RAPPORTS DU CALORIQUE
complètement lorsque le corps est plongé clans un liquide.
c. La transpiration pulmonaire a quelque chose de fixe et de déterminé que 11e présentent pas les autres sources de déperdition de chaleur; elle résulte delà transformation en vapeur de liquides exhalés par le poumon. Cette quantité de vapeur est proportionnelle à la température du poumon , qui est à peu près constante, et a l’étendue de l’espace dans lequel elle peut se développer, espace qui est déterminé par les volumes d’air inspiré. Ainsi la transpiration pulmonaire sera proportionnelle aux phénomènes mécaniques de la respiration, lesquels peuvent varier considérablement par l’effet de la volonté , ou par suite d’une sensation intérieure. Il faut remarquer que l’état hygrométrique de l’air inspiré peut modifier la quantité de la transpiration pulmonaire par la quantité de vapeur qu’il contient déjà. Mais celle influence est peu sensible , parce que l’air s’échauffe ordinairement beaucoup en pénétrant dans le poumon.
cl. Les volumes d’air introduits dans le poumon par la respiration se trouvent ordinairement à une température plus basse que celle du poumon , s’y échauffent , et en emportent conséquemment du calorique, dont la quantité, peu considérable il est vrai , se trouve proportionnelle aux phénomènes mécaniques de la respiration.
En considérant ces deux dernières causes de refroidissement dans leur réunion , on voit que les phénomènes mécaniques de la respiration présentent un double moyen de refroidissement, ce qui justifie en quelque sorte l’opinion des anciens , et nous explique en même temps l’erreur de Mj Broglie, qui a vu des animaux décapités , dans lesquels il entretenait la vie par insufflation dans la poitrine , se refroidir plus vite que ceux qu’il abandonnait; car il faut remarquer que les phénomènes intimes de la respira-
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lion, d’où peut dépendre la production de la chaleur, no sont nullement proportionnels aux phénomènes mécaniques , puisqu’ils dépendent simultanément de la circulation et de l’état du parenchyme pulmonaire.
c. Le rayonnement est une cause de déperdition de calorique qui dépend delà différence de température entre le corps de l’homme et ceux qui l’entourent.
Il est proportionnel à la température de la peau et modifié par sa couleur; il est, par conséquent, beaucoup plus considérable chez les nègres que chez les blancs; il est presque complètement détruit par les vêtemens , de quelque nature qu’ils soient , surtout quand ils ne louchent pas immédiatement la peau.
509. De la température fixe dans les animaux. — Après avoir établi les causes qui peuvent produire du calorique dans l’économie animale, et les différens modes de déperdition de ce calorique, il est important d’examiner si ces actions opposées sont soumises à de telles influences réciproques , qu’elles puissent ordinairement se compenser et produire dans chaque animal , suivant sa constitution , une température h peu près fixe. Et d’abord il convient d’examiner si réellement cette fixité de température existe , ou jusqu’à quel degré elle existe.
Les physiologistes ont établi, d’une manière beaucoup trop absolue, la propriété des animaux de conserver en eux une température déterminée, malgré les variations de celle qui les environne. On a été jusqu’à dire, sur le rapport de quelques voyageurs , que des animaux à sang froid vivaient dans des eaux thermales sans s’échauffer. 11 suffit cependant de la plus simple observation pour nous démontrer que les animaux peuvent se refroidir ou s’échauffer: les extrémités de nos membres nous en fournissent tous les jours la preuve. Et si le changement do température
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ne pénètre pas jusque dans l’intérieur, c’est que d’une part nous sommes capables de produire du calorique , et que de l’autre nous sommes susceptibles d’en perdre, par la transpiration , des quantités plus ou moins grandes. Au reste , les expériences directes de MM. Berger et Dclaroche ne laissent aucun doute sur ce point , car ils ont constaté : 1° qu’un animal vivant et un animal mort se refroidissaient et s’échauffaient autant et aussi vite l’un que l’autre , lorsque tous deux étaient plongés dans l’eau; 2° qu’une éponge mouillée, un alcarazas et un animal vivant susceptible de transpirer , se comportaient de la même manière dans une étuve; que tous trois perdaient de leur poids par évaporation; que tous trois restaient à une température bien inférieure à celle de l’étuve; observant toutefois que l’animal se trouvait toujours un peu plus échauffé que les corps inertes, h cause du calorique qui se produit en lui-même . en sus de celui dont il est environné; 5° enfin , que l’homme lui-même éprouvait une élévation de température notable dans une étuve.
S’il est vrai que les animaux sont tout aussi susceptibles que les corps bruts de se mettre en équilibre de température , il faut observer qu’ils ne le peuvent que dans de certaines limites, attendu que la mort survient aussitôt que les organes intérieurs et importons sont élevés de quelques degrés au-dessus de leur température ordinaire , ou refroidis dans la même proportion. Le danger de mort étant précédé de sensations et de troubles plus ou moins pénibles , détermine promptement l’animal à sortir de la situation fâcheuse où il se trouve , soit par des mouvemens automatiques, soit par des actions combinées , qui ont pour but de le refroidir quand sa température s’élève, ou de le réchauffer dans le cas contraire.
La nature a fourni aux animaux des enveloppes con-
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conservatrices de la chaleur, et dans de justes rapports avec les climats qu’ils habitent, et même avec la diversité des saisons. Ils peuvent en outre y ajouter par quelques précautions instinctives. C’est ainsi que les moutons se pressent les uns contre les autres, et que le chien se tapit h l’abri du vent; tandis que, d’une autre part, la sensation du froid les porte h un exercice violent qui accéière la circulation et les mouvemens respiratoires. II paraît même (Edwards) que l’action prolongée du froid rend la constitution plus apte h produire du calorique.
Les causes de refroidissement sont beaucoup moins soumises à la volonté, mais aussi beaucoup plus efficaces; en sorte qu’il y a dans notre économie tout ce qu’il faut pour résister spontanément à une grande élévation de température. Banks, Blagden et Fordys ont supporté quelques instans la température d’un four chauffé h sec au-dessus de 1 io°; mais ils étaient couverts de sueur; la peau et le poumon étaient le siège d’une rapide évaporation , et malgré cela leur température interne s’élevait assez pour rendre les baltcmcns du cœur excessivement rapides et causer de l’oppression et des vertiges ; en sorte que quelques minutes de plus auraient certainement causé la mort des expérimentateurs.
Ce qui prouve que la transpiration est ici la seule cause qui retarde réchauffement réel du corps , c’est qu’il est impossible de supporter une semblable chaleur dans une atmosphère saturée d’eau , dont la présence diminue l’évaporation , et qu’aucun homme ne peut rester, même quelques instans , dans un bain liquide à 4o°, parce que , dans ce dernier cas , la transpiration cutanée ne peut plus s’échapper à l’état de vapeur.
Il demeure donc démontré, 1° que la température des animaux n’est point fixe, et qu’il n’y a rien en eux quis’op-