CHAPITRE YI
DE QUELQUES 1NSTRUMENS d’oPTIQUE.
089. Microscope simple. — Les personnes qui sont dans la nécessité d’observer habituellement des objets d’une très-petite dimension, comme les organes sexuels des plantes , font habituellement usage d’une loupe , c’cst-hdire d’une épaisse lentille dont le foyer est fort court; et c’est h ce petit instrument qu’on donne souvent le nom de microscope simple, lia la propriété de grossir considérablement les objets, du moins en apparence. On s’en sert en plaçant l’objet très-près de l’œil , et interposant la loupe dont on varie la position jusqu’il ce que l’objet soit Vu distinctement. L’action de celle loupe se réduit en effet à fournir le moyen de voir distinctement, à un pouce de distance, par exemple, un objet qu’il faudrait placer à huit pouces sans le secours de la loupe. Celle seule circonstance rend l’angle visuel beaucoup plus grand , et accroît en même temps le moindre des rayons lumineux qui , partis de l’objet , peuvent pénétrer dans l’œil; double raison qui fait paraître l’objet considérablement grossi , et qui permet d’en apercevoir les plus petits détails.
La théorie des lentilles donne une explication satisfaisante de ces effets; car si le petit objet A ( fig. 1G2 ) était placé h la distance AB de l’œil, ses rayons extrêmement divergens no permettraient pas de le voir distinctement ;
d’optique. oSl
mais si la loupe LL est interposée , ces rayons divergens deviennent parallèles ou même un peu convergens après l’avoir traversé , pourvu que l’objet soit placé très-près du foyer principal de la loupo , et l’œil peut dès lors former de ces rayons une image parfaitement nette.
090. Lunette de spectacle. — ■ Cet instrument est formé d’un verre convexe que l’on nomme objectif dans toutes les lunettes composées , parce qu’il est dirigé vers l’objet, et d’un verre concavcque l’on nomme oculaire , parce qu’on y applique l’œil. Ces deux verres sont montés sur des tuyaux qui glissent et rentrent l’un dans l’autre pour modifier l’instrument suivant l’état de l’œil de celui qui s’en sert , et la distance des objets que l’on considère.
Le verre convexe a pour effet de rapprocher les rayons qui viennent des objets éloignés , pour en former un foyer auquel se peindrait une image renversée. Si l’œil nu était placé un peu avant le lieu de ce foyer , il apercevrait les objets agrandis, mais fort peu distincts , h cause de la direction convergente des rayons. Mais le verre concave qui sert d’oculaire, et qui est immédiatement appliqué sur l'œil, diminue celle divergence, et rend les images distinctes, en leur conservant une certaine amplitude. On conçoit que les images ne paraissent point renversées dans cette lunette , parce que le verre concave est placé un peu avant le foyer du verre convexe , en sorte qu’il n’y a point eu d’imago formée, et que les rayons ne se sont point croisés.
091. Lunette astronomie] ue. — Des enfans, en s’amusant à mettre deux verres convexes l’un devant l’autre , ont fourni la première idée de ces instrumens à l’aide desquels l’homme est parvenu è étendre l’usage , naturellement si borné, de la vue, à des distances prodigieuses, La lunette astronomique, quoique très-simple dans son mécanisme,