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RÉFLEXION A LA SURFACE DES CORP§, NON POLIS

385. En examinant avec attention les effets produits par un miroir plan, on s’aperçoit que ce miroir n’est pas un corps visible; car, comme il réfléchit toujours les rayons qui lui viennent des autres corps sans déranger leur ordre primitif, on voit toujours l’image des objets extérieurs et jamais celle du miroir lui-même. Si, par exemple, un côté d’une chambre était formé tout entier d’une glace très pure, la chambre paraîtrait double, sans qu’on pût s’apercevoir de l’existence du miroir. Ces illusions sont trop fréquentes dans les décorations intérieures , pour ne pas être connues de tout le monde.

Il résulte de cette considération que les objets visibles doivent présenter un mode de réflexion de la lumière absolument différent de la réflexion sur les miroirs , et que la condition essentielle de la visibilité doit être de ne pas présenter les images des objets extérieurs. Cette condition est en effet remplie par la dispersion de la lumière h la surface des corps visibles.

Un corps dont la surface est assez inégale pour ne pas constituer un miroir, présente une multitude de saillies et d’enfoncemens dont les formes et les directions sont infiniment variées. Si cette surface , représentée par la ligne AB ( fig. ï44 ) , reçoit un faisceau de lumière incidente parti du point C , on conçoit que chacun des rayons de ce faisceau sera réfléchi en faisant l’angle de réflexion égal à l’angle d’incidence; mais, comme chaque point de la surface présentera une obliquité diverse relativement au rayon incident , ces rayons seront irrégulièrement réflé-

OU CATOPTRIQUli. 4^5

chis dans toutes sortes de directions. En sorte que l’on pourra, en faisant abstraction de la lumière incidente, considérer la surface comme rayonnant de la lumière dans tous les sens à la fois , à la manière que nous avons indiquée pour les corps lumineux par eux-mêmes. Il est évident qu’il n’y aura pas d’image extérieure reproduite , puisque l’ordre d’incidence des rayons est complètement interverti. II n’est pas moins certain que l’œil placé dans l’espace au devant de celte surface pourra recevoir un des nombreux rayons partis de chacun des points de cette surface , et que par conséquent il pourra s’en former dans l’œil une image exacte.

Les corps visibles réfléchissent des quantités de lumière très variables , suivant leur couleur. Les corps blancs réfléchissent le maximum de la lumière , et les corps noirs le minimum, ainsi que nous le dirons en parlant des couleurs.

La dispersion de la lumière h la surface des corps est la cause de l’illumination générale des corps de la nature, qui ne reçoivent pourtant de la lumière directe du soleil que par un de leurs côtés. Sans cette dispersion, tout ce qui n’est pas exposé directement aux rayons solaires serait d’une obscurité profonde. C’est ce qui arriverait, par exemple , dans l’intérieur de nos appartemens.

Cet avantage de la dispersion de la lumière est tellement prononcé, que l’on obtient une plus forte illumination dans l’intérieur d’une vaste salle ou d’une galerie , en dépolissant les vitres des croisées qu’en leur conservant leur transparence. C’est ainsi qu’un ciel couvert de nuages éclaire uniformément toutes les parties des objets terrestres , pendant que , sous un ciel pur, la lumière directe du soleil produit des ombres très prononcées.

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