‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 100 sur 186 · II. BflMa proéitts nir ltt uiiau vivaats · texte numérisé non relu

II. BflMa proéitts nir ltt uiiau vivaats

1549. SesftftttaM produites ^mr les telbles eraraate. — Les courants produisent sur les êtres vivants des sensations plus ou moins vives, et des contractions. L'expérience la plus ancienne a été publiée par Sulzer dans sa Théorie générale du plaisir, en 1767, avant la découverte de Galvani. On place deux disques de zinc et de cuivre, l'un au-dessus, l'autre au-dessous de la langue, puis on rapproche leur bord extérieur jusqu'au contact ; aussitôt on ressent une saveur acide au point de la langue touché par le zinc, et une saveur alcaline au point touché parle cuivre. Si l'expérience se prolonge quelque temps, on peut éprouver des nausées. Vol ta, qui a fait revivre cette expérience, a trouvé que la saveur varie, suivant la nature des métaux, de l'acide brûlant à l'alcali amer. Ces sensations proviennent, au moins en partie, de la décomposition des humeurs de la langue, par le courant électrique auquel donne naissance le couple voltaîque que forment les deux métaux.

Divers observateurs ont varié, depuis, ces expériences : Hunter ayant engagé une lame de métal sous la langue, et placé une autre lame d'espèce différente entre la lèvre et la gencive de la mâchoire supérieure, aperçut une lueur assez vive, chaque fois qu'il mettait ces lames en contact. Il a obtenu des résultats semblables en appliquant les lames aux deux yeux, ou l'une à un œil, l'autre àla langue. De Humboldt a éprouvé, à la suite de semblables expériences, une faiblesse momentanée delà vue, et une légère inflammation de la conjonctive '. Aldini a pu faire apercevoir une lueur assez vive à des aveugles, en mettant les pôles d'une pile en contact avec les lèvres et le bout du nez. Tous ces effets lumineux doivent être attribués à des contractions, et comparés à ceux que l'on produit en comprimant et frottant les paupières.

De Humboldt ayant introduit une lame de zinc dans une narine, et l'ayant mise en contact avec une lame d'argent placée sur la langue, éprouva dans le nez une sensation de froid accompagnée d'un chatouillement donnant envie d'éternuer. Le Dr Monro saignait du nez quand il faisait cette expérience; l'hémorragie commençait dès qu'il apercevait une lueur.

Volta ayant fait passer le courant d'une pile de 40 couples, d'une oreille à l'autre, entendit un grand bruit qu'il compara à celui que produit une matière visqueuse en ébullition. Ritter entendait un son musical au moment où le courant s'introduisait; il a publié beaucoup d'autres résultats, mais dont quelquesuns paraissent, à priori, peu vraisemblable.

i Expériences sur le galvanisme, traduction de M. Jadelot (4799).

1513. Commotion voitaîqne. — Quand on fait communiquer les pôles d'une pile au moyen d'une partie du corps, on ressent une commotion d'autant plus forte que la pile se compose d'un plus grand nombre découplés. L'étendue des éléments ne peut suppléer au nombre, l'effet dépendant de la tension des électricités : ainsi, les 42 couples en hélice de la Faculté des sciences de Paris (1434) ne donnent qu'une légère secousse. Gay-Lussac ayant voulu éprouver le choc des 600 couples de la batterie à auges de l'Ecole polytechnique, reçut une commotion tellement violente, qu'il s'en ressentit pendant plus de 24 heures, et conserva pendant tout ce temps une grande faiblesse dans les bras. La pile de 2000 couples de l'Institut de Londres est capable de tuer un cheval on un bœuf. Quand la pile n'est pas très forte, il faut, pour bien recevoir la commotion, mouiller les mains avec de l'eau salée, pour augmenter la conductibilité de l'épiderme, et saisir des cylindres métalliques fixés aux électrodes. Plusieurs personnes peuvent recevoir simultanément la décharge, en se donnant la main ; mais il faut remarquer que toutes ne la ressentent pas également : celles qui sont au milieu de la chaîne peuvent ne rien éprouver, ou n'éprouver qu'une faible secousse.

La commotion se fait sentir au moment où l'on établit la communication, puis on n'éprouve plus qu'un léger frémissement dans les muscles, accompagné d'une irritation sourde particulière. Une nouvelle commotion se produit, au moment où l'on interrompt la communication, comme cela a lieu sur les animaux morts (1510).

1514. influence du sens do eourant. — Nous avons encore à signaler ici l'influence du sens du courant : s'il est direct, il y a contraction quand on rétablit, sans impression vive ; et au moment où on le supprime, il n'y a pas de contraction, mais une douleur plus ou moins forte. C'est le contraire lorsque le courant estinverse. Pour établir cette loi. M. Marianini prépare une grenouille très vigoureuse, de manière que le tronc ne reste uni aux membres postérieurs que par les deux faisceaux des nerfs cruraux. Les pattes postérieures sont réunies par une feuille de plomb, et soulevées dans la main revêtue d'une substance isolante. La partie antérieure du corps repose sur une lame de verre, et l'une des pattes est entourée d'une petite bande de plomb en communication avec un des pôles d'une pile. Quand on fait passer un courant, de la tête aux jambes, ces dernières se contractent au moment où l'on ferme le circuit. Quand ensuite on l'ouvre, les jambes ne s'agitent pas , mais l'animal pousse un cri prolongé, se soulève, et donne tous les signes d'une vive douleur. Les effets inverses ont lieu quand le courant marche des jambes à la tête. Cette expérience a été répétée plusieurs fois avec des piles ayant , depuis 1 jusqu'à 8 couples. Il ne faut pas que la pile soit trop forte , car, alors, les contractions auraient lieu également quand on fermerait et quand on ouvrirait le circuit.

H. Marianini a aussi observé que, si l'on ferme le circuit avec les bras, on ressent une secousse plus forte au bras dans lequel le courant est direct. Ritter avait déjà reconnu que l'on éprouve un sentiment de lassitude et de

gêne dans le bras où le courant est direct, et dans l'autre bras, une excitation particulière.

Nous citerons encore l'expérience suivante, de M. Matteucci: il découvre sur un lapin, le nerf sciatique des deux cuisses, le sépare bien, l'essuie avec du papier Joseph, et l'appuie sur du taffetas isolant. Il fait ensuite passer le courant d'une pile de dix couples dans une partie du nerf : l'animal pousse des cris et éprouve des contractions dans la cuisse, et dans le dos et les oreilles. Ces phénomènes, qui cessent pendant le passage du courant, se reproduisent au moment où il est interrompu ; ils sont les mômes, quel que soit le sens du courant '. Mais quand l'irritabilité de l'animal est diminuée, l'entrée du courant direct détermine dans les pattes des contractions sans douleur, et sa suppression produit la douleur sans contractions. Le contraire a lieu quand le courant est inverse dans la partie du tronc nerveux qu'il parcourt. Quand on fait passer le courant perpendiculairement au nerf, on n'observe aucune action, comm dans le cas des animaux morts (1510).

f 515. Aetion sur les différentes parties du système nerveux. — Il résulte de la loi qui précède , que le courant produit tantôt des sensations , tantôt des contractions : à l'instant où l'on ferme le circuit, les premières ont lieu quand le courant est inverse , et les secondes, quand il est direct. On peut faire à ce sujet un rapprochement très important ; c'est que les impressions que reçoivent les organes de la sensibilité, de la part des agents extérieurs , se transmettent au cerveau en marchant en sens contraire des ramifications des nerfs, et que les contractions volontaires sont provoquées par une influence qui, partant du cerveau, se transmet dans le sens des ramifications , comme le courant quand il produit la contraction à son entrée. En outre , les physiologistes ont distingué, des fibres nerveuses destinées spécialement aux sensations , et d'autres destinées aux mouvements. Ils ont reconnu aussi que les nerfs qui partent de la moelle épinière , s'en séparent par deux systèmes de racines, les unes antérieures qui président aux mouvements, et les autres postérieures , qui correspondent à la sensibilité. Il était curieux de chercher comment agit un courant sur ces deux espèces de racines ; c'est ce qu'ont fait MM. Longetet Matteucci, et ils ont reconnu que le courant direct n'excite pas de contractions quand il entre par les racines postérieures, et qu'il en produit quand il entre par les racines antérieures. Les faisceaux antérieurs et postérieurs qui composent la moelle épinière se comportent comme les racines correspondantes. On peut donc, au moyen de l'électricité, distinguer les nerfs du mouvement de ceux de la sensibilité. Il ne faut pas employer un courant

i Les contractions produites dans les parties antérieures du corps , où le nerf sciatique n'envoie pas de ramifications, s'expliquent par la transmission de l'excitation de ce nerf à la moelle épinière, qui détermine ensuite la contraction dans les muscles où elle envoie des filets nerveux. Si l'on coupe , en effet , la moelle épinière , les contractions ne s'étendent pas aux muscles situés au-dessus de la section.

trop fort , autrement l'électricité pourrait passer des racines antérieures aux racines postérieures, et réciproquement.

Quand on excite les nerfs des organes des sens, on y développe l'espèce de sensation qui leur est propre : le son dans l'organe de l'ouïe , les saveurs et les odeurs dans les organes du goût et de l'odorat, la lumière dans l'œil (4509). Ce dernier résultat s'observe facilement en touchant avec la main un des pôles d'une pile de 5 à 6 couples, et mettant l'autre pôle en communication avec une partie du visage, mouillée avec de l'eau salée.

Nous avons vu (1509) que les muscles qui ne sont pas sous l'influence de la volonté se contractent par le passage du courant. Les nerfs du système ganglionaire , qui sont ceux qui président à ces contractions , sont donc aussi susceptibles d'être excités par le courant. Mais ils présentent cette particularité, que l'action du courant se produit d'abord lentement, qu'elle continue pendant son passage, et persiste quelque temps après qu'on l'a supprimé. Nous avons vu que, au contraire, ce n'est qu'aux moments où l'on ferme et où l'on ouvre le circuit, que les muscles volontaires se contractent.

4616. Effets dus an passage continu d'un eourant. — Si les muscles volontaires ne se contractent pas pendant le passage continu d'un courant , ce dernier a néanmoins une influence évidente sur leurs nerfs, puisque leur irritabilité diminue peu à peu pendant qu'il passe (1510). Le courant continu peut produire d'autres effets : transporter des fluides à travers les tissus organiques, ranimer les actions vitales, rétablir certaines fonctions, modifier les sécrétions, les exhalations... Citons quelques exemples.

Des poulets soumis à l'action continue d'une pile de 50 couples, s'affaiblirent peu à peu ; quand ils furent presque morts, le courant ayant été interrompu, ils battirent aussitôt des ailes. L'autopsie montra que le sang était extravasé dans les muscles, et que les intestins étaient refoulés vers le bassin. Achard, ayant fait passer le courant d'un seul couple, d'une extrémité à l'autre du tube intestinal, éprouva des douleurs dans le bas-ventre, l'énergie de l'estomac fut augmentée et des changements furent produits dans les évacuations alvines. Ces résultats, vérifiés par de Humboldt, lui suggérèrent l'expérience suivante : une linotte était prés d'expirer ; il introduisit une lame de zinc dans le bec, une lame d'argent dans le rectum, et établit une communication métallique entre ces deux lames ; l'oiseau ouvrit les yeux, battît des ailes, respira pendant 6 à 8 minutes, et mourut ensuite tranquillement.

Ure, après avoir reproduit sur un cadavre les mouvements de la respiration (1509), pensa quç l'on pourrait, au moyen de l'électricité, rappeler à la vie les personnes asphyxiées. Aldini avait déjà fait des essais sur des chiens et autres animaux, noyés, ou asphyxiés au moyen du gaz, et il avait pu les ranimer en faisant passer un courant de la bouche au rectum. MM. Pouillet, Magendie, Andral et Roulinont fait une série d'expériences analogues : des cochons d'Inde asphyxiés, ne donnant plus signe de vie depuis une demi-heure, furent rappelés

à la vie ; le mouvement respiratoire étant rétabli, le cœur se contracta et la circulation reprit son cours.

Le Dr Wilson Philip, en 1816 ayant fait une incision au cou d'un lapin vivant coupa les nerfs de la 8* paire, qui vont à l'estomac. La respiration devint très pénible, l'animal faisait des efforts pour vomir, et au bout de quelques heures, on reconnut, en faisant l'autopsie, que du persil qui remplissait l'estomac n'avait pas été digéré, et que les poumons étaient dans un état de congestion manifeste. Chez un autre lapin qui avait suivi le même traitement, on fit passer un courant à travers les parties inférieures des nerfs coupés : la respiration se fit facilement, les poumons ne furent pas congestionnés, et le persil fut trouvé aussi complètement digéré que chez des lapins qui n'avaient pas été mutilés. Des résultats semblables furent obtenus sur des chiens. La pile était faible et ne donnait pas de commotion pénible '.

De nombreuses expériences prouvent l'influence des courants pour modifier la nature des fluides de l'économie animale. De Hnmboldt ayant posé une plaque d'argent sur un vésicatoire qu'il s'était fait appliquer derrière l'épaule, et ayant mis cette plaque en contact avec du zinc, observa une augmentation dans l'écoulement de l'humeur, accompagnée d'une cuisson viye. Cette humeur, au lieu d'être blanche et douce, était tellement acre quelle laissait sur la peau des traces d'un bleu rougeâtre. M. Idatteucci ayant mis entre les pôles d'une pile de 15 couples, deux points du péritoine mis à nu sur les côtés de l'abdomen d'un lapin, recueillit une humeur alcaline au pôle négatif, et acide au pôle positif. Il obtint des résultats analogues en opérant de la même manière sur le foie ou les intestins mis à nu de divers animaux vivants. Il conclut de là qu'il y a analogie entre le mécanisme des sécrétions, et les décompositions électrochimiques avec transport des éléments.

Enfin, les courants peuvent modifier les liquides organiques : Brandt a vu l'albumine d'un œuf se coaguler au pôle positif; Brugnatelli a reconnu que le sang est coagulé quand il est traversé par un courant. M. I. Petrequin, en appliquant cette dernière propriété, a réussi le premier à guérir, sans opération sanglante, certaines tumeurs anévrismales : il y coagule le sang en faisant passer un courant à travers ce liquide, au moyen d'aiguilles d'acier enfoncées dans la tumeur. On a reconnu depuis qu'il est préférable d'enfoncer seulement l'aiguille positive, en faisant communiquer le pôle négatif avec l'extérieur de la tumeur.

1619. De Téleetrieité anlnale. — 11 résulte des détails qui précèdent, que les courants électriques, interrompus ou continus, sont capables de produire dans les organes des animaux, des effets analogues à ceux que produit l'influence nerveuse : contractions, sensations, sécrétions, mouvements du cœur et de la respiration ; on peut, au moyen d'un courant, rétablir les fonctions

i Annales et chimie el de physique, 2« série, t. XIV, p. 344, et t XXII, p. 246.

de l'estomac, des intestins, des organes de sécrétion. Les physiologistes ont admis l'existence d'un agent, désigné souvent sous le nom de fluide nerveux, et qui transmet, du cerveau, siège de la volonté, aux différents organes, l'excitation nécessaire à l'accomplissement de leurs fonctions. Or, l'électricité agissant précisément de la même manière, on est porté à admettre que le fluide nerveux n'est autre que l'électricité, qui, engendrée dans le cerveau, serait lancée par l'acte de la volonté, à travers le système nerveux, dans la direction où l'effet doit être produit. Cependant, un courant continu circulerait dans le système sanglionnaire, pour produire les phénomènes delà vie organique; comme les mouvements du cœur et des poumons, ceux qui accompagnent la digestion, les transports des fluides à travers les tissus , les sécrétions. Dans certains poissons, nous voyons un organe spécial dans lequel l'électricité, lancée par un lobe particulier du cerveau, peut être accumulée et se manifester extérieurement. La surexcitation du cerveau par différentes causes, comme la peur, la colère, l'enthousiasme, peut donner lieu à une production surabondante d'électricité ; alors la rapidité des battements du cœur est modifiée, la respiration surexcitée, et les contractions musculaires peuvent arriver à un degré d'énergie inusité. Un exercice prolongé sous l'influence d'une température élevée, peut aussi augmenter la sécrétion du fluide cérébral; si ensuite on se livre au sommeil, l'organe surexcité continuant à produire beaucoup de fluide, et ce fluide n'étant plus utilisé, il s'accumule dans les organes, et il en résulte de temps à autres des décharges intérieures accompagnées de commotions» quelquefois assez fortes pour être douloureuses, et qu'une foule de personnes ont pu observer pendant les premiers moments du sommeil.

L'identité du fluide nerveux et de l'électricité, tantôt admise, tantôt combattue par les physiciens et les physiologistes, tend à se confirmer à mesure que la science fait des progrés; elle a acquis un degré de vraisemblance de plus, le jour oA l'on est parvenu ù dériver à l'extérieur une partie de l'électricité du corps des animaux (1505). Mais, dans l'état actuel de la science, on ne peut la considérer que comme une hypothèse très plausible.

4648. Applications a la médecine. — On a cherché à tirer parti des effets variés que l'électricité produit sur les organes, pour guérir diverses maladies. Les premiers essais à cet égard paraissent dus à Nollet. Jallabert

parvint à guérir des paralysies; Sans, Bertholon, Sigaud-Lafond obtinrent

de nombreux succès sur la même maladie. On employait alors la commotion de la bouteille, une série d'étincelles, des aigrettes électriques jaillissant par des pointes, ou enfin on administrait le bain électrique, c'est-à-dire qu'on chargeait d'électricité le malade préalablement isolé. D'abord, on opéra sans méthode, à peu prés au hasard ; aussi des échecs multipliés firent-ils douter de la réalité des succès obtenus. Le charlatanisme s* étant ensuite emparé de cette nouvelle manière de guérir, l'électro-thérapie tomba dans le discrédit. Les découvertes de Galvani et de Volta rappelèrent l'attention sur ce sujet. On put, au moyen de la pile, diriger le courant spécialement k travers les organes malades; on

commença à étudier son mode d'action, et l'on obtint des résultats plus constants. On réussit assez souvent aujourd'hui à rétablir les fonctions vitales dans des membres paralysés, au moyen de commotions réitérées ; à guérir des

névralgies, des rhumatismes Nous avons vu comment on peut ranimer des

animaux asphyxiés, et cette application mériterait d'être étudiée de nouveau.

Il y a aujourd'hui deux moyens principaux d'employer le courant de la pile : 1° quand on veut exciter les organes, comme dans les cas de paralysie, on fait passer le courant par intermittences, afin d'obtenir des contractions. Pour fermer et ouvrir alternativement le circuit, on employa d'abord un mouvement d'horlogerie faisant osciller un levier. On obtient aujourd'hui des commotions très rapprochées au moyen d'appareils d'induction que nous décrirons plus tard, et qui permettent d'en modifier à volonté la rapidité et l'intensité. Pour diriger les courants, on termine les réophores par des plaques, quelquefois recouvertes d'une multitude de saillies, ou par des éponges mouillées avec de l'eau salée, ou encore par des brosses ou des pinceaux métalliques que l'on applique sur les régions par lesquelles on veut faire entrer ou sortir le courant- Souvent aussi, on emploie la galvano-poncture, c'est-à-dire qu'on enfonce des aiguilles d'acier dans les muscles, de manière à conduire l'électricité en un point voisin du nerf sur lequel on veut agir. On s'est servi avec avantage du courant intermittent, pour rappeler à la vie des personnes qui avaient été soumises trop longtemps à l'action de Yétker ou du chloroforme. 2° On fait passer le courant d'une manière continue : par exemple, quand on veut diminuer l'irritabilité des nerfs, dans certaines affections nerveuses. M. Nobili a employé ce mode d'électrisation, pour combattre le tétanos. Le courant continu agit encore pour modifier les sécrétions, favoriser les déplacements de fluides, dénaturer les plaies en produisant des décompositions chimiques : c'est ainsi que MM. Becquerel et Breschet ont pu détruire la nature alcaline des humeurs sécrétées par un ulcère rebelle, en le faisant communiquer avec le pôle positif d'une pile.

Chattes galvaniques. — On a imaginé, pour les usages médicaux, des piles en forme de chaînes qui peuvent s'appliquer sur différentes parties du corps. Les plus efficaces sont celles de M. Pulver-Macber (fig. 1127 ) : chaque couple est formé d'un cylindre aplati en bois cay sur lequel sont enroulés en hélice un fil de zinc et un fil de cuivre engagés dans des sillons creusés dans le bois, de manière que ces fils ne se touchent pas. Le fil de zinc communique avec le fil de cuivre du couple voisin. Ces couples sont articulés les uns aux autres, de manière que la pile présente la flexibilité d'une chaîne. Les couples sont disposés en large comme en ca, ou en long comme en AB. Pour employer la cbatne, on la trempe dans du vinaigre plus ou moins étendu d'eau, et on l'applique sur la peau, de manière que la partie malade soit comprise entre ses deux extrémités. La transpiration de la peau suffit, du reste, pour mettre la pile en activité, quand elle n'a pas été trempée dans l'acide. Si l'on veut obtenir des commotions, on emploie le modificateur électro-physiologique : cet appareil

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