‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 14 sur 38 · De lâ communication du Magnétisme · texte numérisé non relu

De lâ communication du Magnétisme

902. Nous aTons déjà parlé (879) de Faction exercée par un aimant sur un morceau de fer qui, étant d'abord à l'état naturel , se trouTe ensuite placé dans la sphère d'^ctiyité de cet aimant , et nous ayons tu qu'il acquérai|iui-ménie la vertu magnétique, de manière que sa partie tournée vers l'aimant était dans un état oppo.se à celui du pôle qui avait agi sur die à uqe plus grande proximité. Nous avons maintenant à exposer les difiérens nio^ ens qui ont été imaginés pour porter au plus baut degré possible ce magnétisme acquit par communiQ|tlbi^|jH^ il^ut auparavant donner ime idée d'un résultat qui a lies quelquefois , par suite d'une distribution irrégulière des deux fluides mis en mouvement dans un corps qui passe à l'état de magnétisme.

De^ Points conséquens.

go3. Supposons que AB (Jlg. 16 ) soit un aimant vigoureux qui agisse sur un barreau de fer ntriy pour lui communi^er la vertu magnétique \ l'action de cet aimant , qui dépendra de l'excès B^ de la force du pôle boréal B sur celle du pôle austral A (879), attirera du fluide austral a dans les parties du barreau voisines de n, et repoussera du fluide boréal b dans les parties situées vers m. Ot, deux causes font obstacle au mouvement de ce dernier fluide : savoir^ la difi&culté qu'éprouvent ses molécules à se mouvoir dans le fer , et qui provient de la force coercitive (869) , et la répulsion qu'exercent sur ces mêmes molécules celle du fluide déjà accumulé vers l'extrémité m-y et cette répulsion augmente continuellemeût, à mesure c[ue l'acciunulation va eUe-même en croissant. n peut donc arriver qu'il y ait un terme oii la résistance qui naît du concours de ces deux causes devienne supéjri^re à la/'épulsion de la force V, et alors le fluide s'engorgera , pour ainsi dire; dans quelque point b\ en cédant à cette résistance; et il

84 TRAITÉ J^LÉMENTAiHE

:pourra même abonder tellement dans ce point , que son acUoli produise dans la partie yoisine a! le magnétisme austral.

Le barreau mn aura donc^ dans ce cas^ quatre pôles situés à ^ la suite les uns des autres ^ et qui auront alternativement le magnétisme austral et le magnétisme boréal. On a donné le nom de points conséquens à ces difîérens pôles qui se succèdent dans un même aimant. Il y a une grande différence entre cette succession de pôles contraires et celle qui résulte de ce que les molécules du fer sont autant de petits aimans dont les pôles en contact ont des forces opposées; car nous ayons vu que ces forces sont équÎTalentes à une seule force, qui ne varie d'un point à l'autre que par sqn intensité, au lieu que chaque point conséquent détermine une force réellement contraire à celle que manifesterait sans lui la partie dans laquelle fl réside.

9o4. L'action d'un aimant sur une aiguille qui est déjà à l'état de magnétisme , mais qui n'a que deux pôles, à l'ordinaire, peut être assez forte pour faire acquérir un ou deux pôles de plus à cette aiguille, qui alors aura trois ou quatre points conséquens. Elle peut encore produire un autre effet , qui est lié avec le précédent, et d'où résulte un simple renversement des pôles de l'aiguille ; de manière que le pôle austral prendra la place du pôle boréal , et réciproquement

La circonstance qui détermine l'un de ces effets à avoir lieu plutôt que l'autre , dépend du rapport entre la force du barreau et celle de l'aiguille. Supposons que l'aiguille mn [fig. 1 7 ) étant mobQe sur son pivot , on la présente par son pôle boréal h au pôle boréal B d'un barreau , en la maintenant avec la main . pour l'empêcher de tourner par l'effet de la répulsion. II. pourra arriver que la force B' du barreau (879) refoule tout le fluide h jusqu'à une certaine distance de l'extrémité t», et qu'en même temps elle décompose une nouvelle portion du fluide qui est encore à l'état naturel dans l'aiguille , et attire vers n le fluide austral qui faisait partie de ce fluide naturel. L'aiguille alors aura trois points conséquens , ainsi qu'on le voit {Jig, i8 ), en sorte que si l'on fait passer successivement , vis-à-vis de ses différens points, le pôle austral d'une <^utre aiguille; qui ne soit pas assez forte pour

I>E rJIYSIQUE- 83

clianger l'état de. la première , les deux, extrémités de celle-^i seront repoussées , et il y aura^ eatreFuneet l'autre^ un point tel que b qui sera attiré.

9o5. Mais si le barreau AB {fig. 17 ) est asseï: vigoureux pour surmonter dans tous les points de l'aiguille mn la résistance de la force coercitiye, il pourra se faire qu'il refoule jusqu'en m le fluide boréal de l'aiguille, et attire jusqu'en n son fluide austral , et dans ce cas, les pôles de l'aiguille seront renyersés sans qu il y ait aucun pôle intermédiaire entre les extrémités m y ru

g(>6r L'analogie entre les.aimans et les corps susceptibles de s'électriser par la chaleur, se soutient jusque dans cette espèce d'anomalie que présentent les points conséquens. Nous avons observé une topaze qui, après avoir été chauffée, avait ses deux extrémités à l'état résineux , tandis que la partie intermédiaire donnait des signes d'électricité vitrée (i).

Différences entre Vicier et le Fer doiix , relativement à la communication du Magnétisme.

ycyj. Pour faciliter l'intelligence de ce qui doit suivre , nous rappellerons ici , avec plus de détail , ce que nous avons déjà dit (869) de la différence qu'apporte en général, dans le mouvement interne du fluide, le plus ou moins de dureté du fer. L'acier ne se prête à ce mouvement qu'avec beaucoup de difficulté^ mais aussi dès qu'une fois les deux fluides composans ont franchi les obstacles qui tendaient à les empêcher de se distribuer dans les deux moitiés d'un barreau d'acier , la même diiflculté qui avait retardé cette distribution , s'oppose à l'effet de la force attractive,, qui tend à ramener les deux fluides l'un vers l'autre, et à faire rentrer, par leur combinaison, le barreau dans son état naturel. Au contraire , dans le fer doux , le dégagement des deux fluides se Eût plus facilement et plus abondamment \ mais le retour à

(1} Aouale& du Mostfuoi d'Histoire naturelle , t. I > p. 35o.

86 TRAITÉ ÉLlêMENTAIRE

Pétat de combinaison s'opère ensuite aTec la même facilité y d'oà il suit que le fer doux acquiert promptement jm batft degré de magnétisme , mais qui est moins durable y au lieu que Facier ^ beaucoup plus difficile à aimanter , conserve aussi plus long-temps sa vertu ^ et c'est pour cette raiison que les barreaux d'acier sont seuls employés pour faire les aimans artificiels.

Nous conservons de petits barreaux d'acier de 5 centimètres (près de 2 pouces} de longueur^ qui ont été aimantés il y a environ 5o ans, et qui agissent sensiblement par attraction et par répulsion sur une aiguille déboussole , à la distance de 1 1 centimètres ( environ 4 pouces ). D'aune autre part , nous avons trouvé que des clefs et autres instriunens du même genre ^ qui avaient acquis Faction polaire par la métliode du double contact, q[ae nous ferons bientôt connaître, la conservaient encore en partie au ]x)ut il'uu mois et davantage , ce qui prouve que le magnédsini& du fer doux n'est pas aussi fugitif qu'on aurait pu le croire.

Méthode d^aimanter par un seul Contact

908. Le procédé le plus simple, pour communiquer le magnétisme à une verge de fer ou d'acier , <;onsiste à frotter cette verge avec un }>arreau aimanté ^ dont on. fait glisser un des pôles dans toute la longueur delà verge , en répétant plusieurs fois cette opération dans le même sens. Supposons que le pôle en contact avec la verge soit le pôle boréal du barreau : l'action de ce pôle attire le fluide austral de la verge , et repousse le fluide boréal y d'où il résulte que la partie de la verge en contact avec le barreau tend sans cesse vers l'état de magnétisme austral , et lorsque le barreau est arrivé à l'extrémité et qu'on le retire , la partie qu'il Tient de quitter se trouve dans ce même état de magnétisme.

Le barreau , pendant son mouvement , agissait en même temps de part et d'autre , à une certaine distance y pour repousser le fluide boréal', mais, à mesure qu'il avançait vers l'extrémité^ <pû devait être le terme de son mouvement , il détruisait l'effet de cette action dans les points dont il se rapprochait , et les faisait passer à Tétat de magnétième austral^ d'où U suit ^ù'à la fia dç

son mouTement les parties situées jusqu'à une certaine limite , Ters l'extrémité qu'il rient de quitter, possèdent le magnétisme austral, et les parties ultérieures, situées yers l'extrémité opposée, ont acquis le magnétisme boréal; et ainsi , lorsque la verge restera ensuite abandonnée à elle-même, les deux fluides, pour satisfaire aux conditions de l'équilibre , s'j distribueront de manière que toute la moitié sur laquelle le barreau aura passé en der« nier lieu, possédera le magnétisme austral, et l'autre moitié la magnétisme Ijoréal.

Si l'on fait une nouTelle friction, toujours dans le même sens; elle agira en partie pour diminuer FeOet de la précédente, et en partie pour l'augmenter-, et tant que le second eflet l'emportera sur le premier, la verge continu ra d'acquérir. Mais cette augmentation de vertu magnétique sera très limitée , de manière qu'après un petit nombre de frictions la communication du ma-«

gnétisme s'arrêtera,

Méthode du double Contact.

909. La manière d'aimanter inventée par Micbelli, et à laquelle on*a donné le nom de méthode du double contact j est beaucoup plus avantageuse que la précédente. Pour la mettre en pratique^ on prend deux barreaux aimantés R , S ijig. 19)9 que l'on dresse verticalement à une petite distance l'un de l'autre, de manière que. leurs pôles opposés A > B se correspondent On les fait glisser^ dans cette situation , d'un bout à l'autre de la verge que l'<m \eut aimanter, de manière qu'ils vont et viennent alternativement, sans leur permettre de dépasser 1/ss extrémités de cette verge *, et , lorsqu'après plusieurs frictions les barreaux se retrouvent vers le milieu de la verge, on les enlève suivant leurs directions perpendiculaires à cette verge. Le résultat de cette opération est de mettre cbaque extrémité de la verge dans l'état contraire à celui du pôle inférieur du barreau, situé vers cette même ex-^ trémitc.

910. Pour concevoir l'effet de la méthode dont il s'agit , considérons d'^^rd ce qui se passe dans la partie de la verge qui ré^

65 TRAItB £1£M£NTAIAS

pond à l'intervalle entre les centres d'actions a' et V des pâles in* férieurs , les seuls qui influent y d'une tnaniëre bien sensible , sur le résultat : il est facile de voir que chacune 4epi moléçides de fluide austral y telle que x , renfermée dans cette partie interméniédiaire y est attirée ^ de gaucbe à droite^ par le centre d^actîon boréal h' y et repoussée, d^ms le même sens^ par le centre d'action austral a\ Chaque molécule m de fluide boréal est attirée^ au contraire , de drpife à gaucbe par le centre 4^ ^^ et repoussée^ dans la même direction y par le centre V. Ces effets sont contrariés^ jus* qu'à un certain point , par les actions que les barreaux eiercent sur les parties ultérieures; par exemple ^ le barreau S repousse Ters la droite les molécules de fluide boréal qui sont derrière loi, au lieu qu'il repousse, de droite à gauche, odles qui scmt en ^yant , dans l'interralle. entre les centres. Mais la premiSre répulsion est détruite, en grande partie , par l'attraction contraire de l'autre barreau R sur les mêmes molécules; en sorte que, tout compensé, l'opération tend sans cesse vers son but , qui est, en général , de produire le magnétisme austral dans toute la moitié de la verge située à droite, et le magnétisme boréal dans la naoitié opposée. La précaution que l'on prend d'enlever les barreaux du milieu de la vearge , à la fin de l'opération , sert à £Eivoriser la distribution symétrique des fluides dans les deux moitiés de cette verge abandonnée à elle-même.

911. Il se présente ici une considération relative à la distance requise entre les barreaux, pour que leurs actions aient la plus ' grande influence possible sur l'effet principal, c'est-à-dire, sur celui qui est produit dans l'espace que ces barreaux interceptent La détermination de cette distance dépend de la quantité dont les centres d'action a', V sont élevés au-dessus du barreau A'B^ , qui reçoit le magnétisme. Pour concevoir ceci , supposons que les barreaux étant à une distance quelconque l'un de l'autre, leurs centres d'action se trouvent en a et en & {fig. ao) , et que A'B^ soit toujours le èorps qu'il s'agit d'aimanter. Bornons-*uous à coibsidérer, pour plus de simplicité, l'action répulsive du oentre h sur une molécule m du fluide boréal renfermé dan&Ie barreau K'V. Cette action étant dirigée obliquement, par rapport à la

DE PUYSIQITS. 8g

longueur de ce barreau , qui est le sens suivant lequel le fluide doit être poussé pour arrirer en B^ 9 elle se décompose en deux autres actions ^ l'une sulyant bp perpendiculaire sur A' B^ , et qui est nidk par rapport à l'effet proposé; l'autre suîrant br^ menée parallèlement à à!V jusqu'à la rencontre de mr, perpendiculairQ sur la ligne de jonction des centres \ et cette seconde force contribue seule au mouTement de la molécule Tcrs B'.

Or ^ d'une part, la ligne br augmente, à mesure que l'angle bma est plus ouTert, ou, ce qui revient au même , à mesure que les deux barreaux sont plus éloignés l'un de l'autre ; mais ea même temps l'intensité de l'action de b diminue, k raison d'une plus grande distance entre ce centre et la molécule m. Supposons cette distance nuUe, l'action r^résentée par 6r s'évanouira; supposons^ au contraire, la distance infinie ^ l'intensité de la force de k deviendra séro à son tour. H y a donc, par rapport à l'angle bma ^ voftd, certaine mesure moyennequidonne, pour la force rédile , la plusi grande valeur possible. iEpinus, qui supposait que l'action des forces magnétiques suivait la raison inverse de la simple distance, aVait trouvé quel'angle 6111a était droit dans le cas du maxi" mum; mais, si l'on rétaîUit la véritable loi, savoir, celle qui suit la raison inverse du carré de la distance, on aura 70^ 3i' 44*^ Yfnoflt la valeur de l'angle dont il s'agit (1).

91a. Supposons, par exemple, que les barreaux dont on se sert

(i) Repréientonf la force oUiqne snivanl hm par Fa partie ont de oe(t» ligne, et menons o/^ parallèle à èr; o^sera la qnaniitédont il fiant chaœher le maximum. Soit brzzzx, et rm =11 , et toit < en gênerai le nombire qui indique le degré de la puissance rdative à la loi de Tattraction ou de la répulsion.

Nona aurons om = , ^» vP^ P^^ > ^"^f ^^ bien .. i og Hbm^x, Don^

ég = ^ ' = — , qoantité dont la différentielle égalée 2t

léro, donn«xsaidb^--. )

Si l'on fait 2 2= I, on a x= <iy ce qni conduit au résultat d^AEpînus. Si Ton fait s =3 a , conformément à la Téritable loi , on trouve a\ x\\^'^\i^ d''oii Ton déduit Tangle dont nous avons parlé*

go TRAITE ELEMENTAIRE

«oient dans le même état que le fil d'acier dont nons ayons parlé pins bout (894), qui avait 67 '^"'^•,5 de longueur, et dans lequel les eentres d'action étaient à 22'"*'',5 des extrcmitcs; il faudra, pour obtenir le mascimum d'action , placer les barreaux à la distance respective de 52 millimëtres.

La même Méthode perfectionnée.

9i3. ^pinus a employé la métbode du double contact par un procédé différent , qui consiste à incliner les barreaux en sens con« traire, comme on le voit {^fîg. 21), en sorte que cbacun d'eux fasse un petit angle d'environ i5 ou 20 degrés avec le barreau A' B'. 11 se fondait sur ce que l'on gagne [deux choses dans cette manière d'opérer : d'abord , les centres d'action a' V j qui étaient élevés d'une certaine quantité au-dessus de la surface du barreau A' B' , quand les barreaux qui agissaient sur celui-ci avaient une position verticale y se trouvent beaucoup plus près de hii , et leuF action en estplusçiScace. En second lieu, l'intervalle entre les cen-» très d'action étant considérablement augmenté , en conséquence de l'angle très ouvert que les barreaux font entre eux , cette nouvelle circonstance recule les limites entre lesquelles était resserre l'effet des forces conspirantes y et seconde d'autant mieux l'acti-^ vite de ces forces.

914* Mais ces avantages étaient balancés, jusqu'à un certain point, par l'inconvénient qu'avait l'opération de produire souvent, dans le barreau A' B', des points conséquens , dont l'action, quoi* que peu sensible, ne devait cependant pas être négligée, surtout lorsqu'il s'agissait des aiguilles de boussole , dont la perfection tient en partie à l'unité de leurs pôles. Pour concevoir l'inconvé-^ nient dont il s'agit, supposons que les barreaux AB , en se mou«* vantdeA'vers B', soient parvenus au milieu du barreau A' B'. Soit rz ime perpendiculaire abaissée du' centre d'ii.ction de A sur ce dernier barreau. Une molécule % de fluide boréal, située à là droite de cette perpendiculaire , est fortement sollicitée à s'en approcher , en vertu de l'action des deux barreaux AB ; mais en même temps une molécule fl du même fluide , située à la gauche de 1%

DB FHTSIQUS. gi

même perpendiculaire, est attirée en sens opposé; et cSelte action n'est plus sensiblement détruite par la force contraire du centre V y comme dans le cas où les barreaux AB sont situés vertical»ment Or , il peut arriver que le fluide «, / se soit tellement accur mujé dans l'espace qu'il occupe, que lorsqu'ensuite les deux barreaux continueront leur mouvement , la force coercitive du barreau A' B' ne leur permette de refouler vers B' qu'une partie du même jduide. Il se formera donc dans l'espace is im pôle bojréal qui, à son tour, pourra faire naître un pôle austral dans l'espace voisin, situé vers F, ce qui introduira dans cet espace une espèce de force perturbatrice , par rapport à celle de l'extré? mité B'.

Pour parer à cet inconvénient, G)ulond), aprës avoir posé les deux barreaux AB sur le milieu du barreau A'B', en les inclinant comme faisait JEpinus, les tire en sens contraire l'un de l'autre, jusqu'à une petite distance de l'extrémité la plus voisine , puis reconmienoe, en partant toujours du milieu. De cette manière , les forces des centres a' et h' étant plus divisées , sans cesser d'être CQnspirantes , ne produisent plus ces accumulations de fluide d'où résultent les points conséquens^

Moyea d'aimanter fortement deux Barreaux

d'acier,

gi5. n est important, pour le succès de l'opération que nous venons de décrire, d'avoir en sa disposition deux barreaux doués d'une puissante vertu magnétique. Or , c'est' à. l'aide de la méthode elle-même que l'on peut se les parocurer. Pour y parvenir, on en prend quatre, égaux et semblables, dont deux au moins doivent avoir un commencement de magnétisme. On dispose les deux autres parallèlement entre eux^ comme M , N {Jig* 22) , et l'on applique contre leurs extrémités deux parallélipèdes T , T de fer doux , de manière que l'ensemble présente la figure d'un rectangle. On se sert ensuite des deux barreaux R, S qui sont déjà dans l'étatmagnétiquc; pour communiquer la même vertu à l'un

ni TRAITE ELEMENTAIRE

des premiers barreaux^ tel que M, en employant la inéthoJe d'^pinus^ ou y si on l'aime mieux , celle de Coulomb. Ce barreau ficquiert des pôles dont les positions sont indiquées sur la figure^ ^ déjà l'autre barreau N , en yertu de la oommunicaticm qui Rétablit entre lui et le barreau M y par l'intermède des contacts^ reçoit lui-même un commencement de magnétisme ^ et fl est far cile de conc^oir que chacun de ses pâles correspond au pâle contraire du barreau M y comme on le yoit encore sur la figure. Après un certain nombre de frictions , on retourne le barre$iu M, sans changer la disposition de ses pôles ^ et l'on répète l'opération sur l'autre face. On fait des frictions semblables sucœssiyement sur les deux faces du barreau N , en observant de renverser les positions des pôles des barreauxfi, S , parce que ceu:!^ du barreau N sont eux-mêmes situés en sens contraire des pMes du barreau M. Cette opération terminée , on substitue les barreaux R^ S aux barreaux M, N^ et l'on se sert de ces derniers pour augmenter la vertu des autres. Lorsqu'on jugera que la communication du magnétisme est parvenue à son dernier degré, on emploiera de préférence les barreaux qui auront reçu les dernières frictions, pour aimanter des aiguilles d'acier et d'autres corps de la même espèce.

On seconde l'effet de cette opération y en y faisant concourir les deux autres barreaux comme moyens auxiliaires. On dirige alors ces barreaux sur une même ligne, comme on le voity^. a3, à une distance moindre que la longueur de l'aiguille que l'on veut aimanter, et l'on donne a celle-ci une position ab qui répond k l'intervalle entre les deux barreaux , de manière qu'elle repose sur eux par ses extrémités.

Si les barreaux M, N {fig, aa ) avaient déjà un certain d^ré de magnétisme, il est évident qu'il faudra les placer d'avance dans les positions respectives analogues à celles que représente la figure, où les pôles de diflerens noms se répondent du même côté.

916. Supposons que, par un moyen qudconque, les barreaux M, N soient maintenus dans une position invariable, par rapport à eux-mêmes et à l'un des contacts T \ et qu'ayant suspendu ver-

DE ^HYSIQUB.' gj

ilcalement cet assetoblage, de manière que le point d'attadie soit du côté du contact fixé, on place à l'endroit de l'autre contact une pièce de fer doux^ garnie inférieurement d'un crochet^ comme ceQe qui est en dessous de l'aimant PS {Jig, a4 ). On pourra, en suspendant différens corps à ce crochet, éraluer le poids que l'aiïnant est capable de porter en vertu de ta force attractive. Cest sur ce principe que sont construits les aimans artificiels^ tout# la différence consiste en ce que l'on substitue aux barreaux M , N {Jig, 2a) deux faisceaux de lames d'acier , que l'on a d'abord ai' maùtées séparément, et que l'on a ensuite réunies de manière que , dans, chaque faisceau, elles fussent contiguës par les pôles de même nom. Coulomb a fait exécuter de ces aimans, qui pesaient environ dix kilogrammes , ou vingt livres, et dont la force était équivalente à un poids d'environ cinquante kilogrammes, ou cent livres (i). Dans les petits aimans, le rapport s'accroît entre le poids dé l'assemblage et celui de la charge. Ingen-Housz cit# un de ces derniers qui portait plus de cent fois son propre poids p et ajoute que M. Knigt lui avait dit qu'on pouvait aller beaucoup au-delà (2).

Des Armures.

917. Les aimans naturels que l'on soumet à Texpérience dans l'état od ils étaient, en sortant du sein de la terre, ne manifes^ tei^t communément qu'un médiocre degré de magnétisme , qui est même susceptible de s'affaiblir par succession de temps. On a conçu l'idée heureuse de leur associer des lames de fer doux nommées armures , qui étant soumises continuellement à l'action des pôles auxquels elles sont appliquées, exercent sur ceux-ci une réaction capable non-seulement de leur conserver leur vertu , mais même de la faire croître dans un grand rapport.

918. Avant d'armer un aimant, on le taille en parallélépipède restanglePS {fig. 34) de manière que si l'on conçoit un plan qui

■ (i) Meiaoires de rAcad^mîe des Sciences j 1789, p. 5o5. (a) Nonv. Ezpér. eiObserv.sur di?ers objets de Pbysiç[iie, 1. 1, p. 339.

g4 •rHAÏTÉ iBtiSMËKl'ÀIllfi

passe à ^gak distance de deux faces opposées , paraUelement à ces mêmes faces , les deux moitiés interceptées par ce plan seront dans deux états difiërens de magnétisme , comm^ celles d'un barreau aimanté. Chaque armure fh ouf h' , a la forme d'une équerre dont ime des branches fyf y qui est plus longue que l'autre , et que l'on nomme la jambe de l'armure , s'applique contre une des faces dont nous Tenons de parler ; et l'autre branche h y h' qui est le pied de l'armure ^ s'applique contre la face adjacente , que l'on peut considérer comme la base du parallélépipède. L'armmre ne recouvre cette base que sur un espace de quelques millimètres de longueur.

919. Analysons maintenant l'effet de l'armure qui répond , par exaoqple, au pôle B de l'aimant La force de ce pôle agit pour décomposer le fluide naturel de l'armure *, elle attire le fluide austral dans les parties de l'épaisseur de l'armure les plus voisines de l'aimant , et repousse le fluide boréal dans les parties les plus. éloignées ; et comme elle agit beaucoup plus elEcacement sur la jambe/*, le fluide austral se portera de préférence dans l'épaisseur de celle-ci , et le fluide boréal sera refoulé en grande partie dans le pied A, tant par l'action de l'aimant, que par la*force répulsive mutuelle de ses propres molécules.

Le pied de l'armure acquerra donc l'espèce de magaétîsme qui existe dans la partie correspondante de l'aimant, c'est-à-dire , le magnétisme boréal. On prouvera, par un raisonnement semblable , que les effets contraires ont lieu relativement à l'autre armure.

Or la jambe agit à son tour par un magnétisme austral , sur le pôle boréal de l'aimant, pour y attirer de nouveau fluide, et cet effet n'est que faiblement balancé par l'action opposée du pied de l'armure , qui est à une plus grande distance. Par une suite nécessaire , le pied acquerra un surcroit de force, et c'est en général de cette combinaison d'actions réciproques que dépend l'avantage qu'ont les armures , d'ajouter un nouveau degré d'activité à la force que les aimans ont reçue de la nature.

920. La jambe de l'armure doit être d'une certaine épaisseur, que l'on ne pourrait ni diminuer ni augmenter »ans incoBvéxdent;

DB physique; g5

car si elle se trouraît tellemeat mince > que le paie adjacent de Taimant fut capable d'y attirer une nouvelle quantité de fluide, dans le cas où elle serait plus épaisse , elle ne produirait pas tout son effet. D'une autre part, si son épaisseur excédait de beaucoup la limite jusqu'à laquelle peut s'étendre le fluide attiré par le p6le Toisin y l'autre fluide repoussé par le niéine pôle y passant en partie dans le reste de l'épaisseur , y produirait un magnétisme semblable à celui du même pôle, et dont la réaction sur ce pôle s'opposerait à l'efiet principal II y a donc un certain degré d'épaisseur qui donne, relatiyement à la jambe defarmure , le maximum de magnétismo'contraire à celui du pôle adjacent , et pour le pied, le maximum de magnétisme semblable à celui du même pôle. L'artiste qui veut diriger la construction de l'armure vers la plus grande perfection de l'aimant, doit cbercUer ce degré , auquel on ne peut arriver que par tâtonnement

Page 1