‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 30 sur 126 · Ï)KS SOURCES · texte numérisé non relu

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comme on le voit par le frottement des deux mains l’une contre l’autre. Mais il n’en est pas de même des liquides et des gaz, qui ne produisent jamais la moindre quantité de calorique, môme lorsqu’ils frottent avec violence contre des corps solides. C’est ainsi que l’ajutage d’une pompe à incendie n’est point échauffée par le frottement de l’eau qui le traverse avec tant de rapidité , et que les vents les plus violens n’échauffent jamais les obstacles contre lesquels ils viennent se briser.

La production du calorique par le frottement ne se prête, jusqu’à présent, à aucune explication théorique. Rumford et Haldot ont constaté que l’on peut faire sortir, à l’aide du frottement , d’une masse matérielle isolée , des quantités infinies de calorique , sans que cette masse puisse en recevoir d’aucun côté. Ces expériences ont été faites avec une pièce de canon en bronze, dans laquelle on faisait tourner rapidement un forêt. L’appareil était environné d’une masse d’eau que le calorique développé portait bientôt à l’ébullition , et que l’on pouvait renouveler à volonté. Le remplacement de ce calorique enlevé était impossible, suivant notre théorie, puisque tous les corps voisins étaient à une température beaucoup plus basse que l’appareil.

Si l’on voulait essayer d’expliquer ces phénomènes extraordinaires, il faudrait admettre que les corps contiennent des quantités de calorique infinies, relativement à celles que nous pouvons en faire sortir.

Les phénomènes électriques sont évidemment susceptibles de produire des températures très-élevées. Par exemple, quoiqu’un conducteur volumineux, dont on se sert pour décharger une batterie électrique, ne s’échauffe pas sensiblement, en faisant passer la même électricité à travers un conducteur insuffisant, comme un lil métallique

très -mince , ce fil s’échauffe , rougit , et peut même entrer en fusion. Nous avons fondu ainsi 1 7 pieds de fil de fer par la décharge d’une batterie électrique représentant 109 pieds carrés de surface.

L’électricité galvanique n’est pas moins susceptible de produire de hautes températures. M. Childrena fondu, par ce moyeu , de grandes longueurs de fils métalliques, et M. Davy a tenu pendant long-temps , dans un état de vive incandescence , un morceau de charbon placé dans le vide, entre les deux pôles d’une très -forte pile.

Les phénomènes saillans que nous venons d’indiquer se reproduisent probablement, h différens degrés , toutes les fois que nous combinons des corps qui sont naturellement doués d’électricités opposées; peut-être est-ce la véritable cause du dégagement de calorique qui accompagne ces combinaisons. On peut expliquer cette production de calorique dans deux suppositions différentes ; i° on peut admettre que les deux fluides opposés sont combinés avec du calorique qu’ils laissent dégager en s’unissant; on peut supposer que le calorique lui-même n’est autre chose que la combinaison saturée des deux fluides électriques opposés. Quoique cette dernière supposition ne soit pas encore démontrée , ce qui exigerait que l’on eût fait voir la disparition du calorique ou le refroidissement des corps quand les fluides électriques se séparent , il est cependant devenu très-probable que le calorique et la lumière sont un même corps , qui est lui-même formé de la réunion des deux fluides électriques opposés.

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