à une action chimique, à un dé- P^t pulvérulent d'or, à une dissolution permanente de cuivre et à un