‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 83 sur 129 · DAGUERRÉOTYPE PANORAMIQUE · texte numérisé non relu

DAGUERRÉOTYPE PANORAMIQUE

38 ceniimèlrcs de long sur 12 de large, parfaitemenl nettes sur toute celte surface, et embrassant un angle visuel de plus de 150'.

« Le procédé par lequel on arrive à ce résultat consiste essentiellement : 1° dans un mouvement horizontal donné à Tobjeclif , et qui lui fait parcourir successivement tous les points de Thorizon^ 2'' dans la courbure cylindrique que la feuille de plaqué est forcée de prendre au moyen d'arrêts que Ton dispose à volonté : on amène ainsi les foyers des objets les plus inégalement distants à la surface de la plaque métallique j 3° la netteté remarquable des épreuves est due en outre à une fente étroite verticale ménagée au fond d'une espèce de boite qui suit Tobjeclif dans son mouvement. Cette fente, qui joue le rôle d'un diaphragme que l'on placerait en arrière , ne laisse agir sur la couche sensible que les rayons centraux, c'està-dire ceux qui n'ont aucune aberration appréciable.

(c II est essentiel que la position de l'axe de rotation de l'objeclif soit déterminée avec une exactitude parfaite, sans cela les images des objets vers lesquels l'appareil se dirige successivement, avant de s'éteindre et de faire place à celles qui leur succèdent, se meuvent sur le verre dépoli et, par conséquent, aussi sur la plaque j toute netteté est alors impossible. On obtient la position convenable de l'axe par rapport à l'objectif en enfonçant plus ou moins le tube qui porte celui-ci, jusqu'à ce que la condition d'immobilité des images soit parfaitement remplie. » (Comptes rendus des séances de l'Académie.) Par ce procédé, MM. Lerebours et Sécretan ont obtenu des vues d'une netteté remarquable.

Les images de la chambre noire étant renversées, les parties à droite d'un monument seront à gauche sur l'épreuve. On peut éviter cet inconvénient en redressant l'image au moyen d'un prisme rectangle placé en avant de l'objectif. M. Charles Chevalier a conseillé d etamerla face hypoténuse de ce prisme. Il est facile de comprendre l'avantage du prisme rectangle sur une glace à faces parallèles inclinée à 45*^ sur l'axe de l'instrument : une glace étamée ayant deux surfaces réfléchissantes. Les miroirs métalliques sont d'un prix trop élevé, et leur altération serait trop prompte dans un appareil qui peut émettre des vapeurs d'iode. Quant aux détails des manipulations, aux très-nombreuses précautions qui assurent le succès, à la couleur des vêtements et la disposition du modèle, quand il s'agit de faire un portrait, -nous renvoyons aux traités spéciaux de MM. Daguerre, Lerebours, Ch. Chevalier, etc.

Nous ne devons pas passer sous silence un fait très-cuneux dén. !i9

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couvert par M. E. Becquerel. On soumet une plaque préparée avec soin à Taclion de l'image focale de la chambre noire , mais pendant un temps trop court pour que Timage daguerrienne puisse se produire par les vapeurs mercurielles^ on l'expose ensuite aux rayoDs solaires qui ont traversé un verre rouge , pendant un temps convenable , elle devient alors propre à recevoir ces vapeurs, et rimage s<' produit. Elle apparaît même sans mercure, en prolongeant l'action du verre rouge ^ mais les épreuves obtenues ainsi sont loin d'avoir la vigueur des épreuves ordinaires. M. E. Becquerel, en partant do ce fait, qu'il avait découvert en opérant sur des papiers sensibles, a distingué les rayons chimiques du spectre en rayons excitateurs et rayons continuateurs^ M. Gaudin a reconnu que cette distinctioo s'appliquait aux épreuves daguerrienncs.

M. Talbot et plusieurs autres physiciens ont préparé des papiers imprégnés de différentes substances qui prennent des teintes plus ou moins foncées par l'action de la lumière, et conservent Tempreinte des images qui se forment dans la chambre noire. Nous renvoyons aux traités de photographie pour la préparation de ces papiers : nous dirons seulement que M. Bayard a obtenu des résultats très-remarquables; mais il n'a point fait connaître son procédé; que plus récemment M. Blanquart-Évrard a présenté à l'Acadéraie des sciences des épreuves sur papier d'une netteté parfaite, en annonçant l'intention de publier son procédé.

Expériences de M, Moser. Lorsqu'une plaque iodée est restée pendant un temps convenable dans la chambre obscure, on obtient des images immédiatement visibles, sans avoir besoin de soumettre la plaque aux vapeurs mercurielles. Mais celte image est inverse, c'est-à-dire que les clairs sont représentés en noir, et réciproquement. Dans les expériences de M. Daguerre, on n'attend pas que cet eOet soit produit. D'après les expériences de M. E. Becquerel, un temps très-court suffit pour commencer l'empreinte directe, qui devient plus marquée par l'action des rayons solaires traversant un verre rouge. M. Moser a vérifié les faits que nous venons de citer, et a constaté que l'action prolongée du verre rouge rendait l'image inverse.

M. Gaudin avait remarqué que les verres jaunes sont plus efficaces que les verres rouges, et avait annoncé qu'une plaque iodée, exposée dans la chambre noire, un temps suffisant pour donner des images par la vapeur mercurielle, étant ensuite exposée au soleil sous un verre jaune, produisait une image visible d'une grande

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