AVEC LES ÊT11F.9 VIVANS
valent représentés par le calorique qu’aurait produit, dans une combustion ordinaire , l’oxigène absorbé dans ces différentes expériences , en se combinant soit avec du carbone, soit avec de l’hydrogène, d’où il résulte que les ^ de la chaleur animale se trouvent complètement expliqués par les théories chimiques, ou plutôt parle fait des combinaisons chimiques qui se passent dans le poumon.
Nous ferons remarquer ici que plus les observateurs ont mis d’exactitude dans des recherches si difliciles, sur la quantité de chaleur produite par les animaux, et plus ils se sont approchés d’une coïncidence complète entre la chaleur développée par l’animal et celle qui aurait été produite par une combustion ordinaire.
Il est facile de concevoir que les seules combinaisons chimiques appréciables dans le poumon expliquant les ~ de la chaleur animale, le ^restant sans cause évidente peut s’expliquer par la multitude de réactions intimes qui se passent dans tous les autres organes du corps. Il n’est pas même impossible qu’une certaine quantité de chaleur soit développée par les frotlcmens qu’une multitude de parties solides exercent les unes sur les autres dans les mouvemens des animaux.
On voit , par les évaluations précédentes , que le développement du calorique dans le poumon répond aux effets de chaleur qu’on observe dans l’économie animale. Il reste à expliquer comment le poumon , qui serait le foyer de cette production de chaleur, ne présenterait cependant pas une température plus élevée que celle des autres parties du corps. Mais si l’on admet, avec Haller, que le cœur pousse, à chaque contraction , deux onces de sang dans l’aorte , il en résultera que les poumons sont traversés en un jour par 7128 kilogrammes de sang. Or, le calorique représenté par 2Ôk,72G d’eau à ioo°, calorique qui peut se dé-
lG6 RAPPORTS RU CALORIQUE
velopper dans le poumon pendant le même temps , déduction faite de la transpiration pulmonaire, ne peut élever celte masse de 7128 kilogrammes de sang que de \ de degré environ. 11 en résulte que le sang veineux refroidi enlèvera facilement, au fur et à mesure, ce petit excès de température , qui se reproduira sans cesse dans l’organe pulmonaire.
On conçoit avec la même facilité l’égale distribution de température dans toutes les parties du corps; car il ne faut pas considérer nos organes comme s’échauffant à la manière des autres corps par simple conductibilité ; mais il faut se représenter que le calorique est rapidement transporté par une masse considérable de fluide qui va du poumon h toutes les autres parties du corps, et en revient, plus de trente fois par heure.
Si la principale source de production de chaleur dans l’économie animale dépend de la combinaison du carbone avec l’oxigène, dans un lieu quelconque de l’économie , il est évident que la peau et les organes de la digestion seront aussi des moyens de production de chaleur, car la première absorbe de l’oxigène et dégage de l’acide carbonique; et beaucoup d’expériences démontrent que tout l'oxigène entraîné dans l’estomac par la déglutition disparaît dans la longueur des voies digestives et se trouve remplacé par de l’acide carbonique et du gaz hydrogène.
Nous n’avons pas tenu compte, dans l’exposition précédente, de l’action des organes respiratoires sur l’azote , parce que, quelles que soient les quantités absorbées ou dégagées, elles se compensent ordinairement à peu près, et ne peuvent pas influencer beaucoup la température.
Après avoir prouvé la possibilité de concevoir la chaleur animale par l’absorption de l’oxigène cl la formation de l’acide carbonique, il ne sera pas inutile de faire remarquer
AVEC LES ÊTÏIKS VIVANS. lG^
que M. Edwards , clans scs nombreuses recherches sur cette matière, a constamment trouvé l’étendue des mouvemens respiratoires et circulatoires , la consommation de l’oxigènc et le développement de la chaleur animale, tellement liés entre eux, qu’il est impossible de se refuser à l’idée que les uns sont la cause , tandis que l’autre est l’effet.
Il est essentiel de remarquer que la respiration et la circulation ont pour but, dans le poumon , de mettre le sang et l’air dans des rapports convenables pour réagir l’un sur l’autre; mais que l’apparence extérieure des efforts mécaniques qui produisent ces deux phénomènes est un moyen tres-équivoque de reconnaître le degré de leur résultat; car de grands mouvemens inspiratoires peuvent introduire de petits volumes d’air dans la poitrine, et des contractions rapides du cœur peuvent faire circuler la masse du sang avec beaucoup de lenteur. Si l’on ajoute à ces considérations les états variés dans lesquels peut se trouver le tissu môme de l’organe pulmonaire , on concevra faoilementles dispositions constitutionnelles et les modifications produites par les saisons (Edwards) , qui font varier, dans une grande latitude, la faculté dont les animaux jouissent de produire du calorique.
5oS. Causes de refroidissement. Les causes de refroidissement du corps de l’homme sont , en général , au nombre de cinq : nous voulons dire que le calorique peut lui être enlevé par cinq voies differentes, et souvent aussi par des modes très-distincts. En effet , le corps de 1 homme peut se refroidir, i° par la conductibilité ou transmission directe de son calorique il d’autres corps; 2° par la transpiration cutanée dans laquelle l’eau en vapeur emporte le calorique latent; 5° par la transpiration pulmonaire , qui suit le môme mode; 4° par réchauffement de l’air dans les cavités pulmonaires; 5° enfin par le rayonnement.
x 68 rapports eu calorique
a. Les perles de calorique par conductibilité supposent que les coips qui louchent celui de l’homme se trouvent à une température plus basse que lui; c’est ce qui arrive le plus communément; et, parmi ces corps, c’est l’air atmosphérique qui, le plus constamment, est la cause de ce refroidissement.
La perte de calorique par conductibilité est extrêmement limitée , soit chez les animaux , soit chez les hommes, par les influences suivantes : i° la plupart des animaux dont la température est élevée, sont revêtus d’enveloppes naturelles, qui sont de très-mauvais conducteurs du calorique ; et l’homme , dont la peau est nue , se couvre d’enveloppes artificielles qui jouissent des mêmes propriétés; 2° les parties de la surface du corps qui sont en contact avec un autre corps froid se refroidissent rapidement elles-mêmes : la circulation devient lente ou presque nulle, et par conséquent la communication s’arrête ou devient elle-même très-lente. Par exemple, la peau d’un homme plongé dans un bain froid devient rapidement pâle etjiresque aussi froide que le bain lui-même; en cet état , elle est presque réduite h la condition d’une membrane inerte, conduisant très-mal le calorique, cl servaut d’enveloppe au reste du corps.
La seule condition dans laquelle le refroidissement par conductibilité puisse produire de grands effets, est l’exposition h un vent froid; et même encore , dans ce cas, l’accroissement de l’évaporation vient sans doute en augmenter les effets. Le capitaine Pary a remarqué que l’on supportait mieux 56° de froid par le calme, que iS° par un vent vif.
b. La perle de calorique par la transpiration cutanée 'ïst la plus considérable, il importe d’otn fixer les conditions.
Il est évident que , dans tous les cas ordinaires , il ar-
AVEC LES ETRES VIVANS. 1 Cq
rive à la surface de la peau , ou il existe dans son tissu une quantité de fluide plus que suffisante pour répondre à l’évaporation possible par toute la surface du corps. Car, dans les circonstances où la chaleur externe porte la transpiration au maximum , une sueur abondante couvre le corps, et n’est elle -même qu’un excédant des quantités de liquide qui arrivent h la peau sur celles qui peuvent s’évaporer.
D’après ce que nous venons de dire , il est évident que la transpiration dépend uniquement des circonstances environnantes et de la température de la peau. En conséquence , elle sera accrue par l’élévation de température , par la sécheresse de l’air, par les mouvemens de l’air, par réchauffement de la peau ; elle sera diminuée par 1 air froid , par la stagnation de l’air, par l’humidité de l’air et par le refroidissement de la peau.
Il est ici fort important de l'emarquer que la température de la peau est elle-même dans une dépendance presque absolue de la température de l’air : nous n’entendons pas dire par là qu’elle est la même, mais que la peau s’échauffe et se refroidit dans des limites très étendues , lorsqu’elle est en contact avec de l’air chaud ou de l’air froid; d’où il résulte que les variétés de la transpiration cutanée se trouvent elles-mêmes proportionnelles aux températures extérieures, sauf les quantités diverses de vapeur d’eau que l’air peut contenir, et qui vont très-rarement jusqu’à la saturation. Si pourtant cello condition existait dans l’air qui environne le corps , la transpiration cutanée semblerait devoir cesser complètement. 11 n’en arrive cependant point ainsi, parce que la peau étant généralement plus chaude que l’air dans lequel nous vivons , elle échauffe celui qui la touche et le rend ainsi propre à recevoir de nouvelles vapeurs.
Enfln, la transpiration cutanée peut être supprimée