‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 45 sur 129 · ANNEAUX COLORÉS PRODUITS PAR LES COURANTS · texte numérisé non relu

ANNEAUX COLORÉS PRODUITS PAR LES COURANTS

courant galvanique. Sur le premier cuivre il y a d'abord dépôt d*or, par la loi ordinaire des précipitations métalliques , et ensuite dépôt d*or par voie électro-chimique. » {Ann., t. xyiii, p. 25.) Par ce même procédé de dorure , largent ne se recouvre d'or qu*à la condition de communiquer avec un fil de fer. C'est encore faire au sein du liquide un élément de pile.

Avant la découverte de la dorure au trempé et par un courant électrique, on dorait les métaux en les recouvrant d'un amalgame d'or et de mercure , et en faisant évaporer le mercure par l'action de \a chaleur -, les ouvriers qui étaient chargés de ces opérations ne résistaient que pendant un temps bien court à l'influence funeste des vapeurs mercurielles. La découverte des nouveaux moyens de dorure est alors non-seulement une acquisition importante pour la science et pour l'industrie , mais encore un grand ser\ice rendu à l'humanité.

il 80. Le magnétisme exerce sur les actions chimiques une influence remarquable , que nous ne devons pas passer sous silence. Si , après avoir recourbé un tube de verre en forme de V, on le remplit d'une teinture de chou rouge , et qu'on plonge dans chaque branche une tige de fer, dont Tune communique avec le pôle austral et l'autre avec le pôle boréal d'un aimant, après un quart d'heure la couleur de la teinture devient d'un beau rouge dans les deux branches; cet effet n'est pas dû à l'altération spontanée du liquide, car ce liquide abandonné à lui-même passe au vert. Cette curieuse observation est due à M. l'abbé Rendu. Kitter avait déjà fait des expériences qui viennent à l'appui de celle qui précède; ce physicien avait remarqué qu'en plongeant dans de l'acide nitrique trèsfaible les extrémités d'un iil de fer aimanté , le pôle méridional était beaucoup plus fortement attaqué que le pôle septentrional. M. Muschamn, professeur à l'université de Christiania, a observé un phénomène de même nature, que nous allons rapporter. Après avoir mis au fond d'un tube courbé en U une certaine quantité de mercure , insuffisante pour fermer la communication des deux branches, il versa dans le tube une forte dissolution de nitrate d'argent; çc liquide se mit de niveau dans les deux tubes, et l'appareil fut abandonné à lui-même. Par hasard , le plan des deux branches du tube se trouva dans le plan du méridien magnétique, et Ion remarqua que l'argent précipité s'accumulait principalement dans la branche tournée vers le nord; l'expérience fut répétée, et donna plusieurs fois les mêmes résultats. En étendant du nitrate d'argent sur une

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laine de verre autour de laquelle on avait pratiqué des rebords avec me matière grasse ^ et au omtre de laquelle on avait placé une pièce de zinc arrondie, le métal précipité s'étendit pins vers le nord que dans toute antre direction ; et , en plaçant le pôle sud dun aimant dans le voisinage de la plaque, à 5 centimètres de distance, l'argent précipité se }K»rta vers ce pAle avec beaucoup de rapidité, et la précipitation se fit dans un temps quatre fois moins long que quaad l'aimant était éloigné.

$ 7. Effets produits par k$ courants sur les corps organisés.

1197. En parlant de la pile de Volta, il a été question des noBtractions qu'on éprouve lorsqu'on met les deux mains en contact avec les pôles d'une pile , directement ou par Fintermédiaire de corps plus ou moins bons ccmducteurs ; mais il nous reste beaucoup de détails à donner sur la nature de c^es effets, et sur ceux qu'on produit dans les cadavres récents et dans les végétanx.

Lorsqu on touche les extrémités d'une |Hle avec les mains préalablement mouillées , on éitrouve une commotion qui s'étend jusqu'au poignet ou jusqu'au c<Hide, suivant 1 intensilé de la pile; les effets Mtnt plus marqués lorsqu'on tient avec les mains mouillées de gros cylindres métalliques « communiquant avec les plaques polaires. On |>eut graduer à volonté la commotion en embrassant un nombre croissant d'éléments. Lorsque plusieurs personnes se tiennent par les muins de nianit^re à former une chaîne continue ddBt les deux extrémités sont en contact avec les pWes de la pile, toutes épn»u\ent la même commotion; mais die diminue rapidement avec le nombre des personnes interposées dans le circuit. Ces efirts dépendent surtout du nomltre des éléments de la pile, et beaucoup muius de leur étendue : car une pile composée de douze paires de 5",27 carres de surface ne donne que de très-ftiibles cottuiMOous, tandis qu une pile de cinquante couples de 27 milli- «Ktres carrés de surfaire donne des commotions très-vives. Tant 5^ la pile ha qu'une centaine d éléments qui n'excèdent pas 10 centimètres carrés, la commoUon peut être reçue sans danger; umh il n en serait pas de même si le nombre des éléments et l'étendue de leur surface éUient beaucoup plus considérables.

Ij^u commotions ont lieu a I instant où l'on lerme el oà Ton ouvre le circuit ; dans rinter\alle on éprouve une sensation continue, dont il est impossible de définir la nature.

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