T0M£ IL
5o TRAÎTi ÉLÉMENTAtAÈ
tubp capillaire de Terre, que son extrémité, qui était à peiné visiblfs , se trouvait au niy^u de Ja surface du tube (i). Ce célèbre physicieii, en réduisant ainsi à une extrême petitesse la quantité de métal soumise à l'action de l'électricité, est parrenu à décom* poser l'eau, par une succession de petites étincelles qui sortaient d'un conducteur f^bargé à l'ordinaire. Il a essayé aussi de proTOqner, par des exjbériences du ménie g^nre, le dégagement des deux principes copaposani de l'eau, en employant deux fils métalliques plongés dans ce liquide à distance. Mais il dit ayoîr constamment observé que chacun des deux fils donnait à la fois l'hydrogène et l'oxygène, tandis que l'action de la pile les détermine k se montrer séparément. Jusqu'à présent , il faut l'avouer , l'expérience n'a pas parlé assez clairement pour que la théorie relative au phénomène dont il s'agit ne laisse plus rien à désirer : il faudra de nouveau:;, faits qui puissent servir d'interprètes aux premiers.
S56. Nous ne devons pas omettre de rappeler ici que la pile dont l'action n'avait fait autre chose qu'imiter l'analyse chimique, dans la décomposition de l'eau , a servi depuis , entre les mains du célèbre Davy, à former les premiers anneaux d'une chaîne de découvertes entièrement neuves, qui s'étend sur une grande partie du règne minéral. Toute l'Europe savante a partagé l'étonnement dont il avait été lui-^ème frappé au moment de l'expérience si remarquable oii la potasse, placée dans un courant d'électricité galvanique , montra pour la première fois sa base, ornée de l'éclat métallique que l'oxigène jusqu'alors tenait déguisé sous une apparence terreuse. La nature de ce traité ne nous permet pas d'aller au-delà de cette indication. C'est à la Chimie qu'appartient l'exposition raisonnée de l'importante découverte dont nous venons de parler , ainsi que de toutes les autres du même genre dont elle a été suivie, et des nombreux changemens qu'elles ont apportés dans a nomenclature des substances inorganiques.
(0 Bibliothèque Briianniquc, t. XVIII , p. 33 ei suir.
DJ8 PHYSIQUE. 5l
Influence de V Action chimique sur les Effets
de la Pile.
On ayait observé que quand les conducteurs humides interposes entre les différentes couples métalliques dont la pile est composée, étaient seulement imbibés d'eau pure, il arrivait souvent qu^ils ne transmettaient pas assez rapidement l'électricité d'une couple à l'autre, pour satisfaire à la condition d'un prompt rétablissement d'équilibre entre les états des disques en contact l'un 9vec l'autre, à mesure que le fluide qui s'était développé d'abord dans la pile , en sortait pour se porter sur les corps que l'on soumettait à l'expérience. On parc à cet inconvénient , en mêlant un aci4e, tel que le sulfuriqueou le nitrique, à l'eau qui bumecte les conducteurs. L'action de la pile en -devient plus continue et à la ibis plus énergique.
Le mélange dont nous venons de parler , produit difféi^ens effets tels que l'oxidation des métaux , la décomposition de l'eau, etc., dont on a désigné la cause sous la dénomination générale inaction chimique. Deux opinions ont été émises sur la manière dont les substances qui l'ont subie agissent à leur tour, pour favoriser la transmission de l'électricité d'un métal à Fautrei Suivant l'une , les substances dont il s'agit font simplement l'office d'un stimulant, ou d'une force accélératrice , pour bâter le mouvement progressif des molécules électriques. L'autre opinion est fondée sur un fait que MM. Biot et Frédéric Cuvier ont annoncé les premiers. Il qonsiste en ce que les molécules des substances qui ont éprouvé l'action chimique, font l'office de véhicules , c'est-à-dire, qu'elles ont un mouvement de transport, en vertu duquel elles vont, en passant à travers les conducteurs humides , déposer l'électricité dont elles sont chargées sur les disques métalliques que Vimperfection des conducteurs humides a laissés en retard y par rapport au rétablissement de l'équilibre. Par une suite de la compensation qui en résulte, l'effet total est le même que dans l'hypothèse d'i*ne parfaite conductibilité. On voit que le:s deux opi-
5a TRAITE ELEMENTAIRE
nions ne difiFferent que par la manière d'expliquer l'action d'une cause dont les avantages sont incontestables.
Analogie entre V Electricité Galvanique et
VÉlectrlclté ordinaire.
857. Si nous faisons maintenant un retour sur les divers résultats que nous avons exposés , nous apercevrons partout une analogie frappante entre l'agent qui les produit et le fluide électrique. Arrêtons-nous d'a}x)rd aux phénomènes les plus propres à faire ressortir cette analogie. Une bouteille de Leyde, mise en contact avec la pile, se cliargeet devient[capable de donner la commotion , précisément comme si elle eût été appliquée sur le conducteur d'une macliine ordinaire. Tja pile produit des attractions et des répulsions semblaljles à celles des corps électrisés. Le fluide qu'elle fournit , accumulé dans un condensateur , donne des étincelles à l'approche d'un excitateur. Jusqu'ici la ressemblance des effets indique l'identité des causes. A la vérité , la sensation que l'on éprouve en touchant la pile par ses deux extrémités, n'est pas la même que celle qui est produite par la bouteille de Leyde*, mais c'est que la première est modifiée par le mouvement progressif et continu du fluide qui , au lieu de frapper les organes d'un seul coup , comme dans l'expérience de Leyde , les attaque par une succession rapide de petites impulsions; et la preuve que c'est bien ce fluide qui est l'âme de la pile, c'est que, s'il passe dans la bouteille , le seul changement de vase lui rend tous ses caractères.
Nous avons vu qu'il était de même facile d'expliquer d'autres singularités de la pile, et en particulier la facilité avec laquelle un fil métallique, mis en contact avec elle, entre en coml)ustîon , tandis qu'à en j uger d'après l'action peu sensible qu'elle exerce sur l'électromètre, on ne serait pas tenté d'attendre d'elle un effet si puissant
L'action réciproque qu'exercent entre eux les autres corps solides, même les nerfs et les muscles d'un animal, est réellement du même genre que celle qui a lieu entre les métaux ; et il était mutile d'avoir recours à un fluide particulier , pour expliquer da
effets <{uî ont d'ailleurs tant d'analogie avec ceux que produisent les substances métalliques.
Le parallèle entre Ips deux électricités se soutient , relativement au phénomène de la décomposition de Feau ; et si les circonstances qui raccompagnent varient , suivant que l'on emploie une pile on une machine ordinaire, on entrevoit de même la raison de cette diversité, à travers celle qui existe entre les appareils. Les nouvelles recherches qui restent à faire pour dissînrr le nuage encore répandu sur cette partie de la science, ne i)euvent avoir pour résultat d'établir une distinction essentielle entre le galvanisme et l'électricité , mais seulement de concilier l'électricité avec elle-même.
■ Nous ne poussons pas plus loin le parallèle-, nous y reviendrons lorsque nous aurons été conduits par l'ordre des matières à exposer les découvertes très remarquables qui ont été faites récemment en Danemarck , et parmi les phénomènes qui leur ont donné naissance , nous distinguerons ceux qui peuvent dès maintenant être placés sur la même ligne à côté des premiers, de ceux qui exigeront des recherches ultérieures, pour faire reconnaître encore ici l'électricité , dans les eflcts d'un appareil qui semble être né pour nous la montrer sous une forme nouvelle et inattendue.