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DE LA MESURE DE LA QUANTITÉ ABSOLUE DE CALORIQUE

3oo. Les indications du thermomètre n’expriment autre chose que la tension actuelle du calorique dans un corps, en le considérant comme un fluide élastique.

La mesure du calorique spécifique n’indique que des rapports entre des quantités de calorique qui sont nécessaires pour produire la même tension ou la même température dans les corps. Par conséquent, on a dû rechercher quelle pouvait être la quantité absolue de calorique contenue dans un corps; en d’autres termes, à quel degré de nos thermomètres correspondrait le zéro réel ou l’absence de calorique dans un corps quelconque.

Aucune expérience directe ne peut nous instruire sur ce point; mais on peut établir des calculs fondés sur différentes considérations.

Si Pon suppose que les corps ne changent pas de capacité calorique aux différentes températures , et si les changemens d’état ne sont dus qu’à des changemens de capacité calorique, on pourra, avec le docteur Irvine, déterminer, par une considération très simple, la quantité réelle de calorique contenue dans l’eau. Le calorique spécifique de la glace est 9, celui de l’eau liquide est 10; mais il faut 75° centigr. de calorique pour changer la glace en eau, et cette quantité fait varier le calorique spécifique d’un dixième: donc , le calorique total de la glace doit égaler neuf fois y5° ou 675°, et par conséquent le zéro réel de l’eau devrait se trouver à 676° au dessous du zéro de nos thermomètres. Malheureusement , des deux propositions qui servent de base à ce calcul, la première est fausse, et la seconde n’est pas démontrée.

j/jB DE l’ÉQUIIiIBRE DU CALORIQUE

On peut faire un calcul analogue , dans la supposition que la capacité calorique des corps diminue à proportion du calorique qu’ils dégagent en se combinant; mais cette supposition est contredite par un très grand nombre de faits.

Enfin , M. Dalton a raisonné sur un principe qui paraît beaucoup plus solide et mieux d’accord avec l'idée que nous nous faisons de la constitution des gaz. Il suppose que les quantités de calorique sont proportionnelles aux racines cubiques des volumes de gaz à diverses températures ; ce qui paraît vrai , en admettant que les gaz soient livrés à la seule force répulsive du calorique. Cependant, en appliquant cette base de calcul à différentes températures , on obtient des résultats différens pour la quantité de calorique réel d’un même corps.

En résumant les résultats des divers calculs , on trouve pour le terme du zéro réel dans l’eau , les nombres 6-5°, 85y°, 192 1°, 4o52°, 5534°, 5 1 8°, quantités trop différentes les unes des autres pour qu’on puisse en conclure autre chose, sinon que nous ne possédons encore aucun moyen direct ou indirect d’apprécier la quantité réelle de calorique contenue dans un corps , ou de déterminer à quel point de l’échelle thermométrique correspondrait le zéro réel.

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