‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 42 sur 126 · R APPORTS DU CALORIQUE · texte numérisé non relu

R APPORTS DU CALORIQUE

pose aux acquisitions ou aux perles de calorique; 2° qu’ils résistent au refroidissement par la production intérieure d’une certaine quantité de calorique; 5° qu’ils résistent à l’élévation de température par les cinq modes que nous avons indiqués, et principalement par les deux transpirations.

Indépendamment des propositions absolues que nous venons d énoncer , il reste constant que 1 homme, environné de températures très-différentes , par exemple , dans l’été ou dans l’hiver de nos climats, conserve une température moyenne centrale qui lui est propre , et qui diffère plus ou moins de celle des autres animaux. Il est facile d’expliquer ce phénomène, après avoir réduit, comme nous l’avons fait , la fixité réelle aux organes du centre, et surtout en tenant compte des effets marqués que produisent j les plus petits cliangemens de température sur l’exécution de nos fonctions. En effet , supposons un homme nu , plongé dans une atmosphère à io° au-dessous de o°; toute la surface de sa peau et ses organes superficiels se refroidiront rapidement , en sorte que la transpiration cutanée sera promptement réduite au minimum , et dès lors la production intérieure de calorique n’aura plus à répondre qu’aux pertes par rayonnement et par conductibilité. Néanmoins , si cette situation se prolongeait, le refroidissement s’étendrait aux organes les plus profonds , et ne tarderait pas à produire une mort précédée d’un affaiblissement général et d’une grande propension au sommeil.

Si , par opposition , nous supposons un homme plongé dans une atmosphère h 5o°, la peau s’échauffera rapidement , et la transpiration s’accroîtra en proportion. Mais si l’action de la chaleur persiste trop long-temps , les organes intérieurs s’échaufferont enfin, et il en résultera une mort précédée de vertiges , d’éblouissemcns , de syncope , etc,

AVEC LES JiTKES VI VANS.

Puisque le refroidissement extérieur tend h diminuer la principale cause de refroidissement de l’économie, et que la chaleur extérieure tend à l’accroître , il est facile d’imaginer, non pas cette fixité absolue supposée par les physiologistes, mais cette fluctuation continuelle de température des différentes parties du corps entre des limites assez étendues. Quant aux organes internes, l’exécution de leurs fonctions est fortement altérée par les plus légers changerions de température , et produit des sensations qui portent l’animal h employer tous les moyens possibles pour les prévenir, h défaut de quoi la mort survient nécessairement.

Il est intéressant de remarquer ici que l’homme , en particulier, n’a , dans son état naturel, que des moyens trèsbornés de résister aux effets du froid , tandis qu’il est éminemment propre à résister aux effets d’une température élevée, ce qui démontre qu’il est indigène des climats chauds ou tempérés.

Les médecins font, il la théorie que nous venons d’exposer, un grand nombre d’objections tirées de l’état morbide de nos organes. Il nous suffira de citer les principales , pour démontrer qu’elles se résolvent par une juste application de nos principes.

Les phthisiques ont souvent la presque totalité de la poitrine hors d’état de servir à la respiration. Cette fonction est réduite à très-peu de chose, et cependant la chaleur animale est plutôt accrue que diminuée; le contraire devrait arriver si la respiration était la source de la chaleur.

Chez ces individus la peau est amincie, aride et souvent terreuse, ce qui indique que la transpiration cutanée est considérablement diminuée; la transpiration pulmonaire est réduite presque a rien , a cause des petits volumes d’air qui pénètrent dans la poitrine. Dans cet étal, les causes

Page 1