CHAMBRE OBSCURE
est un miroir sur lequel les rayons viennent d'abord se réfléchir avant de traverser la lentille cd; on fait varier l'inclinaison du miroir au moyen de la tige pq; ABCD esl une caisse en bois^ noircie inlérieurement^ au fond de laquelle se trouve le carton sur lequel l'image vient se peindre; elle est percée latéralement d'une oùver- . ture mn, par laquelle l'observateur introduit la partie supérieure de son corps; au-dessus du point m se trouve un rideau que l'observateur fait passer derrière lui pour intercepter la lumière étrangère qui troublerait la netteté des images. Le tuyau qui porte la lentille est mobile, afin qu'on puisse la placer à la hauteur convenable pour que le foyer soit sur BC. Quelquefois la partie latérale de la caisse est remplacée par un rideau qui descend jusqu'à terre, et enveloppe complètement une table circulaire qui peut se placer à différentes hauteurs; c'est dans rintérieur de ce rideau que se place l'observateur. Dans la fig. 8io, les rayons, après avoir traversé la lentille cd, se réfléchissent sur le miroir ah, et l'image se forme sur un verre dépoli ef; mn esl une petite planche garnie latéralement de joues, que l'observateur élève à la hauteur convenable, et qui est destinée à empêcher la lumière étrangère d'arriver sur le verre dépoli.
L'appareil que nous venons de décrire renferme une. grave imperfection : si l'on fait varier la distance de la lentille à l'écran, de manière que l'image soit très-nette au centre, elle ne Test plus sur les bords, et réciproquement. Cela tient à ce que les distances focales des rayons qui traversent obliquement la lentille étant d'autant plus petites que les rayons sont plus obliques, l'écran n'est pas placé au foyer de tous les systèmes de rayons; l'effet serait encore évidemment le même si les distances focales étaient indépendantes de l'inclinaison des rayons. Wollaston a évité cet inconvénient en employant une lentille concave-convexe, dont la concavité esl tournée du côté du miroir (fig. 818) : car dans ces espèces de lentilles les distances focales croissent avec l'inclinaison des rayons. On conçoit alors qu'on peut, par tâtonnement, trouver le rapport des courbures des deux surfaces de manière que les foyers se fassent tous sensiblement sur l'écran, du moins dans une certaine limite d'inclinaison. Wollaston avait donné d'abord pour le rapport le plus convenable des courbures des deux verres celui de 2 à 1; mais, depuis, M. Cauchois a trouvé que le rapport le plus avantageux était celui de 8 à 5.
La chambre obscure ainsi perfectionnée par Wollaston avait
AAê LraiÈRE.
meore on inoanvéDient : si Ton employait pov miroir éUuaéef on avait plusieurs réflexions qm altérainl la neUf^è àt rioiaflie) si l'on employait des miroirs métalUqnes, on oblmait do lumière, et ees miroirs exposés à l'air s'altéraient M, Ch. Chevalier^ opticien , a obvié à ces inoonvénienis çanl la lentille et le miroir par on prisme de verre (lig. 9SO\ dont les flioes ACé et ('B sont^ l'une convexe, l'antre concave : la lainière qal pénètre dans le prisme éprouve une réflexion totale sur la ftce AB, et elle revoit à son entrée et à sa sortie le même degré de cmvergence que si elle traversait une lentille ayant les ooarbores des (hoes Ail et BC du prisme. Le prisme est placé dans une botte en cuivre; noircie intérieurement et garnie d'une fenêtre, de manière qu'on puisse lui donner le degré convenable d'inclinaison , et la boite est placée sur un disque de bois soutenu par trois pieds ; une étoffe noire , flxée supérieurement dans la gorge du disque de bois et desoendant jusqu'à terre, forme une enveloppe dans laqœlle se plaeo Tobservateur.
1561. Imagée daguêrriennei. Les images de la chambre noire, si remarquables par la netteté des contours et la dégradation des teintes, ont été Hxées par MM. Niepce et Daguerre en 1839. Bien avant cette époque, la solution de cet important problème avait exercé la sagacité d'un grand nombre de physiciens.
Les épreuves sont oblenues sur des feuilles d'argent plaquées sur cuivre. D'après M. Daguerre, l'ensemble des deux métaux est néoessaire pour le succès de l'opération; c'est supposer Tintervention d'une action électrique dont la nature n'est pas encore déterminée.
La première opération est le polissage de la plaque. H s'effectue an moyen detampons de coton, saupoudrés de tripoli, de ponce on de rouge d'Angleterre. Ces corps pulvérulents doivent être de la {dos grande ténuité : on promène le tampon sur la plaque dans diflérents sens; avec de Ihabitude, on foit disparaître les raies et Ton donne à la plaque un bruni parfoit; On polit encore, mais au commencement de l'opération seulement , avec de l'huile, de l'essence de lavande, etc. Enfin M. Daguerre a conseillé de r^»andre sur la plaque, après un premier poli, une couche légère de tripoli , et de frotter sa surfoce au moyen d'un tampon imprégné d'une solution faible d'acide azotique. Après dessiccation complète, on recommence le polissage avec du tripoli très-fin et Wen desséché. On n'apportera jamais trop de soins à cette première opéra-
IMAGES DA6UERA1ENNES. 447
lion ; pour peu qu'elle laisse à désirer^ l'épreuve obtenue sera imparfaite.
La plaque polie est exposée aux vapeurs que laisse dégager Tiode à la température ordinaire. Elle prend bientôt une teinte jaune très-brillante à laquelle succède une teinte rouge ^ il faut à ce moment soustraire la plaque à rinfluence des vapeurs ; en fixant la planchette qui la supporte dans un châssis rectangulaire en bois dont la face opposée porte un écran , mobile à frottement dans une coulisse. Par cette disposition^ la couche sensible dlodure d'argent se trouve soustraite à Tinfluence de la lumière.
La planche ainsi préparée peut servir immédiatement à la production d une image 9 si toutefois il ne s'agit pas d'un portrait; dans ce cas , il faut lui donner plus de sensibilité en l'exposant pendant un temps qui varie de 30" à 1' aux vapeurs qui se dégagent d'une très-faible solution aqueuse de brome. C'est a M. Fiseau que Ton doit l'emploi très-avantageux du brome, conune moyen accélérateur. On obtient encore des résultats très-satisfaisants, peut-être mémo plus certains, par l'emploi du chlorure ou du bromure d'iode.
La chambre noire est rectangulaire , et l'image se forme sur le fond vertical. L'objectif doit être achromatique et, autant que possible , exempt d'aberration de sphéricité. Avec un objectif simple, il est nécessaire de diaphragmer l'instrument, c'est-à-dire de n'employer que le milieu de la lentille. Il est plus avantageux de se servir d'un objectif composé de deux lentilles achromatiques; leur système rend plus courte la distance focale et permet d'obtenir une image mieux éclairée. L'objectif de M. Lerebours, représenté fig. 1028, se compose de deux systèmes de lentilles, dont Tun est mobile au moyen d'une crémaillère et d'un pignon.
Après avoir disposé la chambre noire de manière qu'une image nette se produise sur le verre dépoli, on substitue au châssis qui le porte celui qui renferme la plaque ; ces deux châssis doivent être construits de telle sorte, que l'image qui se dessinait sur le verre dépoli, vienne se former sur la plaque au moment où l'on soulèvera la planchette antérieure qui la préserve de l'action de la lumière* Après un temps variable , d'une fraction de seconde à plusieurs minutes , suivant la nature de la couche sensible , l'éclairement et la couleur de l'objet, la disposition de l'objectif, la plaque est soustraite à l'influence de la lumière. Elle ne présenterait à l'observation aucun changement apparent; mais si on l'expose à
raction de vapears mercurielles en la plaçant, sons ane inclinaison de k&^9 à la partie supérieure d'une boîte , au fond de laquelle est une capsule de fer pleine de mercure , que Ton chauffe au moyen d'une lampe à alcool , jusqu'à ce que Ton aperçoive les premières traces du dessin , l'image ne tarde pas à être complète. Un carreau de verre placé à la partie antérieure de la botte permet de surveiller Topéralion. Le mercure adhère à la plaque en globules microscopiques, se dépose en plus grande quantité sur les parties de l'image qui ont été fortement éclairées que sur celles qui recevaient peu de lumière, et laisse intactes celles qui se trouvaient dans l'ombre, à moins que Ton n'ait trop chauffé le mercure, ou que l'action des vapeurs mercurielles ait été de trop longue durée.
Après cette quatrième opération , on enlève la couche sensible en plongeant la plaque dans une solution d'hyposulfilede soude, à laquelle on ajoute avec avantage une certaine quantité d'alcool (M. de Brbbisson ). Par une immersion plus ou moins longue, si la solution est faible, de très-courte durée, si elle est concentrée ou alcoolisée, la plaque a perdu la teinte rose qu'elle possédait; mais la plus légère Motion suffit pour altérer l'épreuve : ce qui tend à prouver que le mercure n'a pas formé un amalgame avec l'argent.
M. Fiseau est parvenu à fixer l'image en chauffant à la surface de la plaque une couche d'une solution faible de chlorure d'or et d'hyposulfite de soude. « Dans cette opération, de l'argent se dissout, et de l'or se précipite sur l'argent et sur le mercure, mais avec des résultats bien différents : l'argent qui, par son miroitage, forme les noirs des tableaux, est en quelque sorte bruni par la mince couche d'or qui le couvre , d'où résulte un renforcement dans les noirs. Le mercure, au contraire, qui a l'état de globules infiniment petits, forme les blancs, augmente de solidité et d^éclat par son amalgame avec l'or, d'où il résulte une fixité plus grande et un remarquable accroissement dans les lumières de limage. » L'épreuve est donc fixée par un véritable procédé de dorure, par la dorure au trempé. M. Lerebours a employé la pile dans cette opération } les résultats qu'il a obtenus sont très-remarquables.
1 562. Daguerréotype panoramique de M. Martens, « Ce qui caractérise le nouveau perfectionnement apporté au daguerréotype , c'est qu'il permet de faire, avec un objectif de petite dimension , des épreuves d'unegrande étendue longitudinale etd'une netteté parfaite. ' 'nm, avec un objectif un quart double ordinaire, on obtient des vues