‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 42 sur 139 · THÉORIE DES ATTRACTIONS ET DES RÉPULSIONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

THÉORIE DES ATTRACTIONS ET DES RÉPULSIONS ÉLECTRIQUES

0 25. Nous avons vu que les corps électrisés éprouvaient des attractions et des répulsions, en d’autres termes, que l’électricité pouvait produire des mouvemens dans les corps. Nous sommes maintenant à même d’appliquer à ces phénomènes la théorie des deux fluides et dés influences à distance.

Si les deux corps sont suspendus au voisinage l’un de l’autre, si tous deux sont non conducteurs, et s’ils sont pénétrés d’électricités semblables, ils devront se repousser; car, d’une part, les fluides eux-mêmes se repoussent , et , d’autre part , les particules des fluides sont unies aux molécules des corps non conducteurs par une force inconnue dans sa nature, mais dont l’existence est bien démontrée , et qui doit entraîner les corps dans la répulsion des fluides.

Si les mêmes corps sont pénétrés de fluides différens, ils devront s’attirer et se mouvoir l’un vers l’autre par les mêmes causes, et en raison inverse du carré des distances.

Si les deux corps librement suspendus sont des con-

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docteurs électriques , les mêmes phénomènes produiront par les mêmes causes; mais en outre les fluides naturels des deux corps seront décomposés par les influences réciproques ; les tensions électriques augmenteront , et les effets s’accroîtront dans le rapprochement , et diminueront par l’éloignement-, dans une proportion plus grande que la raison inverse du carré des distances ; car l’influence du rapprochement produira sur les corps les mêmes effets que l’addition d’une nouvelle quantité de fluide électrique.

Si l’un des deux corps est pénétré d’une électricité quelconque, et que l’autre soit dans l’état naturel , il y aura toujours attraction. En effet, le corps électrisé produira dans le corps à l’état naturel une séparation des deux fluides, en vertu de laquelle le fluide différent çie celui du corps élecT Irisé se portera du côté de ce corps, et le fluide semblable du côté opposé; ce qui mettra cette portion du. corps non électrisé au même état que si tout le corps était pénétré d’une électricité opposée à celle du premier corps. Pour éclaircir cette explication, supposons ( flg . 1 23j le conducteur A chargé d’électricité vitrée, et le conducteur B dans l’état naturel : nous avons vu que dans ce dernier conduc* leur l’électricité résineuse s’accumulera en C , et l’électricité vitrée en D ; ces deux fluides , ainsi séparés par l’influence du conducteur A, réagiront l’un sur l’autre avec égalité, ce qui ne saurait mettre le conducteur B en mouvement ; mais il restera l’attraction de l’électricité résineuse située en G pour l’électricité du corps A; ce qui déterminera le rapprochement si les corps sont mobiles. On conçoit que les mêmes raison nemeus s’appliquent , en sens inverse , dans le cas où le corps est chargé d’électricité résineuse.

Si le corps non électrisé 11’est point isolé , ou commu- 2 16

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nique aseec îe réservoir commun, la décomposition en deviendra plus facile et plus complète , et par conséquent il attirera indifféremment tous les corps électrisés.

En parlant des mouvemens produits dans les corps non conducteurs , nous avons supposé qu’ils étaient entraînés par l’adhérence du fluide électrique à leurs particules : la même supposition n’est point admisible pour les corps conducteurs; mais on est parvenu à se rendre compte de leurs mouvemens en prenant en considération la pression de l’air autour d’eux , et la force expansive de l’électricité, qui n’est contenue que par cette pression atmosphérique. En effet, si nous supposons une sphère conductrice électrisée et suspendue dans l’air, nous pourrons concevoir une couche électrique étendue à sa surface et pressant sur l’air qui l’environne ; ces pressions seront parfaitement égales dans tous les sens, puisque nous avons vu que , dans ce cas, la couche électrique est partout d’une épaisseur égale. Mais on conçoit qu’aussitôt qu’on approchera de cette sphère un corps quelconque électrisé ou à l’état naturel, on changera par influence la distribution de l’électricité autour de la sphère primitive; que la couche jélectrique augmentera d’épaisseur à l’extrémité d’un de ses diamètres , et diminuera vers l’autre; en sorte que , trouvant toujours à l’extérieur la même résistance atmosphérique , elle réagira plus fortement d’un côté que de l’autre , et pourra mettre le corps en mouvement.

Cette explication, tout ingénieuse qu’elle paraît, ayant donné lieu à quelques objections , plusieurs physiciens admettent que les pressions électriques s’exercent sur la petite couche d’air qui est naturellement adhérente à la surface de tous les corps.

On démontre , par une expérience qui paraît concluante , ces effets de pression électrique. Si l’on prend

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une petite tige métallique portée sur une pointe par son milieu, en équilibre et très mobile; si l’on courbe en sens contraire les deux extrémités de cette tige , et qu’on les rende très aiguës , et si l’on électrise fortement l’appareil , on verra cette tige prendre un mouvement de rotation très rapide dans .le sens opposé h l’écoulement du fluide électrique qui se fait par les pointes. On voit , dans cet effet , une grande analogie avec l’effet hydraulique dont nous avons parlé , et Ton pense que le mouvement est produit par la pression du fluide électrique sur l’élément de la Surface qui se trouve opposée à la pointe : comme , dans ce cas , la quantité de mouvement imprimé s’apprécie en multipliant la masse du fluide qui s’écoule par sa vitesse , et comme la masse de l’électricité est sensiblement nulle, puisqu’elle ne pèse rien, en quelque quantité qu'on l’accumule , il en résulte nécessairement que sa vitesse doit être infinie. *

ÉLECTROMÈTRES ET ^LECTROSCOPES.

524* On donne ces noms à des instrumens destinés à reconnaître la présence de l’électricité , à distinguer sa nature et à mesurer son intensité. Ils méritent celui d ' èUctromètres , quand on les emploie h la mesure de l’intensité électrique; et celui à'êlectroscopes , quand on les emploie à découvrir l’électricité ou h en reconnaître la nature.

JNous ayons vu que deux corps électrisés de la même . manière se repoussaient ; c’est précisément ce phénomène qui fait le principe de ces petits instrumens.

Le plus usité et le plus commode des électroscopes con-

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