‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 27 sur 126 · DE LA MESURE DE LA QUANTITÉ ABSOLUE DE CALORIQUE · texte numérisé non relu

DE LA MESURE DE LA QUANTITÉ ABSOLUE DE CALORIQUE

297. Les indications du thermomètre n’expriment autre chose que la tension actuelle du calorique dans un corps , en le considérant comme un fluide élastique.

La mesure du calorique spécifique n’indique que des rapports entre des quantités de calorique qui sont nécessaires pour produire la même tension ou la même température dans les corps. Par conséquent , on a dû rechercher quelle pouvait être la quantité absolue de calorique contenue dans un corps; en d’autres termes, à quel degré de nos thermomètres correspondrait le zéro réel ou l’absence de calorique dans un corps quelconque.

Aucune expérience directe 11e peut nous instruire sur ce point ; mais on peut établir des calculs fondés sur différentes considérations.

Si l’on suppose que les corps ne changent pas de capacité calorique aux différentes températures , et si les changemens d’état ne sont dus qu’à des changemens de capacité calorique , on pourra, avec le docteur Irvine , déterminer, par une considération très-simple, la quantité réelle de calorique contenue dans l’eau. Le calorique spécifique de la glace est 9, celui de l’eau liquide est io; mais il faut 770 centigr. de calorique pour changer la glace en eau, et cette quantité fait varier le calorique spécifique d’un dixième; donc, le calorique total de la glace doit égaler neuf fois 770 ou G900, et par conséquent le zéro réel de

IlJ> DE LA. MESURE DU CALORIQUE,

l’eau devrait se trouver h 690° au-dessous du zéro de nos thermomètres. Malheureusement , des deux propositions qui servent de hase h ce calcul , la première est fausse, et la seconde n’est pas démontrée.

On peut faire un calcul analogue, dans la supposition que la capacité calorique des corps diminue à proportion du calorique qu’ils dégagent en se combinant ; mais cette supposition est contredite par un très-grand nombre de laits.

Enfin , M. Dalton a raisonné sur un principe qui paraît beaucoup plus solide et mieux d’accord avec l’idée que nous nous faisons de la constitution des gaz. 11 suppose que les quantités de calorique sont proportionnelles aux racines cubiques des volumes de gaz à diverses températures; ce qui paraît vrai , en admettant que les gaz soient livrés b la seule force répulsive du calorique. Cependant , en appliquant cette base de calcul h différentes températures, on obtient des résultats différons pour lu quantité de calorique réel d’un même corps.

En résumant les résultats des divers calculs, on trouve pour le terme du zéro réel dans l cau , les nombres 690° , 807°, iQ2i0,4o520, 55o4°> 5 1 8° , quantités trop différentes les unes des autres pour qu’on puisse eu conclure autre chose, sinon que nous 11e possédons encore aucun moyen direct ou indirect d’apprécier la quantité réelle de calorique contenue dans un corps , ou de déterminer h quel point de l’échelle thermométrique correspondrait le zéro réel.

DH l’£quilibhe du calorique entre les corps.- 117

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