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PROPRIÉTÉS DES RAYONS DU SPECTRK

paisseurs croissantes produisent les mêmes effets , mais avec moins d'énergie. Lorsqu'on substitue aux lames d*eau ou de \erre des plaques de verre coloré , certains rayons colorés sont absorbés, et le spectre lumineux est interrompu par des bandes plus ou moins obscures, tandis que le spectre caloriûque n'éprouve aucun changement correspondant dans sa forme et sa position, mais seulement des variations d'intensité qui affectent tous ses points. EnGn , si Ton fait passer le faisceau à travers l'eau et un verre vert, coloré par de l'oxyde de cuivre, on parvient à faire disparaître complètement le spectre caloriGque; et le faisceau lumineux, concentré par une lentille, en un point où la lumière d'un jaune verdAtre a un éclat comparable à la lumière directe du soleil , n'y produit pas de chaleur appréciable aux thermoscopes les plus sensibles. Il semble résulter de tous les faits que nous venons de rapporter, que la chaleur et la lumière du soleil sont deux choses distinctes.

On peut se rendre compte du déplacement du maximum de chaleur, dans le spectre calorifique formé avec un prisme de sel gemme, par l'interposition d'une lame diathermane , en admettant que le coefficient d'absorption diminue avec la réfrangibilité. Quant aux changements de position de ce maximum , quand on emploie des prismes de différentes matières, ils proviennent probablement et de la variation des coefficients d'absorption des différents rayons , et des chemins que les rayons ont parcourus dans les prismes.

i29S. Propriétés chimiques des rayons du spectre, La lumière solaire a une grande influence sur plusieurs phénomènes chimiques : elle est nécessaire à la formation des parties vertes des plantes , elle détermine la combinaison du chlore et de l'hydrogène, elle fait passer au violet le chlorure d'argent, etc. Il était . mportant de vérifier si cette propriété appartient également à tous les rayons. Schèele reconnut le premier, que le rayon violet iigissait plus fortement surle chlorure d'argent que les autres rayons; Sennebier découvrit ensuite , que le rayon violet avait aussi plus d'influence sur le développement de la partie verte des végétaux. Wollaston, Ritter, Beckmann et Bérard ont constaté, depuis, que l'action chimique s'étendait au delà du spectre, du côté des rayons violets. Pour donner une idée de la différence d'action chimique des rayons rouges et violets, nous rapporterons une des expériences de Bérard. Ayant concentré au moyen de deux lentilles les rayons rouges et les rayons violets, du chlorure d'argent , placé au foyer des rayons violels, était coloré en moins de cinq

minatefl » tandis que celui qui était placé au foyer des rayons rouges n'avait éprouvé aucune altération après deux heures.

M. £• Becquerel a fait récemment , sur cet objet , des recherches qui l'ont conduit à des résultats importants que nous indiquerons sommairement. En recevant le spectre solaire sur une plaque d'argent ioduré, préparé !à la manière de M. Daguerre ( Voir l'article 1361)| l'exposant pendant une ou deux minutes à l'action de la lumière du spectre, et la passant ensuite à la vapeur mercurielle, on remarque que la plaque est principalement impressionnée depuis rindigo jusqu'à une certaine distance de l'extrême violet, et qu'elle est traversée par un grand nombre de raies, qui correspondent exactement à celles du spectre lumineux. En opérant avec des plaques iodurées , puis passées à la vapeur de chlore ou de brome , circonstances qui augmentent la sensibilité de Tiodure d'argent, on obtient les mêmes effets en quelques secondes. Lorsque Taction est prolongée pendant quelques minutes, l'image est plus étendue et plus marquée au delà du violet, tandis que de lautre côté, la plaque est noircie. Après une heure d'action, leffet s'étend et se prolonge au delà du violet en produisant des raies qu'on ne peut plus comparer à celles du spectre lumineux.

En employant des papiers couverts de chlorure ou de bromure d'argent, on obtient les mêmes résultats^ seulement TefTet est en sens contraire du spectre coloré, les parties correspondantes aux rayons chimiques deviennent noires, et les raies sont blanches; en outre, le maximum d'action ne se trouve pas a la même place, mais il est UMiyours situé à peu près entre G et H ( fig. 784) .

M. E. Becquerel a aussi reconnu que certains rayons qui n'exercent point d'action chimique, jouissent de la propriété d augmenter cette action, lorsqu'elle est déjà commencée^ il les désigne pour cette raison , sous le nom de rayons cotUinuateurs : nous y reviendrons en parlant des épreuves daguerriemies. C'est à ces rayons que M. E. Becquerel attribue les raies qui se prolongent jusqu'au rouge.

Il existe un grand nombre de corps qui jouissent de la propriété singulière de devenir lumineux , pendant un certain temps , dans l'obscurité, lorsqu'ils ont été exposés à la lumière solaire : tels sont les sulfures de calcium, de strontium et de baryum, el le chlorure de calcium fondu, qu'on désignait autrefois sous le nom de phosphores. Il était important d'examiner si les différents rayons du spectre agissent de la même manière. M. E. Becquerel a fait sur ce siyet

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