DE LA PB8ANTF0B
C'ètaitlà un nouveau progrès. NéaontoiDS tous ces instruments, appliqué) à la mesure de In tension artérielle, portaient avec eux deux causes d'erreur nievitables. I^ colonne mercurielle s'élève et s'abaisse en suivant Ict variations de la pression ; mais, en vertu de la vitesse acquise par la maat du mercure, l'oscillation dépasse les hauteurs niaxima et minimi cori-espoudantra aux pressions réelles du sang et empècbe d» connaître exnctenÉeiit les valeurs extrêmes de la tension artérielle. T>e li), une première cause d'erreur signalée par M- GuetteL
La seconde, mise en lumière par M. Marey, rend tout aaià
inexacte la détermination de la tension moyenne. En effet, dau
l'évaluation des forces qui font osciller un manomètre, pour qH
la nioyenne arithmétique des hauteurs maxima et minima cor-
responrlantes aii\ positions extrêmes de la colonne mercurielle ffit
^ale h la moyenne dynamique oh analytique, il faudrait qm
l'ascension el la descen'e de cette colonne se fissent d'un mouïf-
ment parfaitement identique : or, la simple observation d'un mano-
niètre quelconque appliqué au système artériel montre que l'u-
c^nsion du mercure est beaucoup plus rapide que la descente.
Aussi y a-t-il lieu de mettre en dosH
l'exactitude de la conclusion de Poiseuill»
prétendant que la tension moyenne est 11
même dans toute l'étendue du système ir-
tériel ,
La transformation, £aite par Ludwig.di nianomélre h mercure en appareil enregiitreur. sous le nom de cyniographe « kymographion, a remédié à cette seconde cause d'erreur avec une approximation sutfi-iante pour que M. Volkmann ait po (• 1. 1. c, Totar^Bipit ii-.ii.->i»i.'iiik»ii».; tirer une conclusion inverse de celle* B. . ^u, •««•e^ "• Poiseuille. Mais le cymc^raphe laisse sub-
sistiT le premier défaut, en sorte quTl lionne des indications -erronées pour les valeurs maxima et minima. La modification à l'aide de laquelle ùidwi^ a obtenu un appareil enr^istrenr consiste il ajouter, dans la brandie libre du manomètre, un flotteur surmonté d'une tige; celle-ci porte un pinceau qui, placé en regard d'u" cylindre vertical tournant d'un mouvement uniforme autour de w» axe, y dessine les oscillations sous forme de courbes sinueuses.
M. Volkmann a fait servir ces courbes à ta détenu inatiuu de la teusio» moyenne, à l'aide du [inKeilé usilê en niéléorolngif. dans un but anal(^- Le p/(i)ii»ie/r(f de Wetli, celui iVAnisler. |ou Vintégromètre de Depret] instruments destinés h nu-siii-er l'aire des surfaces irrégulières, permeUait de trouver la tension moyenne avee une rapidité et une précision encow plu>- grandes,
Kn lf<5S, M. Marey, dans son manomètfe-compensateur (fig. SI), l cheivlié à supprimer ilu in-'-nie coup les ileux oauws d'erreurs par la siœplï iiileriiostiiuii u'un lui»' capillaire entre les deus branches du manontètredi Ma^endie. 1^ résistance que ce tul>e capillaire oppose au mouvement dl
HYDRODYKAHIQUS
B pour effet de faire monter le iiiveaudu liquide par petites saccades iiD point tel, d'après l'auteur, que la longueur de la colonne souproportionnelle à la durée de la pression ; les oscillations ont alors l'amplitude qu'elles sont oégli- L'adjonctiou d'un tube manumè- "dinaire permettrait d'obteuir en Qps les v^eurs extrêmes de la leuerreur relative à la vitesse acquise itait pas pour ce second tube. .
a même époque, Claude Uernaril ; son manomètre différenlîel,
mesurer la différence de ten^inn ux artères. C'est un siraplL' lubi' tenant du mercure, et dont les iIlux
sont mises en rapport chacune
artère différente.
62, MM. Ctiauveau et Marcj ont UD appareil enregistreur foiiiié 'iwv )e de la transmission des pi'cssinuâ inveloppes élastiques, par l'intei me-
l'air ; la première idée de l'applie ce principe à l'expérimeutatioLL fîque est due à Ch. Bulssoti. Deux i élastiques remplies d'air cnnitnitîntre elles par un tube fli-xilile:
3 exploralHce est introl8 le vaisseau dont on veut
la tension ; l'autre am li a la forme d'un petit
port*; le levier du sphyge de Marey {fig, 82), dont I inscrit ses mouvements
rface d'un cylindre tournant. L'air de l'appareil transmet aq tam- ■riplfur la pression exercée sur l'ampoule exploratrice. M. Marey
imfWDUlaar da lUny.
- I.cviar du polygraplie
a ce dispositif, le nom de polygraphe, parce qu'on peut s'en or enregistrer toute espèce de mouvement. Kick a imaginé un cymographe à ressort fondé sur le principe du re métallique de Itounlon. La pièce essentielle de cet appan^il eur cousiiite eu un ressort creux, ii section elliptique et recourbé en '«De des extrémités est ouverte et en communication avec l'inté--
tv
rieur du vaisseau sanguin au moyen d'un tube; l'autre extrémité est fermée et mobile. On remplit d'alcool l'intérieur du ressort, et d'une solution de carbonate de soude le tube de communication. Quand la pression augmente dans l'intérieur du manomètre, le ressort se redresse ; il s'enroule dans le c^as contraire. Les mouvements de l'extrémité mobile du ressort mA transmis à une pointe écrivante, par l'intermédiaire d'un système de leviers, dont la disposition rappelle le parallélogramme de Watt et a pour bot d'amplifier le mouvement et de le rendre rectiligne. Un cylindre tournant enregistre les tracés décrits par l'appareil. Ce cymographe métallique se gradue par comparaison avec un manomètre à mercure à air libre; il ne {Uirait pas entièrement à l'abri des erreurs résultant de la vitesse acquise I>ar lt»s pièces en mouvement.]
(jKnfin M. Marey s'est servi, dans ses dernières recherches sur la tension artérielle, d'un ap|)areil fondé sur un principe analogue à celui du cymographe de Fick et auquel il donne le nom de manomètre métallique inscripteuK.
Vue capsule de baromètre anéroïde a (fig. 83), remplie de liquide, est mise en communication, tl'un côté avec l'artère soumise à l'expérience, au moyen
du tube p, de l'autre avec un manomètre à mercure m destiné ï donner la valeur absolue de la pression et à contrôler les indications du manomètre inscripteur.
La capsule a est renfermée dan»
un vase métallique rempli d'eau jusqu'au milieu de la hauteur d'an gros tube de verre qui le surmonte t't que le tube t met en communication avec un tambour à levier inscripleur. Tout changement de pression transmis à la capsule a fait varier le vv»îume de cette dernière et, par suite, le niveau de IVau dans le vase métallique : il eo résulte. jH^ur l'air contenu dans le tambour récepteur, des comprissions et «les dilatations qui sont inscrites par le levier. Cet appareil, .î'aj n^*s les exj>èriences comparavive-i iit- M. Marey, est celui qui Unir, tirait les i\ îuat:^ :;> '.«s ;'Ii> ;\:u^< M^. MIMm ft âi^H^iU mfkêjts ymr Msirtr U flUw éirMliMl ta tâif.
— ;lVv.\ îi*.t^!*.v^î s : r: .c::\drn^ o-t été imaginées j>our
:;" ;• -"..î •; »anè. Je le^ désignerai • ;-' -r.t^tli'^ie *^pti*fue, V' • :i»ivn iappareils relativement '.->:v.vl *.»u i.>pere. elle n'est appli-
fVk S^î
là vites^* du i\^v*var,î <,iVj:'.;y
* do tnetlu* -.0
iX el U stvUou du \,i;ss'Mu >..
HYDRODYNAMIQUE 175
L'hémadromomètre de Volkraann consiste en un petit tube métallique
Iroit qu'on interpose entre les deux bouts d'une artère coupée transversalement, et qu'on fait communiquer latéralement avec les deux extrémités
l'un tube de verre en U. Deux robinets, à triple ouverture, logés dans le 4ibe métallique, sont disposés de façon à tourner en même temps et à laisser )asser le sang, soit dans l'un des tubes, soit dans l'autre. L'instrument étant îD place, on fait couler le sang dans le tube rectiligne; puis, tournant lubitement les robinets, on note le temps que l'extrémité de la colonne sanguine, reconnaissable à sa couleur, met à parcourir une longueur lonnée du tube en U préalablement rempli d'eau salée. Cet instrument, le laveu même de son auteur, est défectueux : par suite de ses coudes et lésa longueur, il introduit dans le système circulatoire une résistance nouircUe; en revanche, il est vrai, la vitesse qu'on mesure ainsi est celle d'un :ourant qui reconmience, consécutivement à un arrêt brusque ayant dû produire un choc de bélier hydraulique.
En 1858, M. Vierordt a imaginé son hémotachomètre, fondé sur le principe du pendule hydrométrique des hydrauliciens. Cet appareil se XHnpose d'une caisse quadrilatère, étroite, dont deux parois latérales apposées sont en verre. Cette caisse, préalablement remplie d'eau, porte lins son intérieur un petit pendule qui est dévié par le passage du sang ; ine pointe d'argent, fixée au pendule et tenue constamment appliquée roûtre la paroi de verre, indique la déviation i, de laquelle on déduit la
ritesse par la formule : r = A ^ tg i ; k est une constante qu'on détermine îxpérinientalement, en faisant passer dans l'instrument, avec une vitesse îonnue, un liquide de propriétés physiques semblables à celles du sang.
L'hêinotachomètre a donné des valeurs peu différentes de celles qu'à roavées Volkmann. Mais, dans les artères, la vitesse suit les mêmes variakms que la tension, de sorte que le i)endule oscille et ([ue l'instrument D'Iique seulement les maxima et les mininia.
Pour obtenir la vitesse moyenne, M. Vierordt a transformé son hémotaiH)mètre en appareil enregistreur, en prolongeant au dehoi's de la caisse I lige du pendule, sous forme d'unt^ aiguille, qui va tracer ses oscillations urun cylindre tournant, comme dans le cymographe de Ludwig.
En 1860, M. Ghauveau, dans ses recherches sur la vitesse du sang, en oUaboration avec Bertolus et M. Laroyçnne, s'est servi d'un hémadromoletre analogue au précédent. Le tube métallique ouvert aux deux bouts, a'un interpo.se sur le trajet de l'artère préalablement divisée (fig. 84, 1), rweiite à sa partie moyenne une petite ouverture quadrangulaire fermée ïr une mince membrane de caoutchouc bien tendue. Au milieu de cette lembrane est pratiquée une petite fente, à travers laquelle passe une fuillt' extrêmement légère en aluminium (fig. 84, T'*) ; la partie qui foit liUie dans l'intérieur du tulx? est aplatie; h^ bout (extérieur se meut devant tt demi -cercle divisé en degrés. Le courant sanguin dévie raignille d'une aaiitité en rapport avec sa vitesse, comme dans riiéiiiotachoniètre d(» iw)nll.
En 18I>7, M. I^rtet a perfectionné rinstniment de Cliauveau, p;;i* nljonction d'un mécanisme enregistreur, (»t en a l'ait un heinadè'uinol'aithe. Iji figure 84 représente cet appareil associé à un sphf/f/ééionvope
lie Mni-ey, qui |.eniiel du recueillir le tracé des pulsations du vaisseau i lequel on expérimente, en même temps que l'hémadromograplte enregistn tracé de la vitesse du courant sanguin.
•■îUï
II. .Vt*/Aii(/f ofitù/ih-. ■-■ ij'ti.' iiiètktHlo Sfraploio ilans des cas où ni^tluxtc In <]i\)iiliqu<- est i: :\y\AwAhU-. notamment pour détenntner la rib dan» IfS oapitliuiv*. ;i iviuiilion toutefois qut> ceux-ci soient logés ilaDt partira tntn^ivin'^ i. s, 1 1> Itti^•lvs^vî.■ i-,T:iiet aîors df suivre un glob Kiu^iiiu et do iii.'^»ir<'r r.-p>u-f quii i-iiiviuirt . ■. un t<'mps donné.
Ku lîsxl.M. \ i.T»'i>!t l'-t |ar\ 1-1,11.1 (■v.duir.sur lui-même et sans inil lUt'Ul. la ' ilt sm' do la » iiviilatioii 4M[ ilîaiiv : u.t'ttant à profit le pbéuoi»
HYDRODYNAMIQUE 177
particulier de la vision connu sous le nom (Vimage vasculaire de Pnrkinje, il a vu les globules sanguins circuler dans les capillaires de sa propr** rétine et a pu en mesurer la vitesse de déplacement. Ce procédé a A)Dnê (les résultats peu différents de ceux qui ont été obtenus sur les animaux, à l'aide du microscope.
Haies avait cru pouvoir calculer la vitesse du courant sanguin, en supposant qu'elle était due à la hauteur manométrique qui indique la pression lalérnle. Les développements dans lesquels nous sommes entré relativement aux lois de l'écoulement des liquides dans les tuyaux de conduite, montrent avec la d(Tnière évidence que, non seulement la vitesse du courant 7i'est pas (lue il la hauteur de la résistance, mais qu'elle ne peut même pas en être déduite.]
|S4^ Force motrice et travail mécanique di c(Bar. — S'il est une question sur lâqn<»ll»* les physiologistes aient été peu d'accord, c'est certainement celle de l'évaluation delà force du cœur : depuis les 180.000 livres de Borelli jusqu'aux 45 grammes de D. Bernoulli, toutes les valeurs intermédiaires ont été données. Ces divergences proviennent en majeure partie,* du sens difr«nMit que chaque auteur attache à l'expression force du cœur. Pour jet r (pudique c'arté sur ce sujet, il importe de poser nettement le problème €t(|»'bietï définir la nature des quantités qu'on veut évaluer.
'>r. dans toute machine, on a à considérer:
i* La force motrice ou la puissance : c'est la force qui produit le nionv^Mnent après avoir vaincu la résistance. On la représente par un poids.
T 1^ travail mécanique accompli par la force, ou le travail moteur : cV>t reflet produit par la force motrice.
On a choisi pour unité de travail, le kilogrammètre, c'est-à-dire le pnxluit de l'unité de force (le kilogramme) par l'unité de longueur (le ïiiélrHi; cette quantité représente le travail correspondant à l'élévation de I kiio^rpaniine à la hauteur de 1 mètre.
I. Force motrice du cœur. — Elh» est représentée par le poids d'une c»loi,!iM sanguine de hauteur //, qui correspond à ce qu'on nomme la éfir(jé\ (Mi hydrodynamique.
Le jKÛds de cette colonne mesure la pression que les parois du cœur «ertvnt sur le sang qui y est contenu, et en vertu du principe de Végalité de l'action et de la réaction, il est aussi égal k la pression supportée par la surface interne du cœur.
lit force motrice et la pression supportée par le cœur sont donc 't'ux quantités équivalentes, et on peut prendre indifféremment l'une pour l'autre. C'est là ce que quelques auteurs désignent sous le nom de forcé itatique du cœur.
Haies évaluait le poids de la colonne sanguine en lui donnant pour section la surface interne du ventricule; Poiseuille ne tenait compte que de laire de l'oriflce aortique. Or, ce ({u'il importe avant tout de connaître, :esl la pression supportée par Tuniié de surface; il faut donc calculer le pofcls ifun cylindre de sang ayant une section de 1 centimètre carré et une laut*'ur //. Si Ton veut ensuite connaître la pnîssion totale supi)ortée par le ventricule, on n'aura qu'à multiplier le poids ainsi (d)tenu par la surface intrieure de cette cavité.
WoHDv.|foMOTBB, I*hjt. méd., s* édit. Vt
La hauteur manométriquo trouvée dans Taortc ne représente pas la chai'ge totale S; elle ne donne que la hauteur R correspondante à la somme des résistances que le nog éprouvera dans tout son parcoui*s à travera le système circulatoire ; il faut y ajouter la chai'go h qui produit la vitesse d'écoulement à l'orifice de soi*tie. Mais cette vilesM oc pouvant être calculée que par une méthode peu précise, il est préférable d'aller roeMirer la pression H directement dans le cœur même; c'est ainsi qu'ont procédé MM. CbaoTeii et Marey, à l'aide de leur sphygmographe comparatif et qu'ils ont trouvé les nombiti suivants, exprimés en millimètres de hauteur mercurielle :
Oreillette droite 2«",5
Ventricule droit 25n>«,0
Ventricule gauche 125">",0
Les valeurs absolues de ces nombres semblent un peu faibles, mais leur comparaison suffit à montrer la grande différence de force des deux ventricules ; celle du ventricule droit n*est qu*environ 15 de celle du gauche, fait en rapport avec la différence de masse masculaire des deux cœurs et avec la différence de résistance des deux circulations.
Bernoulli n^avait évalué que la hauteur corrcsiM)ndante à la vitesse d'écoulement, comm si l'écoulement se faisait par un orifice en mince paroi; c'est là ce qui explique la potiteue du nombre qu'il a ti'ouvé.
II. Travail mécanique du cœur. — Les lois de la mécanique nous apprennent que, dans toute machine, le travail moteur T^ est égal au travail utile T„ plus le travail résistant T,.
ï„=T,-f-T,. (il
C'est là le princii)e de la Iransmissiojt du travail.
Or, le travail est le produit de la force, ou du jwids qui la mesure, juir le chemin piircouru suivant sa direction, ou bien, ce qui revient au même, la demi-variation des forces vives (cf. § 25).
Dès lors, m étant la masse du sanj^ chassé par une systole du ventricule
et r la vitesse d'écoulement au niveau de Torifice aortique ou pulmonainf,
le travail utile sera :
r* Tu = m — , \;2)
carie sang est primitivement au repos dans le ventricule; il n'y a doncpai lieu de parler de sa vilt»sse antérieure.
D'autre pari, le travail de la insistance est la différence entre le travail moteur et le travail utile. Or, nous aurions
en désignant pur V la vitesse que pi'oduirait la cliarg»» totale //, s'il uj avait pas de résistance à vaincre.
Doix : I, . ,^- 1 1 -' - r) -^ p -^^ ,
en nvnplaçuit ni par sa va^*ur ou tonctiou du poils p du sanj: et «le l'intensité ff de la jH^sauttuir.
Mais t»!i voi-tu du thisMvme •*(* T riivlîi, ini a ;
A étant la liaulfur de la \ite>se ellWtiv» : par suito.
HYDRODYNAMIQUE 479
m désignant par R la hauteur do la résistance. On obtient ainsi :
'rr=pR. (A)
Donc, le travail moteur que nous clierchons
T^ = m^-hpR (5)
En remplaçant m, la masse du sang par sa valeur —, il vient :
Telle est l'expression algébrique du travail du cœur par systole.
Si l'on proiul, par exemple, les valeurs cori-cspondanteH au ventiiculc gauche, savoir :
p = Okç,180; 72 = 2"»: r = 0m,5 (Ghauveau),
01 iTïMive : T„ = 0kpn,362,
«• qui veut diiv que le travail effectué par le ventricule gauche, à chaque systole, est cquirilpiit à celui qui est nccessaii*e pour élever 362 grammes à la hauteur de 1 mètre, ou, ce qui iwieut au même, 1 kilogramme à la hauteui* de 362 millimètres.
li* travail <lu ventricule droit est beaucoup plus])etit, puisque la hauteur de la résistance ■V #!«t guère que 1;5 de celle du ventricule gauche.
LVxpppjision que nous venons de trouver pour le travail du cœur ne représente que son triTtil |»ar systole; si Ton veut avoir le travail par seconde, il faut multiplier la valeur prér^ilente par le nombre des battements accomplis dans Tunité de temps.
i)n doit conclure des recherches do M. Marey que le ti'avail du cœui' est sensiblement ooottaut dans les conditions physiologique.^.]
{H'. EésisUice prodntte par la di8€(mtiiiiitté des colonnes capiUalrat. — Qu'on se représente une colonne liquide renfermée clans un tube capillaire et interrompue sur une longueur plus ou moins grande par une bulle de gaz : à chaque extrémité de cette bulle, la surface libre <lu liquide formera un ménisque, concave ou convexe, suivant que le tube sera mouillé ou non.
Dans un cas comme dans l'autre, si le tube a le même diamètre intérieur aa niveau des ménisques, si les pressions qui s'exercent en amont et en aval delà bulle ont la même grandeur H ei des directions opposées, les surfaces da liquide auront la même courbure ; par suite, les composantes normales de la tension superficielle (cf. § 72**) seront égales entre elles — soit JV leur valeur commune, — et la bulle se tiendra en équilibre, comprimée dans les deux sens par la somme (tf -f- iV).
Supprisons maintenant que la pression qui s'exerce sur le liquide augmente d'un côté seulement, en amont do la bulle, et soit h la hauteur de cet excès de pression : la courbure du ménisque situé du même côté deviendra ïaoindre, si la surface est concave ; la composante normale de la tension «ttperfifrielle diminuera, et prendra la valeur {N — ;*)» ^^ ^^^'^^ ^^^ l'excès de pres.sion transmis au gaz de la bulle S(»ra, non pas A, mais seulement •A — n). O't accroissement de pression aufrmentera la courbure du second ïn^ii<H}ue, et, par suite, la composante normale de sa tension superficielle qui il«'viendra (.V -f- n),
I/excês de [iression transmis au delà du seconri ménisque s*» trouvera
ainsi diminué d'une nouvelle quantité n' et se réduira à (A — n — n'), car la seconde composante normale agit en sens contraire de la première.
Il est évident que, si (n -h n') = A, l'excès de pression transmis as delà (le la bulle sera nul, et l'équilibre subsistera comme si les pressions hydrostatiques qui agissent en amont et en aval étaient égales. Qu'à la suite de la première bulle, on en intercale de nouvelles en nombre de plus en plus grand, de manière à transformer la colonne liquide en une sorte de chapelet composé d'index liquides alternant avec des bulles de gaz, chaque bulle ae comportera à son tour comme la première, à mesure qu'on augmentera b charge. Dès lors il sera toujours possible de faire équilibre à une presaioi rlonnée, quelque grande qu'elle soit, en divisant la colonne par un nombre suffisant de bulles; M. Jamin a pu aller jusqu'à trois atmosphères (plui de 2 mètres de mercure ou 31 mètres d'eau), sans parvenir à vaiucPB la résistance d'un chapelet d'eau et d'air. On a donc, dans la formation de ces chapelets, une cause de résistance capable d'empêcher ou d'arrêter récoulement d'un liquide. — I^i surface de contact de deux liquides non miscibles affectant aussi une forme courbe, on con(;oit que la division d une colonne de l'un d'eux par les gouttes de l'autre puisse devenir, comme les chapelets d'air, une source de résistance.
On voit que des bulles gazeuses ou des gouttes liquides peuvent produire le même effet qu'un bouchon solide obstruant la lumière du tube.|
|§ 84<. Théorie des embolies gueuses etUquides. — Les effets mécaniques des chapelets de liquide ef de gaz mélangés ou de liquides différents (cf. §81*) expliquent tout naturellement le mécanisme des accidents mortels produili par les embolies gazeuses ou liquides.
<( Lorqu'une grosse veine voisine du cœur, la jugulaire par exemple, est ouverte, il arrive souvent qu'au moment de l'inspiration, de l'air pénèUf (huis la veine, par suite de la diminution <le pression dans la cage thortcique. Quand la quantité d'air introduite est trop forte pour être dissoute es totalité par le sang avant d'arriver dans les poumons, une mort subite esllt conséquence fatale de cet accident; la mort est due à l'arrêt de la circulati» pulmonaire, arrêt déterminé par la formation de chapelets de bulles d'air dans les capillaires du poumon. On vient de vcdr que la présence de o« chapelets offre une résistance qui croît avec le nombi*e des bulles, el II arrive un moment où la force de contraction du cœur n'est plus à même da surmcmter cette résistance.
u Les mêmes accidents peuvent être occasionnés par le séjour dans un tir comprimé et se manifester lorsqu'on revient à la pression atmosphérique or.linaire. En effet, une pression supérieure à celle de l'atmosphère augmente la quantité de gaz diss<jus dans le sang; puis, si ce surcroît de pression f^ brusquement supprimé, l'excès de gaz dissous se dégage subitement, enverti des lois de la solubilité tjazeiisf\ (hms toute l'étendue du système vascalaire, et l'accident signalé [Ans haut se jn-oduit : c'est ainsi que le professeur Rameaux, de Strasbourg, a ex|di<iuê, (iii 18()i, les cas de mort sulwto observés dans les travaux ([ui nécessitent l'emploi de l'air comprimé '••
Des embolies liquides, aussi funestes que les gazeuses, peuvent êlne
^| MoNOTfcH, Appliccitiona des Sci^tuet phyui'jucf aux (fiioritt de la ctrculatto^ Striftb., lrt3>
HYDRODYNAMIQUE 181
produites parle dépôt <lans les vaisseaux sanguins de gouttelettes de chloroforme, consécutivement aux inhalations prolongées de ce médicament, ou à l'ingestion du chloral. La graisse liquide donnerait lieu aux mêmes effets, si elle parvenait à pénétrer dans le système circulatoire. J
[M'. Lfepbo-dyitmlqw. — « Le système lymphatique peut être considéré comme une annexe du système veineux, prenant naissance dans l'intimité les tissus par un nombre infini de petits vaisseaux en communication directe à leur origine avec les interstices auatomiques, et présentant la disposition ramiiîèe du système veineux; les capillaires lymphatiques, en e(fet, se réunissent successivement les uns aux autres et finissent par constituer deux troncs principaux, le ca7îal thoracique qui se jette dans la veine sous-clavière gauche, et la grande veine lymphatique, souvent multiple, qui se rend dans la veine sous-clavière droite. Les lymphatiques renferment dans leur intérieur, de distance en distance, des valvules d'une di^)osition spéciale, qui s'opposent au reflux du liquide.
f La force qui opère l'écoulement de la lymphe et du chyle est multiple : c'est, d'une part, la pression latérale du sang qui détermine une transsudttioD continuelle de sérosité dans les espaces lymphatiques, et, d'autre part, la force osmotique qui remplit les chylifères des sucs élaborés par la digestion ; il y a là une double force continue constituant la vis a tergo. Une autre cause, très puissante suivant les physiologistes, réside dans la contractilité de l'enveloppe qui, en raison de la présence des ralvules, chasse le contenu des lymphathiques vers le canal thoracique. (h sait que les lymphatiques des reptiles portent, de distance en distance, des poches musculaires, véritables cœurs lymphatiques, qui établissent ine certaine analogie entre le cours de la lymphe et celui du sang. La coutraetion des muscles environnants agit de la même manière que celle des parois lymphatiques. A toutes ces causes s'ajoutent les mouvements respintoirea : l'inspiration appelle, par aspiration, la lymphe dans le thorax ; Teipiration la chasse du réservoir de Pecquet, par suite de la compression (n'exercent les muscles abdominaux. Une valvule puissante, située à l'orifice du canal thoracique, s'oppose au reflux du sang veineux.
« La vitesse d'écoulement de la 'lymphe augmente à mesure qu'on l'éloigné de l'origine des lymphatiques, par la raison que le calibre général fiminue. M. Colin l'a trouvée égale à 2*,5 par seconde dans le canal thoracique d'une vache. ^*> »
Oo voit que la circulation lymphatique complète la circulation sanguine, en recueillant le liquide que la pression latérale fait filtrer à travers les faruisdes vaisseaux sanguins, et en ramenant ce liquide dans le torrent sanguin en un point où la tension est devenue presque nulle. Le système Ijrmphatique opère un véritable drainage des liquides épanchés dans les tissus et les fait rentrer dans la circulation générale. |
^' MoBOTu, AppUcatiom det Sciences phytiquet aux théorie$ tfe la circulation. Strasb-, 1803.