CHAMBRE CLAIRE
sur le support central , on amène la lunette mobile B à droite ou à gauche de la direction de la lunette fixe A, et, en tournant le support, on obtient bientôt une image du spectre solaire due au fil vertical de la lunette B, sur lequel se concentrent les rayons entrés par Toculaire. En tournant doucement le support a droite ou à gauche, on voit en général le spectre sortir de la lunette par un côté ou par l'autre. En rapprochant alors la lunette B de la direction de A , et en tournant en même tempsie support pour ne pas perdre le spectre de vue, on arrive après quelques tûtonnemeuts à une position telle, que les deux mouvements contraires du support donnent un spectre qui s'écarte toujours dans le même sens : c'est le spectre de la déviation minimum. Parvenu à ce terme, on choisira un point du spectre, par exemple la ligne de démarcation du vert au rouge, puis on amènera le point de croisement des fils de la lunette mobile sur cette ligne de démarcation , et on notera l'angle indiqué par le nonius. On portera alors la lunette mobile de l'autre côté de la direction de la lunette A -, on cherchera de même le spectre limite, et on amènera le point de croisement des fils sur la même ligne de démarcation du vert au rouge. On aura alors entre les deux stations un angle dont la moitié est celui de la déviation minimum. Après quelques essais, on reconnaîtra que ces tâtonnements, dont la description a quelque chose de minutieux , ne présentent en réalité rien de difficile (M. Beudant, Cours élémentaire d'histoire naturelle).
1540. Chambre claire. Si on taille un prisme à quatre faces (ng.799), de manière que deux d'entre elles soient perpendiculaires, et les deux autres tellement inclinées qu'elles réfléchissent les rayons entrés perpendiculairement à l'une des premières, et si l'on place l'œil en 0, de manière que la moitié de la pupille reçoive les rayons réfléchis dans le prisme, et l'autre moitié les rayons émanés d'un papier placé au-dessous , il est évident que l'image des objets extérieurs se projettera droite sur le papier, et que l'œil apercevra en même temps la pointe d'un crayon qu'on promènerait sur sa surface : par conséquent, au moyen de cet appareil , on pourra calquer l'image de l'objet. On pourrait aussi amplifier les images en les regardant avec une loupe. Cet ingénieux instrument est dû à M. Wollaston.
Il est facile de calculer la valeur des angles A , B et C (fig. 800) du prisme : en effet, en supposant Tangle D droit , et que les rayons incidents entrent et sortent perpendiculairement aux faces CD et
AD, il est évident que Tangle a = 45® : alors Tangle de réflexion au point m, compté de la surface , est de 22** 30', et par suite l'angle A -> 90' — 22" 30' = 67»'30', et l'angle B = 180» — W* = 135'. Pour le verre les réflexions seront totales : car l'angle limite du verre ordinaire est de 41 • 48' à compter de la normale, et do 48* 12' a partir de la surface.
Pour que cet instrument soit d'un usage commode , il faut ajouter ù l'appareil simple que nous venons de décrire , plusieurs disposi- UonH indispensables :
!"• Le papier et la pointe du crayon étant supposés placés à la distance de la vue distincte , l'œil ne peut pas voir en même temps avec netteté les images des objets extérieurs et la pointe du crayon, quoique lu pupille soit convenablement placée; pour éviter cet inconvénient, on place devant la face 1)C du prisme, une lentille convergenU*, qui donne aux faisceaux réfléchis la même divergence que les faisiteaux qui sont reçus directement.
2". La difl'éremu; d'éclat do l'image réfléchie et du papier peut «inpédier la vision distincte de l'un ou de l'autre; c'est pourquoi il cnI nécesMiire d'adapter au prisme, un ou plusieurs verres colorés, que l'on Uiurne ou du c<Ué des objets ou du côté du papier^ pour en diminuer l'éclat.
•I". Pour maint(*nir l'oildans une position convenable, on adapte & lu [lartie supérieure du prisnie une lame de cuivre percée d'mie petite ouverture, que l'on place d'une manière convenable et à traverH laquelle on regarde.
La chambre claire de M. Wollaston a été perfectiomiée par Aniici et par M. (!. (ihevalier. Nous renvoyons le lecteur, pour tons les détails de construction et pour les usages de cet appareil , à une iHîtile broclnircî publiée en 1829 par M. C. Chevaher; nous rap{Hirt(*nHiH mMilemcMit le principe sur lequel ces pcrfecti<mnements wmi fondés. Dans In (lis|K)sition de Wollaston, un très-petit mouvement dcî l'o'il fait varier très-rapidement l'intensité de la lumière de l'image; ou du crayon; si l'œil s'avance un peu vers le prisme, l'image devient très-nette; mais on n'aperçoit plus le crayon : un mouvement contraire produit refl*et inverse. C'est pour obvier à cet inc4)nvénient que M. Amici a imaginé de disposer l'appareil dune manière difliérente. AB (fig. soi) est une lame de verre à faces parallèles; (]1)Ë est un prisme de verre fîxé à la lame; les rayons qui arrivent dans le prisme perpendiculairement à la Aice CE se nH'u'chissent en totalité sur DE, ressortent perpendiculairement à l)(.\