‹ Traité élémentaire de physique médicaleChapitre 84 sur 205 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

TAUTOPUONES '*'

1 123. Téléphones et microphones. — Oa appelle téléphones <Ies insti «lestinés à transmettre à grande distance lt»s sons et, eu particulier, ceux la voix Iminain(».

^ i) C'est à-dire rtpéiaM les «oiM. — Le chapitre IV tout entier a été i\)oaié à b

INSTRUMENTS d'ACOUSTIQUE 297

Les microphones augmentent, en outre, Tintensité des sons transmis.

Les tubes acoustiques, dont il a déjà été parlé (cf. § 110**), peuvent être considérés comme les premiers représentants des téléphones ; mais le principe sur lequel ils reposent, excellent pour de petites distances, devient impraticable lorsque les deux postes à relier se trouvent un peu éloignés fan de l'autre, car le diamètre des tuyaux doit croître assez rapidemment iTec leur longueur.

C'est à M. Bell que revient l'honneur d'avoir imaginé et construit le premier téléphone reproduisant la parole à de très grandes distances. L'in- Teotion du microphone est due à M. Hughes.

Classification des téléphones. — On a apporté plusieurs modifications 1 l'appareil primitif de Bell et des téléphones nouveaux ont été imaginés fur des principes différents. On peut classer les téléphones aujourd'hui connus comme l'indique le tableau suivant:

I I k transmission par la chaleur . . j Thermophones de Bell et de

' f Mercadier.

à transmission par la lumière. . Pholophoneàsëléniumde Bell.

ià pêsistanca va- i Téléphones de Bell, dEdison riaWe de Salet, d'Ader etc.

\ Micro-Téléphone de Hughes,

à résistance cou- î Téléphones de Bell, de A.Bre* stante. / guet.

^ à transmission mécanique. . . . Téléphone à ficelle.

.. Musicaux } Téléphones de Riess. d'Elisha

\ I Gray, de W arley, etc.

Nous n*ayons pas à faire connaître tous ces appareils ; il nous suifira de décrire sommairement un représentant de chacun des groupes du tableau précédent.

Téléphone de Riess. — Les courants électriques, si commodes pour la répétition des signaux à distance, ont été utilisés par plusieurs physiciens pour la reproduction des sons musicaux. MM. Froment et Du Moncel en 1853, l(. Pétrina, de Prague, en 1856, indiquaient déjà la possibilité d*arriver à ce résultat; en 1860, M. Riess, de Friedrichsdorff, a fait construire, le premier téléphone vraiment digne de ce nom.

Le transmetteur de cet appareil se compose essentiellement d'une membrane de caoutchouc, arrangée en interrupteur électrique et vibrant à Tunisson de chaque son émis devant elle. Ce dispositif permet d'envoyer I un fil de ligne, jusqu'à un poste éloigné, un courant qu'interrompt chaque vibration de la membrane. Nous avons indiqué (cf. § 108') le ïrincipe du récepteur de ce téléphone fondé sur le phénomène découvert par Page. Des appareils du même genre ont été construits par Warley, en 1870. >ar Elisha Gray, en 1874.

Ces dispositions ingénieuses, imaginées d'ailleurs en vue des transmissions aultiples et simultanées des signaux télégraphiques, ne conservent que la onalité du son émis; Tintensité et le timbre n'interviennent en rien dans ÎDterruption du courant; aussi, la voix humaine ne pouvant agir sur la pansmission que par la hauteur du son qu'elle émet, en résulte-t-il que la arolc3 n'est pas reproduite dans le récepteur. De là le nom de téléphones lusioaux donné aux appareils de ce genre.

Téléphone à ficelle. — La -transmission de la voix au moyen du télé-

388 ACOUSTiQDE

phone h ficelle '". n'est connue que depuis le travail de M. Wcinholil, da Cliemiiitz. eu 187:2. Qu'on imagine deux cornets en far blanc, fermés cbtcu par uuB niembraue au centre de laquelle est axée l'un des bouts d'une mèw ficelle. Si on parle de\'aiit l'un des cornets, les vibrations de l'air, eiige&> drées i>ni' les paroles prononcées, se communiquent h la membrane, paa à la ficelle préalablement tendue, à travers laquelle elles cheminentjiuqii) la membrane du deuxième cornet qui les répète exactement et les traoïsiet, par l'interiiiédiaire de l'air, à l'oreille de l'observateur.

Cet appareil constitue ce que M. Bell appelle un téléplioue artictUatû. . Mais ce n'est là, à vrai dire, qu'un jouet scientifique; la transmission à de grandes distances exige que le fil puisse être suspendu en divers poinli et, chaque support absorbant une partie des vibrations, riutensité du son u poste récepteur d«?vient rapidement trop faible pour être perçue.

Téléphone de Bell. — Cet appareil, imaginé en 1870, est représentéa 3 coupe sur la figure 139. 11 se co:npose d'une rondelle de tôle maintenue u place entre deux pièces de bois réunies par des vis de pression. La piéei antérieure représente une sorte de cornet, dont la forme rappelle celle du stéthoscope ordinaire ; étant approchée de la bouche, elle sert à recueillir et à envoyer sur la rondelle métallique une plus grande somme d'énergie vibratoire; la pièce postérieure, moins importante, puisqu'on a pu la sup-

?ia, 139. - TaléphoQ* da Bsll (Coapi lougi

primer dans les téléphones de démonstration, protège les diverses parties de l'appareil. Derrière la région centrale de la plaque de tùle et à une laible distance, se trouve un aiinant rectiligiie dont l'extrémité antérieure est tùtour<>e,sur une petite longueur, d'u ne hobine d'induction. Le fil de la bcAine. qui émerge du téléphone par l'autre extrémité, est mis en commuDicatioQ iTcc le fil d'un siiaind appiri'il i lenlique au premier. Comme pour le téléphone à ficelle, le transmetteur etle récepteur ne diffèrent donc en rien l'na de l'autre, et l'appareil est absolument réversible.

On a donné du téléphone la tliéorie suivante : la plaque de fer vibre i l'unisson de tout son émis devant elle; ses déplacements déterminent dti vnrintions corrélatives dans le niagnélisine de l'aimant, et les courants ioduU

qui, par suite, prennent naissance dans le fil de la bobine, ont une intensité, «oe durée et un ordre de succession dépendant rigoureusement de Tamplitsde, du nombre et de la forme des vibrations de la rondelle. Ces courants, tranimisparle fil de ligne au téléphone récepteur, y provoquent des variations dins la quantité de magnétisme de l'aimant; il en résulte, pour la plaque aimantée correspondante, des vibrations exactement semblables à celles du ion émis. La voix humaine se trouve ainsi reproduite à distance, avec con- •erration de la hauteur et du timbre. Quant à l'intensité du son à l'arrivée, die est certainement en rapport avec celle du son émis, mais elle ne peut lui éfre égale, le transmetteur ne recevant qu'une faible partie de l'énergie vi- Iratoire initiale. D'après les expériences de M. Demoget, de Nantes, TintaLsité du son téléphonique serait environ 1.500.000 fois plus petite que celle du son émis.

La théorie précédente est au moins incomplète, car elle ne suffit pas pour eipliquer toutes les expériences instituées à la suite de la découverte de H. Bell, dans le but de déterminer exactement le rôle des diverses parties de l'appareil.

M. Du Moncel n'a pu observer aucun mouvement vibratoire à la surface f un liquide placé sur la plaque d'un téléphone récepteur ; toutefois M. Blacke a constaté qu'un index porté par ce diaphragme traçait sur un finregistreur une ligne légèrement ondulée. Mais ces mouvements, probableiieot dus à des effets d'attraction magnétique et de réaction élastique qui l'exercent sur la tôle, ne paraissent pas être la cause principale de la reproinction des sons. M. Hughes, en effet, a construit des téléphones récepteurs Uns lesquels l'intérieur de la bobine renfermait deux barreaux aimantés léparés par un corps isolant; l'expérience a montré que la reproduction do a parole est plus parfaite quand les pôles de nom contraire des aimants se Touvent placés tous deux en regard de la plaque, bien que les effets attractifs le ces pôles soient alors en désaccord. D'ailleurs, M. A. Bréguet a pu faire Kirler un téléphone dont la plaque avait 15 centimètres d'épaisseur, et K. War^'ich a constaté que la parole était encore perçue lorsqu'on remplaçait 1 rondelle magnétique par des diaphragmes en étain, en plomb, en zinc, m acier, eu verre, en bois, en liège ou en pierre. M. Spottiswod d'abord, I. Warwich ensuite, ont été plus loin : ils ont supprimé toute plaque ibrante, et l'expérience leur a montré que la parole était encore reprohiile; l'intensité du son, il est vrai, est alors plus faible et les articulations ittaquent de netteté.

D'après cela n'est-on pas en droit de penser que le téléphone articulant le Bell ne diffère pas essentiellement du téléphone musical de liiess? îtosTun comme dans l'autre, le son paraît être reproduit au moyen de ibrations moléculaires déterminées, dans le sein de Taimant, par des îwrauts interrompus ; la plaque, animée de mouvements de même nature, îJtdès lors utile, mais non indispensable, et l'on comprend que l'emploi de liaphragmes multiples superposés produise sur les sons transmis un renfor- «oent qu'on ne saurait expliquer dans la seule hypothèse d'attractions exerçant sur la plaque magnétique. La supériorité du téléphone Bell Miterait surtout de la form» du transmetteur et, par suite, de laréverîiMlité de l'appareil.

TUtphoQS d'Ecuo» i«in|i< longiLu

Téléphone d'Edison. -~- Le transmetteur (fig. 140) diffère de celuidi tèléplione Bell eu ce que l'électro-aimant est remplacé par un disque il \ charbon pressé entre deux b- !

mes de platine et traversé pv < UD courant de pile ; uq cutfi !

solide, on contact avec la Uh ' supérieure et avec la plaquedi ^ tôle, transmet au disque lesiv brations du sou émis tlevMl l'appareil. Le courant, aprii avoir traversé le charinn, ^k comme inducteur à travers iM bobine dont le courant iodil est envoyé dans le réceptaoTi lequel ue diffère [las essentidWment de celui de Bell. On emploie cette disposition, parce que rexpêrieXI a montré les courants induits beaucoup plus favorables que les vollaïqui aux transmissions téléphoniques ; l'avantage provient surtout, d'afril M. du Moncel, de la faible durée des courants itiduits et de la périolidri de leurs inversions. Les ftt^ sions variables que subit!

charbon, pendant qu'on jodl devant la plaque, sufèud pour faire varier la réiiitaoce de ce disque au p»

sage du courant voltaifi et pour engendrer ainsi di courants induits qui dètai minent dans le récepteorlf reproduction des paroles pn> nuni;ées devant le traDUi^!

teur. ,j

On peut transformer It transmetteur d'Edison m Uivrmoscope d'une grasM sensibilité en supprimant h plaqje et en exerçant M pression sur le disque dicharbon au moyeu d'une lil' micrométrique : si od i^ procbe alors la main, la faible dilatation uccasioniiée dans les diveitf pièces de l'appareil par la ctialeur rayonnée niodiAe la pression d'aM quantité suftisanle pour que le courant varie <rintensité ; l'ugaft (l'un galvanomètre placou dans le circuit dévie, en effet, de plusiNS degrés.

La tigure lil représente le téléphone dn W Uoudet : le diifli de charbon du l'appareil [irécédent est remplacé ici par six petites spUM de la même substance, disposées en âlo dans le tube T; une vis exttfîaM

- TU4|.liai

T permet de les presser plus ou moins fortement Tune contre l'autre, et de régler ainsi la sensibilité de l'instrument.

Pholo-téléphone de Bell. — C^et appareil, imaginé par M. Bell en 1880, 0t fondé sur une propriété du sélénium, que M. Willoughby Smith a bit connaître en 1873: la résistance offerte par ce métalloïde au passage fou courant électrique est d'autant plus faible que le corps est exposé h «ne lumière plus intense. Si donc on fait tomber un rayon lumineux intermittent sur un crayon de sélénium traversé au même instant par courant dont le circuit comprenne un téléphone à résistance constante, variations de conductibilité du sélénium correspondront des variations fiotensité du courant, et le téléphone chantera. On peut obtenir Tintermittecedes radiations lumineuses au moyen d*une roue dentée tournant devant ne source de lumière : le téléphone fait alors entendre un son continu.

Pour reproduire la parole, MM. Bell et Tainter projettent sur le sélénium Il lumière solaire réfléchie par un miroir plan, en verre très mince, derrière bfiiel on parle et qui constitue le transmetteur. Les vibrations de la voix • communiquent, par un tube jouant le rôle de porte-voix, au miroir qui vend, sous cette influence, des courbures variables: de là, des variations sorrespondantes dans le degré de concentration des rayons réfléchis ; par nite, la quantité de lumière que reçoit le sélénium passe par une série de ■axima et de minima,dont le nombre et la grandeur se trouvent en rapport ■ict avec les vibrations des sons émis. On comprend que dans ces condiioos le téléphone du poste récepteur reproduise les paroles prononcées lerrière le miroir.

L'expérience réussit encore lorsqu'on interpose, sur le trajet du rayon mineux qui seul relie les deux postes, une cuve d'alun destiné à arrêter Bi rayons calorifiques; mais on n'obtient qu'un résultat négatif avec une olntiou d'iode dans le sulfure de carbone, qui absorbe la lumière et laisse ■sser la chaleur. C'est donc bien l'effet du mouvement lumineux sur le âénium que le téléphone transforme en vibrations sonores; la lumière est a la cause première, mais non immédiate, delà production du son.

Thermo-téléphones. — Quelques mois après Tiiivention du photophone, f. Bell, d'un côté, M. Mercadier, de l'autre, imaginaient en même temps un Blq>hone d'un nouveau genre et constituant la solution la plus simple, si 0 D'est la plus curieuse, du problème de la transmission de la parole à Bstance.

Le transmetteur ne diffère en rien de celui que nous avons décrit pour le àotophone; le récepteur est uniquement constitué par un morceau de gaze «couverte de noir de fumée et tendue sur un cadre contre l'ouverture d'un wnet acoustique. Un faisceau de rayons calorifiques, réfléchi par le miroir b transmetteur, tombe sur le récepteur; comme dans l'appareil précédent, t concentration du faisceau réfléchi change continuellement sous l'inhence des vibrations sonores émises derrière le miroir, et les quantités nrîables de chaleur reçues et absorbées par le noir de fumée provoquent Itt dilatations et des condensations successives dans la masse d'air qui ■ remplit les pores ; de ces effets résultent des vibrations sonores repro intant les paroles prononcées.

Presque toutes les substances peuvent être employées dans la con-

ACOCSTIQUE

struction du récepteur, mais le noir de famée, en raiiioii de son pouvoir absorbant considérable, donne les meilleurs résultats.

Microphone de Hughes. — Il se compose d'un crayon de charboD dt cornue à gaz C (fig. 143), dont les extrémités (aillées en pointe abattissent Ji des crapaudiiies creusées dans deux autres morceaux decharbu, A et B, implantés eux-mêmes dans une planchette verticale en bois; le totf est porté par une seconde planchette horizontale, munie, eu guise de piedi, de deux tuheii en caoutchouc, ayant pour but de soustraire l'appareil k l'influence perturbatrice des ti-épidations du meuble qui sert de soutien. Oi fait passer à travers les charbons le courant d'une pile P dont le ciraÉ comprend un téléphone T. Le crayon C est simplement maintenu dans k

verlicale, sans avoir ï supporter de presiioi , comme dans le télèt^un d'Ëdison; aussi les moôdres ébranlements om> muniqués à l'appareil o^ casionnent-ils, eu B il surtout en A, des varit* tions de contact sntl* santés pour modifier l'iitensité du courant éltetrique et pour actioiuMV le téléphone.

En remarquant, ant M. Warren de la Rii^ que le téléphone chaail' sous l'action d'us coorot d'intensité égale à cdt d'un élément Daniell qui aurait traversé un million de kilomètres de filtâègraphique.on admettra sans peine que les changements de pression et d'étendue qui surviennent dans les contacts des charbons puissent dèterroiaV dans le courant de la pile annexée à l'appareil ,des variations bien supérieures h cette intensité-là. Le téléphone récepteur rendra donc des «al plus forts que s'il était actionné par un de ses congénères; il renforçai' même les vibrations qui agissent sur la tablette hurîzoulale. Avec It microphone, on peut, en effet, entendre le bruit que fait une mauchect marchant sur la tablette, bruit absolument imperceptible à l'oreOli nue.

Bien que l'appareil de lluglies soit surtout impressionné par les ébrUlements communiqués à la tablette liorizontale, il peut cependant fonctionaff comme transmett^'ur téléphonique: il sufflt ponr cela de parler & une petîli' distance du crayon vortical C Mais, sous cette forme, il ne constitue pas iB bon réceplfur, et M. Hughes a imaginé dans ce but un autre dispositC' Le téléphone ainsi construit diffère notiblement de ceun que nous iTOli décrits et la tliTOrie en est encore moins connue. Il n'y a plu», en <Aii^' que des variations d'intensité du courant pour transmettre les vîbfatkM si complexes de la voix, et le peu qu'on sait de la nature de rélcdti*

Fio. 149. — Uicrophoned» E

dté ne permet pas encore de donner la raison scientifique des résultats obtenus. I

[IM*. AppUcatioiis du tèlèphtme et da microphtme. — Le nombre en est déjà con- Élérable, bien que l'invention de ces instruments soit de date récente, et foB peut prévoir l'importance qu'elles prendront un jour, lorsqu'on aura imagiDé les perfectionnements que le temps seul permet d'apporter aux Doorelles découvertes.

Dans plusieurs grandes villes, Paris, New-York, Londres, Lyon, etc., des Sociétés ont été fondées pour mettre leurs divers abonnés en commulîcation téléphonique constante, et on avait installé, à l'exposition d'élec- Iridté de Paris, des téléphones du système Ader, qui ont permis d'entendre iana les bâtiments du Palais de l'Industrie les représentations qui avaient iea à l'Opéra et au Théâtre Français.

H. Hughes a utilisé le téléphone pour la construction d'une nouvelle Mance d'induction. Au moyen de cet instrument, M. Warren de la Rue a Ifaontré l'intermittence des décharges d'une pile dans un tube vide et IL Spottiswode a étudié l'état sensitif de la décharge électrique.

La médecine et la chirurgie ont aussi bénéficié de ces belles découvertes; et résultats obtenus jusqu'à ce jour et que nous allons faire connaître lermettent de fonder des espérances sérieuses sur le nouveau moyen Pinvestigation mis à la disposition des physiologistes et des cliniciens.

Applications médicales du téléphone. — Les expériences de M. Deaoget ont appris que le son perçu dans un téléphone n'a que 1/1.500. 000 de Intensité du son émis. L'appareil ne saurait donc servir aux cliniciens pour ^itode des bruits respiratoires, cardiaques, musculaires, etc.; les microihones, amplificateurs du son, peuvent seuls être utilisés dans ce but. Mais I aensibilité du téléphone aux faibles courants et aux plus légères variaions de leur intensité, jointe à la propriété qu'il possède de séparer nette lent dans leurs effets des actions qui se succèdent avec une rapidité itrême, en font un instrument précieux en physiologie.

M. d'Arsonval a montré, en effet, que le téléphone constitue le meilleur les galvanoscopes connus : on excite une patte de grenouille, préparée à la laoière ordinaire, au moyen de l'appareil à chariot de Siemens et Halske, • on éloigne la bobine induite jusqu'à ce que le nerf ne réponde plus à '«citation; si, à ce moment, on remplace la patte par un téléphone, ce ktnier fait entendre un son intense qui persiste jusqu'au moment où la tobiïie est h une distance 15 fois plus grande que celle pour laquelle J patte cesse d'être excitée. « En admettant pour l'induction, comme «pour les actions à (hstance, la loi des carrés inverses, ajoute l'auteur, on « îoit que le téléphone est au moins 200 fois plus sensible que le nerf. »

U. Marey a utilisé le télêplione pour l'étude de la décharge des poissons laclriques; il a pu confirmer ainsi les résultats que la méthode graphique fi avait précédemment fournis, à savoir que cette décharge se compose Tuie série de flux discontinus. Une excitation légère en donne une dizaine fmae durée totale de 1/15 de seconde environ; mais si on pique le lobe kciriqae du cerveau et qu'on lance dans un téléphone la forte décharge bri obtenue, on entend un son voisin du mi, d'une durée totale de 3 a 4 Beou4^8« ce qui accuse le passage d'environ 105 flux successifs.

Enfin M. Fick,de Wurzbourg, a imaginé d'employer le téléphone comme appareil excitateur des nerfs et des muscles : il suffit pour cela de mettre ces organes en communication avec les extrémités des fils d'un téléphone devant lequel ou parle. M. Ficka constaté ce résultat curieux que certaines voyelles, 0 et U par exemple, déterminent dans le circuit des courants plus intenses et agissent, par suite, plus énergiquement sur les nerfs.

Applications médicales du microphone. — L'emploi du microphone pour rétude des bruits intra-thoraciques, musculaires et autres a présenté des difficultés qni paraissent aujourd'hui heureusement surmontées. Tant que l'usage de l'instrument est resté limité à la transmission de la parole, il n'était pas nécessaire qu'une disposition particulière permît d'en faire varier la sensibilité d'une manière lente et continue ; il fallait, au contraire, que cette condition fût réalisée dans les appareils destinés à l'auscultation des bruits de diverse nature et d'intensité différente qui se produisent dans l'organisme humain. De plus, la grande sensibilité des microphones offrait souvent un inconvénient, car l'appareil était impressionné par tous ks bruits extérieurs dont leffet se superposait a celui des sons à étudier; il importait donc de limiter autant que possible l'étendue du point soumis k l'exploration et de trouver un mode de fixation qui empêchât la transmission au microphone des ébranlements provenant de causes étrangères k celles qu'on avait en vue.

Les appareils qui répondent le mieux à ces desiderata ont été imagiDJi par le î)^ Boudet qui s'est spécialement occupé de cette question; non empruntons ce qui va suivre à l'ouvrage qu'il a publié sur ce sujet.

aj Stéthoscope microphonique. — M. Van Ermangen et M. BouM ont fixé le microphone dans l'intérieur d'une ventouse, afin que Tapparei fût plus complètement soustrait à Tinfiuence des bruits extérieurs ; des métalliques traversant la paroi de la ventouse lançaient dans les char bons un courant voltaïque, sur le trajet duquel se trouvait un télépb Avec ce dispositif, M. Boudet a pu entendre, dans l'auscultation du cœor» « les claquements valvulaires, le frottement du sang contre les parois di (K Torgane et le bruit musculaire qui accompagne ses contractions. 11 « même possible de distinguer les bruits auriculaires des bruits ren « culaires. Lorsque l'appareil est bien réglé, on entend très nettement « contraction de l'oreillette; le rythme des bruits cardiaques se rapp « alors beaucoup de celui que l'on désigne en patliologie sous le nom dl « bruit de galop. »

Mais l'usage d'un semblable appareil exige une habitude assez graote aussi M. Boudet a-t-il songé à lui donner une forme qui, tout en lui coiwr* vant ses principaux avantages, V'. rendit d'un maniement plus facile. Li nouveau stéthoscope microphonique est représenté sur la figure 143. Le» crophone se compose d'un premier charbon C, mobile autour d'un passant tout près du centre de gravité de ce levier oscillant; Tune d» extrémités est munie d'une petite aiguille aimantée, tandis que TastlV repose sur un second charbon G', <mi forme de disque, fixé au centre d'i membrane T, cmi vessie de porc desséchée ; crdle-ci est fortement tendu obture l'ouverture supérieure d'un tambour transmetteur. Une vis M, TextréniiU!» a été aimantét», lîermet de régler la pression de C sur C ^^J/lfy

INSrRUMBNTâ d'aCOUSTIQUE 305

aule, la seitsibilité de riustrunieiit; on n'a qu'à faire varier la distance à bquelle réagissent les deux masses magnétiques en présence, la pointe d> U vis et l'aigiiille 'du charbon oscillant. Le tambour est muni d'un tube

H caoutchouc terminé par un embout d'ivoire ou de corne B, servant ^explorateur et qu'on applique en un point donné de la poitrine.

Le même appareil peut servir k l'étude des bruits de la circulation; 3 suffit de substituer k l'embout ]i la pièce A qui représente une sorte de tambour fermé par une membrane; bien tendue, au centre de laiiuelle on ■ 4xé, avec un peu de cire, un bonti>n d'ivoire qu'on applique sur le trajet ii vaisseau k explorer. Le courant voUaïque desliné à traverser les charbpoii est fourni j>ar une petite pile P au Milurure d'argent ; celle-ci es'. Bi&niiée, avec le microphone, dans une hoir»; dont un des côtés porte deux poopêfs métalliques auxquelles on lu les fils conducteurs aboutissant km léléplioue récepteur.

bf Sphygniophone . — Cet inslrufeeut,s{>écialemeutdestniéàrexplo- Blton de l'artère radiale, est repré- •Enté âg. 144. Il est formé d'une lliqae d'ébonitc légèrement con- CiT«en dessous, et munie de di:ux aOetU-a latérales, L, qui portent des ffochets destinés à permettre la iuiiunderapj)areil au moyen d'un nban, comme pour le sphy^mo- ^nphti de Marcy. lîn ri'wsurt nn'- Uli(|ue en forme de lame E, Hxè ■r l'un ries bords de la plaque, porle à son extrémité libre le •htrbon inférieur II du micro- j,.,,. ^

|houe. I.!*" charbon supérieur D est Mpendu autour d'un axo transv^'rsat que p< ■ème à une vis C; cette dernière est mobili

lili.rgmniiboDC du

te une cliape, reliée ellflbiiriziintaleinent entre les branches de la pièce H qu'on peut élever ou abaisser le long

VnxwfUvsaw, Ph}(.-aitd. t- Mit. SA

de la colonne verticale A h l'aide d'une deuxième vis V. Le contad deux charbons est assure au moyen d'un morceau de papier écolier I en forme de V et faisant office de ressort, ce qui permet, en outre, à 1 V de régler la pression des deux charbons et par suite la sensibilit l'appareil. Une deuxième lame métallique F disposée parallèlement e1 dessous de la première, porte un bouton explorateur K qui pa: travers une ouverture centrale pratiquée dans la plaque d'éboni fait saillie au-dessous. La pression de ce bouton K sur l'artère se au moyen d'une troisième vis G, dont la tête renversée est soutenw le ressort F, tandis que la tige traverse un écrou pratiqué dans l'épai de la lame E. Enfin des bornes métalliques, en communication chi avec l'un des charbons du microphone, servent à fixer les extrémités circuit sur le trajet duquel on intercale une pile et le téléphone récep L'appareil convenablement réglé et fixé, chaque pulsation de l\ sanguine est transformée, par le système micro-téléphonique, en un nettement perceptible. Le polycrotisme du pouls est accusé par le no de bruits correspondants à une seule pulsation; dans les accès de palpiti on entend un bruit rotatoire, analogue à celui de la contraction muscul dans les cas d'intermittence du cœur, les bruits perçus se trouvent se par des intervalles de silence complet, etc.

c) Myophone* — Destiné à l'étude du bruit musculaire, cet ap] (fig. 145) présente de grandes analogies de construction avec le précé Le bouton explorateur B porte à son extrémité supérieure le clu

inférieur du microphone et traverse membrane de parchemin fortement \a sur une embouchure de téléphone. Le bon supérieur D, muni de son resso papier I, est suspendu comme da sphygmophone à un chariot A, qu'on aussi abaisser ou élever à volonté au n de la vis V.

., .,n ^, '! ^ n. o ^ . L^ myophone, appliqué à lexuloi

Fio. Ii5. — Mvophone du D* Boud«t. ,, " ^ * *, * , «^

d une masse musculaire, fait entendre le téléphone récepteur un bruit rotatoire qui caractérise le tonus no la hauteur et l'intensité du son augmentent lorsqu'une contraction \ taire intervient.

L'étude des muscles paralysés comproud deux cas suivant leur et flaccidité ou de contracture. Dans le premier cas, le bruit téléphoniq^ d'autant plus faible que la paralysie» .«'st plus complète ; l'appareil a \ de constater que des muscles, paraissant à la vue complètement ir tables, étaient encore sensibles à l'action de l'électricité.

Dans la contracture hémiplégique, le bruit rotatoire est plus faible i bruit normal de la contraction volontaire; il est caractérisé pa intermittences d'affaiblissement et de renforcement. La inètne irrégi se manifeste dans la contraction hystérique, mais arec une moindre nution d'inttMisité du bruit, car il n'y a pas en même temps atrophie culain\

Le myophone a montré que le tremblement sénile n'atteint en g

INSTRUMENTS D'ACÛtlSTIODE 307

muscle ou un seul groupe de muscles, les antagonistes se trouvant in état de contraction dont le degré règle l'amplitude des oscillations mbre affecté, sans pjur cola que le nombre des oscillations varie pour îme sujet et pour un même groupe musculaire. in dans l'ataxie locomoLrice progressive, le myophone a permis de lier qu'à la consistance inégale que présentent au toucher les muscles même membre, correspondent des différences considérables dans le de leur tonus.

lalons encore, parmi les applications médicales des microphones, [{ui est relative au diagnostic des calculs vésicaux : M. Thompson ie dans ce but un cathéter ordinaire relié à une pile et à un télé- . Si la sonde introduite dans la vessie rencontre un calcul, le choc

résulte est révélé par un bruit intense qu'on perçoit dans le téléphone eur. Un appareil du même genre pourrait être employé pour la recherche e sein des tissus des corps solides étrangcrs,| ^ ,

>■. Pkategraplu. — Quelques mois k peine après que M. Bell avait lé le téléphone, qui résoutle problème de la transmission de la parole fers l'espace, M. Edison trouvait le moyen de la transmettre, pour lire, à travers te temps, en imaginant le phonographe, merveilleux inuot qui enregistre les sons du langage articulé, pour les répéter e, quel que soit le temps écoulé depuis le moment où Us ont été es. phonographe (âg. 146) comprend : 1° un style inscripteur réuni k

ime vibrante devant laqu<'lle on parle; cette lame est adaptée à une icbure de téléphone E, et la pointe traçante s'élève perpendiculaireh l'extrémité d'un petit ressort métallique parallèle à la lame et t de cette dernière par un fragment de tube de caoutchouc, destiné ismettre les vibrations tout en les atténuant; 2° une mince feuille 1, qui s'enroule autour d'un cylindre P, dont la surface est filetée avec ne pas de vis que l'axe A, A et que l'écrou de l'un des supports T, T ; à ce dispositif, ou peut, k l'aide delà manivelle M, donner au cylindre

uu double mouvement de rotation et de translation, que le volant Y reud sensiblement uniforme, et maintenir pendant toute la durée du mouvement la pointe traçante en regard d'une rainure du cylindre. Dès lors celti pointe, venant à vibrer, imprimera sur les parties de la feuille d'étain teodues au-dessus des rainures des gaufrages qui seront la représentation graphique des sons émis devant la lame vibrante. La pression que [le style inscripteur exerce sur la feuille métallique doit être convenablement réglée au repos ; k cet effet, l'embouchure E est portée par un levier S, quM peut approcher ou éloigner du cylindre tournant, au moyen de la poignée N, et fixer, par une vis de pression, dans la position requise.

Pour faire l'expérience, il suffit d'approcher les lèvres très près de l'embouchure E et de parler à haute et intelligible voix pendant qu'oa fait tourner le cylindre : les vibrations du style tracent alors une série des dépressions parfaitement visibles sur la feuille métallique et la parole est enregistrée. Pour la reproduire, on desserre la vis R, on éloigne l'embouchure et on ramène le cylindre en arrière ; puis on remet rembouchon en place, de telle sorte que cette dernière et le cylindre se trouvent dans h même position relative qu'au début. Si on fait de nouveau tourner k cylindre, la pointe du style suivra nécessairement les dépressions qu'elle l elle-même tracées dans la première partie de l'expérience ; ses déplaceme&ll se transmettront à la lame vibrante, et cette dernière, repassant eiBxHt^*] ment par les mêmes mouvements vibratoires que ceux qu'elle exéculil ' tantôt sous l'influence directe de la voix, répétera les paroles pronoucm On renforce les sons obtenus en plaçant au-dessus de l'embouchure E le cornet C.

Plusieurs savants ont étudié la forme des dépressions produites sur b feuille d'étain, en vue d'arriver a une lecture des tracés phonographiques. M. Mayer a reconnu une identité presque complète entre la forme des tracêi correspondants à un son donné et l'aspect que le même son donne à ubi flamme manométrique de Kœnig, vue dans un miroirtournant. Mais ccdi forme change avec la distance de la source sonore au corps influencé, lam vibrante ou flamme manométrique, car les divers sons simples qui ooêt stituent le son enregistré se trouvent, au moment où ils agissent, dans im relations de phases qui dépendent de cette distance (cf. § 114), si bien qui sera, pour le moins, fort difficile de découvrir des caractères généraux A spécifiques dans les formes diverses qui peuvent correspondre au même soi.

Aucun perfectionnement important n'a encore été api>orté au phonograpki d'Edison: mais le jour où, sous une forme nouvelle, l'appareil sera ddiffrassé de son timbre nasillard et pourra être entendu de tous les pi>intsd*ul salle, les nombreuses applications que l'inventeur a signalées seront autail défaits accomplis.])

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