‹ Traité élémentaire de physique médicale (volume 2)Chapitre 70 sur 201 · H)129 ' III · texte numérisé non relu

H)129 ' III

wnnt de mercure ayant même hauteur et même hase. Supposons pour un instant que la den-

wt** de l'air soit la même dans toutes les couches ; l'atmosphère aurait une hauteur égale

* 10.530,5 X 0,76 ou 7(KK) mètres, puisque le mercure s'élève h 0"»,7r> dans le baromètre.

Donc le poids de la couche la plus inférieure et, par conséquent, la pression qu'elle

184 DE LA. PESANTEUH.

exorco pour son propre compte sur le sol reprëscntc la 1/7000 partie de la pression totali do ratmosplière , si nous donnons à cotte couche une ëpaissour de 1 mètre et si nous ad mettons, comme nous Tavons dit, que la pression y soit uniforme. Dans la deuxiëmi couche la pression est déjà moindre, puisque sa partie inférieure ne supporte qae 1« poids d'une colonne d*air ayant 6999 mètres do' haut, tandis que la pression exercée sur la première couche équivaut au poids d'une colonne de 7000 mètres. La pression i

1 mètre d'altitude sera donc : H- -^ H ^ II (l - - J^-) = H f^ , si nous d^

gnons par II la pression normale de 0™,70 qui s'exerce sur le sol. Ainsi, une élévation d< 1 mètre fait varier la pression dans le rapport de 6999 k 7000. Or, en vertu de la loi éL Manotte^ qui veut que la densité d'un gaz soit proportionnelle à la pression quMl sup porte, le poids des différentes couches d'air de môme épaisseur doit décroître en raisoi directe de leur éloignement du sol. Par conséquent, le poids de la deuxième couchi

n'est que les ^11 du poids de la première. Donc, à une altitude de 2 mètres, la pressioi

sera celle qui existait k 1 mètre, savoir H .^!.l > diminuée du poids de la deuxième couch<

. ., 6999 ,^ 1 Tx ^i^.*î.Jî,». H 6999 6999 w 1 tt « /6999\5 qui est les ^^^ de -^- H, c est-h-dire : H ^^^ - ^^. X ^^ H = II (^^|.

et ainsi do suite.

Les valeurs ainsi calculées nous montrent que : In pression atmosphérique diminue suivant une progression géométrique j quand V altitude augmente en progression arithmétique. Nous pouvons représenter cette loi algébriquement de la manière suivante :

en désignant par n l'altitude exprimée en mètres et par H la pression h cette altitude.

8i on prend les logarithmes des deux membres , il vient :

log. H =n log. 0,99984 -h log, H

le nombre 0,99984 n*ost autre chose que le quotient de 6999 par 7000. De la dernière équation on tire :

71= -.z= log,.

log. 0,99984 K étant égal k log. 0,99984.

Cette fonnule permet de déterminer, h l'aide du baromètre, d'une manière approximative, l'altitude n d'un lieu, c'est-k-dire sa hauteur au-dessus du niveau de li mer.

[Connaissant les hauteurs barométriques en deux endroits différents , on pourra, an moyen de la formule indiquée ci-dessus, calculer les altitudes dos deux stations conaidérées et en déduire la distance verticale qui les sépare. Toutefois nous ferons remar quer que la fonnule précédemment établie et connue sous le nom de formule de Jfalleif, no fournit pas de résultats très-exacts, car elle néglige un certain nombre de cause» qni influent sur la densité des couches atmosphériques. Laplaco, en tenant compte de l'influence de la température et de la latitude, a donné une formule plus exacte, duBt on se sert généralement pour la mesure des hauteurs par le baromètre.]

97. Effets de la pression atmosphérique. Pipette. Siphon. — Tous les rorp» plongés dans Tair atnio.sphéritjue éprouvent de la part de ce fluide une pres.<;iou équivalente au poids de la colonne gazeuse située au-dessus d'eux. Quand le corp est en communication avec Fatmosphère par toute sa surface , il est pressé également dans tous les sens et, en conséquence, il n'est pas afl'ecté d'une manière

PRESSION ET KQUU.IBRE DES GÂZ. 185

ensible par l'action de cette force extérieure, puisque les pressions de direction pposée î?e neutralisent mutuellemenL Vient-on à soustraire plus ou moins omplétement une portion de la surface du corps à l'influence de la pression Imospherique , l'équilibre est rompu ; le corps , s'il est mobile , se déplace lans la direction du côté où la pression est supprimée ou diminuée , et il s'aaice jusqu'à ce qu'il rencontre une résistance capable de faire équilibre à 'excès de pression qui s'exerce sur la face opposée. Telle est la cause de l'as- «nsion du mercure dans le tube barométrique : ce liquide s'élève jusqu'à ce pie le poids de la colonne soulevée soit égal à la pression de l'atmosphère.

A l'aide de la machine pneumatique, dont il va être question dans le parairapbe suivant , on peut aisément étudier les phénomènes qui se manifestent [uandon soustrait les corps à la pression atmosphérique. Les liquide volatils, or exemple, placés dans le vide, se réduisent très-rapidement en vapeur, ^itfsi emploie-t-on souvent la machine pneumatique pour dessécher les subsinces humides, surtout quand ces substances ne doivent pas être exposées à ine température élevée; ordinairement on \ient en aide à l'action du vide dans w circonstances, en mettant à côté de la substance à dessécher une matière vide d'eau, telle que le chlorure de calcium ou l'acide sulfurique.

Les animaux qu'on place sous le récipient de lu machine pneumatique éprou- «l un besoin de respirer qui se fait sentir à intervalles d'autant plus rapprohésqiie la raréfaction est plus avancée, et ils finissent par mourir asphyxiés.

U cloche de verre qui constitue le récipient de la machine pneumatique ^ul senir à mettre en évidence l'action de la pression atmosphérique ; on Ml» en effet, qu'il faut une force considérable pour séparer cette cloche de la ^iine sur laquelle elle repose, loi'sque le vide existe sous le récipient. On «nontrc ordinairement cet effet de la pression atmosphérique au moyen d'une ïpêrieiice déjà ancienne , qui remonte à Otto de Guericke et qui est connue ^U!> le nom d'expérience des hémisphères de Magdehourg : deux hémisiiêres creux en métal sont approchés l'un de l'autre, de manière que '»rs bords se touchent exactement ; à l'aide d'une tilbulurc que porte l'un w hémisphères on met l'espace (|u'ils limitent en communication avec la marine pneumatique et on fait le vide ; aussi longtemps que le vide subsiste dans intérieur du système, il faut déployer un eflbrt extrèniemonl considérable îttr opérer la séparation des deux hémisphères.

En plongeant Textrémilé d'un tube dans un liquide et en aspirant par l'autre itrémité, on détermine un vide partiel dans Tintérieur du tube et le liquide *>Dte; si on ferme ensuite le bout supérieur, de manière à empocher Tair de •utrer, on peut sortir entièrement le tube hors du liijuide, sans que son connu s'écoule : la colonne liquide est retenue en place par la pression atmos- »^rique qui agit sur sa face inférieure. C'est sur ce principe qu'est fondé nstrument connu sous le nom de pipette et qui sert à transvaser de petites >rtions de liquide.

U pression atmosphérique intervient aussi , de concert avec le principe des ises communiquants pour produire l'écoulement des liquides à travers le si- '*on. On sait que le siphon consiste en un tube ouvert aux deux bouts et re- >urbé de manière à former deux branches, dont l'une est plongée dans le

186 DE LA PpSANTEUR.

li({uicle à transvaser : dès Tinstant que le siphon est amorcé , c'est-à-dire qu le tube est entièrement rempli de liquide , ce dernier s'écoule à Textérie^ aussi longtemps (jue l'orifice d'écoulement est situé plus bas que le niveau è liquide dans le vase.

98. Machina pneumatiqaa. — La machine pnetimaiique est un appaie tlestiné à faire le vide, c'est-à-dire à enlever le gaz renfermé dans un espic «.'los. Elle se compose des parties essentielles suivantes : un corps de pompe . (Fig. 87), dans l'intérieur duquel se meut un piston P; la partie inférieure d

corps de pomp<^ est mise en communication l'aide du conduit C , avec le vase ou récipient dans lequel il s'agit de faire le vide. Le pista est percé d'une ouverture que ferme la soupai l) qui s'ouvre de dedans en dehors ; cette sou pape , en se soulevant , donne issue à l'air ren fermé au-dessous du piston, quand celni-< vient à s'abaisser. Au bas du corps de pom| se trouve une seconde soupape B , qui s'ouTi dans le même sens que la première et qui inte eepte en temps utile la communication entre corps de pompe et le récipient.

Supposons que tout l'appareil soit rempli d'à

V\f, 87. — PrinciiM de U machine * ' t ri i

pneumAti^ae. atmospliérique à la pression ordinaire et que

piston soit au l>as de sa course : si on soulève alo le piston, la soupape D reste fermée, tandis que la soupape B s'ouvre; unepa tie de l'air contenu dans le récipient fait irruption dans le corps de pompe jusqu ce que la pression soit la même dans tout l'appareil , cette pression êtai d'ailleurs inférieure à celle de l'atmosphère , puisque l'air primitivement rei fermé dans le récipient a augmenté de volume. Vient -on ensuite à faire rede c«»ndre le piston , la soupape H se ferme par son pn»pre poids ; l'air logé dai le ci>rps «le |H)mpe au-dessous du piston est comprimé, soulève la soupape el s'écliap^K? à l'extérieur. En répétant plusieui*s fois ce double mouvement < va-et-vient du piston, on nuvlie de plus en plus l'air du récipient R. Il est fi rile «le voir (jue cette ran*faction j>eul atteindre un haut degré, à mesure qii'< «lugmente h» nombiv îles couj>s de piston, mais qu'on ne peut jamais, ni tbé riquement ni pratiquement , obtenir un vide parfait ; car chaque coup de piib n'enlève qu'une fraction de l'air renfermé dans le récipient, et la quantilé< |K)ids de gai extrait par un coup de piston est d'autant plus petite que la pn sion est déjà plus alTaiblie.

[En pratique, et quelle que soit la perfection de la machim^ employée, raréfaction a une limite qu'il est im; ossible de dé|>asser ; cela tient à ce qi reste toujours au-dess4>us du piston d»*s<*endu au plus bas de sa cours*, ' pt»tit espace, nommé es^mce nuisible , qu'on ne peut supprimer compléteme Il arrive dès lors un moment où l'air qui renqilit le corps de pompe possè une tension si faible que, rétluit au volume de l't^pace nuisible, il n'acquiert | une force élastique suffisante pi>ur vaincre la pression atmospliérique qui prs sur la S4>upape D , et , au lieu de s'échapper au dehors , il reste sous le pistM

PRESSION ET ËQUILmnE DES GAZ.

Od a apporté à la construction de la machine pneumatique un certain nom- \m ie perfectionnements qui permettent de pousser la raréfaction à un degré li-l que la pression sous le récipient soit inférieure à celle d'une colonne de mercure de lil! millimètre de hauteur.

[Lï Fig. 88 représente une machine pneumatique ainsi perfectionnée. Au lieu d'un seul corps de pompe, il y en a deux, qui, fonctionnant allcrnatîve- «lenl, raréfient l'air d»i récipient d'une manière continue. L'accouplement de

'1(111 corps de pompe présente , en outre , l'avantage de rendre moins jK^niltle I) ■tiino'Hvi'e de la machine : avec un coii)9 de pompe unique, quand on sou- •■tait le piston, on avait à vaincre tout l'effort exercé par la pression almosl-'BTique sur la foce supérieure At\ piston; avec deux corps de pompe, le^' ITEasions exercées sur les deux pistons se contre-ki lancent en partie. I..* mou- "inent alternatif dos pistons est produit par le jeu d'un levier lixé h une roue 'tenlée, qui engrène de chaque côté avec les tiges !i erémailli-re dont les pistons ■ont surmontés. La soupape destinée à fermer l'ouverture placi'w au lias du ■or|n de pompe consiste en un petit cAne métallique porté par une tige qui 'werse le piston à frottement dur et en suit ainsi les mouvements ; mais alin •|«e cette soupape vienne fermer l'orifice du tube de communication , sitAt que ^[listiin commence à redescendre, -sa tige a presque la même hauteur que le '•"rps (le pompe et, pour peu qu'elle monte, elle est arrété«( dans son mouve-

ment par une plaijue fixe, de sorte que la soupape ne peut pas s'élever beaucoup au-dessus de l'ouverture qu'elle doit clore. Entre le système des corps de pompe et le récipient, sur le tube de communication qui réunit ces deux parties de la macbine, est fixée une éprouvette, dans Tintérieur de laquelle se trouve un baromètre tronqué à siphon destiné à indiquer à chaque instant la pression de l'air dans le récipient. I^ porlectionnement le plus importaat, tu point de vue du de^ré auquel on peut pousser la raréfaction , consiste dan» l'adjonction d'un robinet ù double êpuiseinent placé au milieu du canal qui réunit les deux corps de pompe ; cette pièce est cachée dans la Fig. 88; elle |»orte aussi le nom de robinet de Babitiet et est percée de deux syslèmes de canaux disposés de manière à ce que l'un des corps de pompe soit employé à faire le vide dans l'autre, [Kîndant que ce dernier extrait l'air du récipient.]

La machine pneumatique à mercure permet d'obtenir un degré de raréfaction encore plus considérable et presque le vide parfait. Sa construction repose sur le principe du baromètre. [Un tuln; de verre d'environ 4 mèlrede hauteur est relié à sa partie inférieure par un tube en caoutchouc avec le fond d'une cuvette de forme sphérique qui s'ouvre à l'air libre ; la partie supérieure du tube peut être fermée par un robinet à trois voies et présente un renflement qui augmente la capacité de la chambre barométrique ; tout le système est rempli de mercure et constitue un baromètre à siphon. Quand on élève la cuvett(», le mercure monte dans le tube fermé, et peut ainsi le remplir entièrement ; l'abaissement de la cuvette fait au contraire descendre le mercure et détermine la formation du vide barométrique. Le robinet à trois voies est destiné, soit à mettre la chambre barométrique en communication avec le ^"ase dans lequ(d il s'agit d'opérer le vide , soit à remplir de mercure la machine, soit à fermer l'extrémité supérieure du tube. On voit qu'en défmitive le mercure joue ici le rôle du piston solide de la machine pneumatique ordinaire, et que la supériorité de la machine à mercure tient à la suppression de Vespoce nuisible. | On fait un fréquent usage de la machine* pneumatique à mercure dans les recherches physiologiques , notamment pour exVraire les gaz dissous dans le sanjr.

r98". Ventouse. — On appelle ve)UouHe une petite cloche de verre qui s'applique sur une partie quelconque de la peau, et dans l'intérieur de laquelle où fait un vide plus ou moins complet. La portion du tégument externe qui est ainsi soustraite? à la pression de l'air atmosphérique se gonfle et rougit par T^f" flux du sang et des humeurs dans cette partie du corps. Si la peau a été prb' laidement scarifiée ^ c'est-à-dire si on y a fait des incisions qui ont ouvert de* Vidsseaux, le s<iiig s'échappe en aliondance dans l'intérieur de la ventouse; cidle-ci {K)rte alors le nom de ventouse scarifiée. On dit que la ventouse erf sèche lorsqu'elle est appliquée sur la peau intacte.

On détermine la raréfaction de Tair contenu dans la ventouse, en y Êûsu^ brûler un morceau de papier, ou mieux encore en la plaçant au-dessus die b flamme d'une lampe à alcool : lors<|ue la ventouse est ainsi remplie d'air chaud, (in Tapplicpie rapidement sur la \k\\u ; Tair st* refroidit bientôt etdi' minue aloi-s de force élastique. Au lieu de produire le vide à l'aide de la cba'

leur, on peut employer une petite pompe aspirante qu'on adapte à une tubulure filée sur la ventouse ; on a alors la ventouse à pompe.

Depuis quelques années on construit des ventouses dites à refoulement, dans lesquelles le vide est obtenu par un moyen excessivement simple. La docbe en verre, très-peu baute, porte au milieu lie sa partie su(iérieure une tubulure coiffée d'une sphère creuse en caoutchouc vulcanisé et à parois très-épaisses (f ig. 89). Pour appliquer l'instrument , on comprime entre les doigts la sphère de caoutchouc, de manière à réduire autant que possible sa capacité intérieure et à rerouler ainsi au dehors l'air qu'elle contient ; puis, appuyant sur la peau les bords de la coupe en verre , on cesse la compression : les parois en caoutchouc, en vertu de l'élasticité de cette substance, reprennent la forme sphérique et déterminent ainsi un vide partiel dans l'intérieur de la ventouse. On a même fait des ventouses entièrement en caoutchouc] M. Rôle de la pression atmoBpbériqDe dans l'économie animale. — Il existe •lan.1 l'organisme des animaux, et de l'homme en particulier, des cavités enlièrement privées d'air, et d'autres qui ne renferment qu'un air raréfié ; ces con- •litions naturelles nous Tournissent l'occasion d'observer des effets semblables à ceux qu'on obtient artificiellement à l'aide de la machine pneumatique.

Dans les articulations des membres, par exemple , les surfaces articulaires •tn os sont en contact intime l'une avec l'autre, sans interposition d'air. La pfwsion atmosphérique qui s'exerce en dehors de l'articulation contribue à mainlenir ce contact , et les surfaces osseuses ne peuvent être séparées l'une •k l'autre sans un effort considérable , abstiaction faite de la force nécessaire poiirrompi'e les ligaments qui ajoutent à la solidité de l' articula lion. On peut, |w exemple, couper tous les lifiaments qui entourent Tarticnlation coxo-fémonle,rans ipie la télodu fémur abandonne la cavité cotyloide, dans laquelle ^lewt exactement en^bollée ; la pression exercée par l'air atmosphérique sui' Il wrface libre de la tète du fémur est suiiérieure au poids do la jamlie, et suffit linsi à maintenir ce membre dans ses rapports nalurcls. Cette action de la pressioB atmosphérique facilite considérablement le jeu des articnlalious; car les «îwt« musculaires peuvent être employés tout entiers à faire mouvoir les me nil*», puisqu'aucune portion de ces efforts n'est iiéi'ossaire pour mainlenir les wfcces articulaires en contact.

Toutes les cavités closes du corps humain , telles <pio la cavité abdominale , la cavité Ihoracique , repré.sentent aussi des espjices vides d'air. Les parois de Is carité abdominale, étant dépressibles , se moulent exactement sur les viscères 'le l'abdomen et la pression atmosphérique se transmet ainsi à la face infôi'ieure ilu diaphragme, donl elle détermine la voussure à convexité dirigée vers la poitriiw. La cage thoraciquc possède, au contraii'e, des iiarois rigides, de sorte '!«'■ la surface externe des poumons est soustraite à la pression de l'utmosl'^ière, Undis que celte piâssioii s'exerce dans toute sa plénitude sur la surface

490 DE LA PESANTEUH.

intérieure de ces organes , qui sont en communication avec l'air ambiant par l'intermédiaire des bronches et de la trachée-artère. Cette disposition a pour effet de maintenir les poumons dans un état de dilatation permanente , ausni grande (pie le comporte la capacité de la poitrine , et de forcer ces organes à suivre les mouvements respiratoires du thorax.

La pression atmosphérique joue aussi un rôle important dans la circulation : elle favorise Técoulement du sang des veines superficielles , en poussant ce liquide vers la cavité thoracique , où , à chaque inspiration , la pression de Tttmosphère sur les vaisseaux qui y sont contenus éprouve Une diminution. La pression atmosphérique augmente, en outre, la force avec laquelle les paroi» des capillaires résistent à la tension sanguine.

Quand on fait l'ascension d'une haute montagne ou qu'on s'élève en ballon à une grande hauteur, on se trouve dans im air raréfié. On constate alors qpie la respiration s'accélère , afin de compenser la diminution de la quantité d'oxygène qui pénètre dans les poumons à chaque inspiration. En outre, toutes les fonctions dans lesquelles la pression atmosphérique joue un rôle , éprouvent des troubles plus ou moins notables : un sentiment de fatigue dans les membres, de la dyspnée, des congestions veineuses , finalerhent des ruptures des capil* laires superficiels , accompagnées d'hémorrhagies du côté des poumons, du nei, des lèvres etc., tels sont les principaux accidents qui surviennent dans cescon* ditions [et qui font partie de cet ensemble de symptômes que , dès le quinzième siècle , Da (^sta décrivait sous le nom de mal des montagnes. Un travail récent de M. Lortet* éclaire d'un nouveau jour la question complexe du mal des montagnes ; les recherches de l'auteur ont porté sur les perturbations que présentent les fonctions de respiration , de circulation et de calorification , à mesure <{u'on s'élève sur les hautes montagnes; Vanapnographe (voy. § iO>, p. 499), le sphygmographe et le thermomètre à maxima avec index jàt Walferdin , ont servi à recueillir les données nécessaires pour cette étude].

100. Ck>mpra8tion des gaz. Loi da Mariette. — I^s gaz ne sont pas seulement susceptibles d'ôtre raréfiés , on peut aussi les comprimer. Cette compressibililé des fluides aériformes , de même que leur expansibilité en quelque sorte indé finie , est une conséijuence nécessaire do la pix>priélé générale que possèdent les corps gazeux de ne pas avoir de volume qui leur soit propre. Pour raréfier un gaz il suffit de diminuer la pression (|u'il supporte ; on le comprime, CD augpnnentant , au contraire, la pression.

Nous avons vu que les couches inférieures de l'atmosphère sont plus comprimées que les supérieures ; mais la compression de Tair peut être poussée Wsi plus loin, à l'aide d*appareils appropriés. En modifiant légèrement la disposition des machines qui servent à faire le vide , on peut les employer a la compression des gaz. Pour transformer, par exemple, la machine pneumatique de laFig.8? en machine de compression , il suffit de renverser le jeu des soupapes B et D,ei de les faire ouvrir de haut en bas: si nous soulevons alors le piston, la soupape B se ferme, sous l'influence du vide qui U»nd à s»» prothiire dans le corps de pompe , tandis que , |)ar la même cause , la soupape D s'ouvre et donne accès

* IX>KTET. Deux Mconaionfl «u Munt-Blmic eu lë61); recherches physiologiques sur le wêX des (Lyon méii'alf 1869, t. III, p. 7U).

à Tair atmosphérique dans l'intérieur de l'espace compris entre les deux soupapes. Quand on abaisse ensuite le piston , l'air contenu dans le corps de pompe est comprimé ; par suite, la soupape D se ferme , la soupape B s'ouvre el cet air est chassé dans le récipient R. Kn répétant, à plusieurs reprises, co double mouvement de va-et-vient du piston , on amène l'air du récipient au degré de compression voulu. [Ici , toutefois , comme dans la machine pneumatique, la présence de V espace nuisible limite le degré de la compression.] Dans les machines de compression , le récipient consiste ordinairement en un fort vase métallique qu'on visse solidement sur la platine, car une cloche de verre comme celle cpii est employée dans la machine pneumatique n'offrirait pas une ténacité suffisante pour résister à la force élastique de l'air comprimé.

On peut obtenir une compression encore plus énergique , en soumettant au poids d'une colonne de mercure une masse gazeuse renfermée dans un espace ressenré. Soit, par exemple, B b (Fig. 90) un tube recourbé en U à branches inégales ; la petite branche b est fermée à sa partie supéneure. Supposons que par la grande branche B, qui est ouverte, on verse du mercure de manière à emprisonner un «rtain volume d'air daijs la petite branche et qu'on s'arl'Wge pour que le niveau du liquide soit le même dans les taix branches , qu'il arrive , par exemple , à la division 0 'hn? la grande branche et à la division marquée 10 dans la petite: l'ai^ ainsi emprisonné aura alors une force élastique égale à la pression atmosphérique. Gontiiiue-t-on à ajouter du mercure dans la branche ouverte , l'air renfermé <Un8 la petite branche est comprimé , et il supporte une pression qui surpasse celle de l'atmosphère d'une quantité équivalente au poids d'une colonne mereurielle ayant pour Iwuteur la différence des niveaux du mercure dans les deux branches ; on voit dans la Fig. 90 le niveau du mercure par- ^^nu à la division 5 dans la petite branche et à la division ^ dans l'autre; la différence, 70 centimètres (en support que ces divisions représentent des centimètres) , ajou- ^^ à la liauteur barométrique normale , 76 centimètres , "mesure la pression supportée par l'air emprisonné en b. Si Jadiirérence des niveaux était de 70, de 2 X 76, de 3 x 70 <^ntimètre8 etc., la pression correspondante serait égale à 2 , •^' 4 etc. atmosphères.

L'air ainsi comprimé diminue de volume à mesure que ^ pression augmente, et on constate que : /es volumes ff^mpés par une même masse gazeuse sont en raison inverse des pressions Ttt'dfe supporte. Tel est l'énoncé de la loi connue sous le nom de loi de Ma- ^vtie, du nom du savant qui Ta découverte. — \)c cette loi on conclut immédiatement que la densité dhin gaz est proportionnelle à la pression qu'il *w/)poWe; car on sait que la densité d'un corps est, à poids égal, en raison inverse de son volume, et il est évident, d'autre part , que le poids de l'air eni-

pnsomié dans la petite branche b du tube de Mariette est constant.

Fig. 90. — Tubo de Mariotte.

[Eu appelant V le volame d'une masse gazeuse, H la pression qu'elle supporte, Y luiue du la même masse sous une autre pression H\ on a, en vertu de la loi de Mi

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