ÉLECTRO-DYNAMIQUE; THÉORIE DU MAGNÉTISME
en hélice formée d'une lame mince de platine et d'une lame de zinc amalgamé ; sur la face supérieure s'élève le circuil , auquel on donne la forme d'un double rectangle dont deux côtés verticaux sont disposés l'un près de l'autre sans se toucher (Fig. 355); on fait flotter le tout sur de lVau acidulée, et on a ainsi une pile flottante.
A l'aide des appareils que nous venons de décrire , nous pouvons démontrer les lois suivantes :
Lois des courants parallèles. —1° Deux courants parallèles et de même sens s'attirent;
2" Deux courants parallèles et de sens contraire se repoussent.
En effet, si on présente parallèlement à Time des branches verticales du circuit flottant décrit ci-dessus (Fig. 355) un fd traversé par un courant qui marche en sens contraire de celui de la branche mobile, on voit ce dernier s'éloigner du courant fixe; vient-on alors à renverser le sens du courant fixe, le courant mobile est attiré et s'arrête à la plus petite distance possible du courant fixe.
Lois des courants angulaires. — d° Deux courants rectilignes , dont les directions forment entre elles un angle, s'attirent lorsqu'ils s'approchent ou s'éloignent tous deux de leur point de croisement ;
2° Ils se repoussent lorsque l'un marche vers le sommet de l'angle , tandis que Vautre s'en éloigne.
La Fig. 356 représente les différents cas cpie peut offrir l'action mutuelle des courants angulaires. Les flèches placées le long des droites qui figurent des portions de circuit, indiquent le sens des courants; les petites llèches placées dans l'angle et perpendiculairement aux courants font connaître le sens du mouvement produit. Les lois des courants angulaires peuvent être vérifiées à l'aide d'un circuit flottant disposé de manière à avoir une branche horizontale (Fig. 357). Si l'on présente à cette branche un courant recliligne également horizontal, de telle sorte que les directions des deux courants forment un angle dont le sommet soit à l'extrémité de la branche mobile, on voit aussitôt celle-ci se mettre en mouvement, entraînant avec elle tout le circuit dont elle fait partie, et tourner autour du sommet de l'angle pour venir se placer parallèlement au
Fig. 355. — Pile flottante disposée pour ln démonstration des lois des courants parallèles.
Fig. 35G. — Action mutuelle des courants angulaires. — I. Courants centripètes : attraction. — II et III. Courant centripète avec courant centrifuge : répulsion. — IV. Courants centrifuges : attraction.
RE L'ÉLECTRICITÉ
courant lixc ; le sons de la rotation est te] que la branche mobile se rapproche ou s'éloigne du courant Bxe, selon que ces deux courants sonl Ions doux centripètes on dentnifuges, ou bien que l'un d'eux se dirige, vers le .sommet de l'angle, tandis quel'autres'en éloigne.
L'action répulsivequi s'exerce entre deux courants angulaires, dont, l'un est centripète et l'autre centrifuge, subsiste quelque grand que soit l'angle formé par les directions des deux courants, même quand cet angle est de 180°, c'est-à-dire quand les deux courants sont sur
le prolongement l'un de l'autre. Il suit de là que deux portions consécutives d'un même courant se repoussent.
Les lois d'Ampère sur les courants parallèles expliquent le phénomène suivant : quand on fait passer un courant à travers un fil métallique contourné en spirale, les tours de spire se rapprochent les uns des autres et la spire tout entière se raccourcit.
Fig. 357.
Pile flottante disposée pour la démonstration des lois des courants angulaires.
334\ Action directrice d'un courant rectiligne indéfini sur un courant fermé.
— De l'action mutuelle de deux courants angulaires on peut facilement déduire l'action qu'exerce un courant rectiligne fixe et indéfini sur un courant rectangulaire ou circulaire mobile autour d'un axe perpendiculaire à la direction du premier. En analysant l'action du courant fixe sur chacune des portions du courant mobile , on arrive à conclure que ce dernier doit prendre une position telle que son plan devienne parallèle à la direction du courant fixe., et qu'en outre le sens du courant soit le même dans le conducteur fixe et dans la portion du circuit mobile qui en est la plus rapprochée.
334b. Mesure des forces électro-dynamiques. — Les expériences rapportées dans les deux derniers paragraphes ne nous apprennent rien sur la grandeur des forces électrodynamiques mesurées en fonction des intensités, de la distance et de la direction dos courants qui agissent l'un sur l'autre. W. Weber a procédé à ces mesures en opposant les forces électro-dynamiques à des forces mécaniques faciles à évaluer avec précision et en observant la position d'équilibre que prenait le courant mobile soumis à l'action simultanée des deux genres de forces. Weber s'est servi dans ce bût d'un instrument très-délicat apjjclé électro-dynamomètre bifilaire, et il est ainsi arrivé à confirmer les lois suivantes établies antérieurement par Ampère :
1° La force attractive ou répulsive résultant des actions mutuelles de deux éléments de courant est proportionnelle au produit des quantités d'électricité qui traversent ces éléments dm)* Vunifé dr temps;