TRAITÉ £L£MEI?TAIRE
réussi avec un excitateur de plomb , mais elle a manqué, lorsque les deux armut«s étant d'argent , on s'est serri d'un excitateur de cuivre. De là il résultait qu'une différence quelconqae entre les métaux qui composaient l'arc excitateur , donnait à cet aro une influence très marquée sur les phénomènes. Mais il fallait éviter d'employer des supports parfaitement identiques, lors même que l'excitateur était d'un métal différent Nous verrons bientôt que ces effets , qui paraissaient si difficiles à omcevoir , tenaient de si prës au véritable principe de la théorie , qu'il serait difficile de choisir des expériences plus propres à le vérifier et à en faire des applications intéressantes.
Premières Théories relatives à l^Eleçtricité
galmnique.
779. Donnons maintenant une idée de la manière dont on a d'alionl envisagé la cause des phénomènes que nous venons d'exposer. Gnlvani les faisait dépendre de ce qu'il appelait \t fluide Mn'ëux éUciriquêf et pensait que les convulsions qu'éprouvait la grenouille, semblables à la commotion que produit la bouteille deLryde, avaient lieu par unrétat^lissementd'équilibre entre deux électricités opposées , Tune positive, l'autre négative. Et comme il avait quelquefois observé qu'un arc formé d'un seul métal agissait sur la grenouille, il ne lui paraissait nullement naturel d'ima-^ giner que ce métal unique put être le siège des deux électricités y et ainsi il ne restait selon lui , d'autre parti à prendre, que de les placer dans l'animal lui-même (1).
11 s'agissait ensuite de savoir si l'une de ces électricités résidait dans le muscle , et l'autre dans le nerf, ou si elles existaient êimultancmcnt dans chacun des deux organes. Galvani , après 4ivoir \cx\Ui inutilement de résoudre la question par des expériences décisives , s'arrêta à l'hypothèse qui lui parut la plus vraîsemlilable. Suivant cette hypothèse , le muscle était le siège des deux électricités \ «a partie intérieure se trouvait dans l'état posi-
{i)De Firibus EUctriciu , in motu mutcuiari Commentar. , p. 31 et 22.
DE PHYSIQUE. g
tif , tandis que sa mrface extérieure était négatire Cétait comme une petite bouteiUe de Lejde, toujours prête à se décharger. Les narfs qui communiquent avec les muscles faisaient simplement l'office de conducteurs*. L'électricité positire passait de l'intérieur du muscle > d'abord dans le nerf, et ensuite dans l'arc excitateur , qui la transmettait à la surface extérieure du muscle y et cette décharge , analogue à celle qui a lieu dans l'expérience de heydt , produisait la commotion (i).
780. Yailli adoptait aussi le concours des deux électricités dans le phénomène des contractions musculaires , avec cette différence , qu'il regardait l'intérieur des muscles comme étant électrisé négativement , et l'extérieur comme étant à l'état positif. (2).
781. Volta s'était d'a]x>rd déclaré lui-même en faveur de cette existence d'une double électricité inhérente à l'animal ; mais il pensait qu'elle agissait d'une manière difiérente. G; célèbre physicien prit une bouteille de Leyde très faiblement chargée, il mit le crochet de cet instrument en contact avec les nerfs d'une grenouille, et fit communiquer la garniture extérieure avec les muscles. Il crut apercevoir que , dans ce cas , la grenouille recevait des impressions , tandis qu'elle paraissait insensible lorsqu'on présentait la bouteille en sens contraire aux deux organes. Il fut porté à en conclure que les nerfs étaient le siège de Télec tricité négative, et les muscles celui de l'électricité positive (3). Galvani ayant eu connaissance de cette explication, la trouva si plausible qu'il se rendit, en avouant néanmoins qu'elle lui semblait laisser encore quelques doutes à éclaircir (^1). Mais la science réservait à Volta une victoire plus digne de lui.
7 82. Un de ceux qui aient attaqué avec le plus d'avantage la thérie de Galvani , est le savant Pfaff, professeur à Kiel. 11 prouva
{}) De yirihu9 Electricité, in motu musculari Commentar., p. 40 ^^ suir,
(a) Histoire de rElectricitc, t. I, p. 58.
(3) Poyez la Lettre de Carminati à Galvani, iniëréé p. 67 et suir. , duu$ le Commentaire déjà cité.
d; Voyez la réponse de Galvani, 2à la fia d a même ouvrage.
lO TRAITÉ ELEMENTAIRE
qu'il s'en fallait de beaucoup que la comparaison entre les organes delà grenouille et la bouteille de Leyde, fût exacte sous tous les rapports. Il citait , entre autres expériences , celle où les deux armures étant appliquées sur le nerf, les contractions ne laissaient pas de se manifester, quoique, dans ce cas. Tare excita* teur qui produisait la déchaîne reposât, par ses extrémités , sur le conducteur de la prétendue machine électrique. Il est facile de juger que cette observation attaquait également toutes les autres manières de eoncevoir le phénomène , qui jusqu'alors ayaient été proposées.
Théorie de Volta.
785. Dans les premières expériences entreprises par Galvani ; les effets étaient dus à l'inQuence de l'électricité ordinaire sur les organes d'une grenouille. Galvani écarta bientôt cette influence, et réduisit tout à une combinaison des mêmes organes et d'un arc métallique. Rien ne paraissait alors si simple que cet appareil. Mais le moment n'était pas arrive, où Volta devait annoncer aux physiciens qu'il ne fallait que des métaux pour mettre en évidence le véritable principe de la théorie. C'est en partant de ce moment que nous allons exposer la marche progressive de nos connabsançes sur le sujet qui nous occupe.
Action mutelle de deux Métaux au contact.
784. On avait cru que , dans les expériences auxquelles on soumettait les grenouilles, l'impulsion donnée à l'électricité dépendait de l'arc animal. Il ne sert, au contraire, qu'à la recevoir et à manifester l'effet , et la véritable cause réside dans l'arc métallique. On avait remarqué que, dans cet arc, la réunion de deux métaux de différente nature était une circonstance importante pour le succès des expériences. Elle l'est au point que c'est le contact de ces métaux qui détermine l'action électrique. Voici donc le fait principal d'où dérivent tous les autres.
785. Si deux métaux différens , isolés , et n'ayant que leur fluide électrique naturel; sont mis en contact, Us se constituent dans
deux état» opposés d'électricité, de manière que. si on les sépare ensuite, l'un donnera des signes d'électricité yitrée, et l'autJre de» signes d'électricité résineuse. Supposons , par exemple , que l'on applique l'un contre l'autre deux disques , l'un z de zinc , l'autre c de cuivre {Jlg, i , PI. i) , attachés par le milieu de leurs surfaces opposées au contact à des cylindres de rerre df^ab , dont l'obseryateur tienne les extrémités dans ses mains , pour que les disques restent isolés. Le zinc , dans ce cas , acquerra l'électricité vitrée , et le cuivre l'électricité résineuse. Cest ce dont on pourra s'assurer , à l'aide du condensateur {Jig, a ) que nous avens déjà décrit (722). Après avoir séparé les deux disques, on portera celui de zinc sur le bouton g\ et en même temps on touchera avec celui de cuivre quelqu'un des corps environnans , pour remettre ce disque dans l'état naturel. On répétera cette opération un certain nombre de fois , afin d'accumuler dans le plateau collecteur , les petites quantités de fluide vitré qu'acquiert le zinc chaque fois qu'on applique les deux disques l'un contre l'autre. Si l'on enlève ensuite le plateau supérieur ab , les pailles de l'électromètre s'écarteront, et la proximité d'un bâton de cire d'Espagne électrisé par le frottement , indiquera dans ces pailles ime électricité vitrée , en les déterminant à se rapprocher. Si l'on recommence l'expérience, et que l'on substitue le disque de cuivre à celui de zinc , en le mettant en contact avec le bouton g^ après chaque application des deux disques, on trouvera que l'électricité des pailles est résineuse.
786. Pour faciliter. l'explication des phénomènes, nous représenterons par l'unité la somme des deux électricités vitrée et résineuse, dont l'une appartient au zinc, et l'autre au cuivre; cette somme, partagée également entre les deux disques, donne I pour la quantité de fluide de cliacun d'eux ; et si , pour distinguer la fraction qui indique l'électricité résineuse, nous lui donnons le signe négatif, l'état du zinc sera exprimé par + i? et celui du cuivre par — ^. Nous Verrons bientôt que les quantités absolues de fluide peuvent varier dans les deux métaux , par l'effet de certaines circonstances. Mais la différence 1 , entre les états des deux disques ^^ reste «onstommeut la mème«