ACTIONS LENTES
dépend de celle des fils. L'acétate de plomb est transformé en acétate de zinc. Cette expérience est très ancienne.
Protoxyde de cuivre. — On introduit au fond d'un tube de 4 à 5nm de diamètre (fig. 1177), une couche de bioxyde noir de cuivre, sur laquelle on verse une dissolution saturée d'azotate de cuivre ; on y plonge une lame de cuivre dont l'extrémité s'enfonce dans le bioxyde , et l'on ferme hermétiquement le tube. Au bout de quelques jours, on aperçoit sur la partie de la lame qui ne touche pas le bioxyde, de petits cristaux octaédriques de protoxyde de cuivre d'un rouge de rubis, qui finissent par avoir 1 ou 2 millimètres de côté. Ici, l'électricité est dégagée par la réaction de l'azotate de cuivre saturé, sur une couche moins saturée qui touche le bioxyde , lequel, en formant un sous-azotate, a diminué la quantité d'azotate neutre des couches contiguës. Fig. 4 477.
Le protoxyde de plomb peut s'obtenir par un moyen semblable : on met au fond du tube, de la litharge en poudre, et au-dessus, une dissolution de sous-azotate de plomb.
Carbonate double de enivre et de soude ou potasse. — Dans l'une des branches d'un tube en U, on verse une solution de bi-carbonate de potasse, et dans l'autre, une solution de sulfate de cuivre ; les deux solutions sont séparées par de l'argile. On plonge ensuite, dans les deux branches, les extrémités d'un arc en cuivre. Le cuivre se précipite sur l'arc, dans la branche qui contient le sulfate, et l'acide sulfurique et l'oxygène sont transportés dans l'autre branche, où il se forme du sulfate de potasse et de l'oxyde de cuivre , puis un carbonate double de potasse et de cuivre.
Carbonate de enivre ou malachite. — Après avoir obtenu le double carbonate de potasse et de cuivre comme ci-dessus, on remplace la solutiou de carbonate de potasse par de l'eau pure ; l'acide sulfurique continuant à arriver, s'empare de la potasse du carbonate de potasse , chassé l'acide carbonique , qui s'unit à l'oxyde de cuivre formé d'abord, et donne naissance à du carbonate de cuivre ; ce carbonate, joint à celui qui s'était formé pendant la première partie de l'opération, apparaît sous forme d'aiguilles satinées d'un beau vert bleuâtre. U faut arrêter l'opération avant que toute la potasse ne soit saturée ; car alors ' l'acide sulfurique agirait sur le carbonate de cuivre. Cette manière d'opérer en deux temps est très féconde en résultats.
Ainminate de chaux. — On a trois vases réunis deux à deux par des tubes en siphon contenant une mèche de coton mouillée. Les deux vases extrêmes sont remplis, l'un d'une solution concentrée de chlorure de calcium , l'autre d'une solution de chlorure d'aluminium. Le vase du milieu est rempli d'eau mêlée d'un peu des deux chlorures précédents ; il reçoit une lame de cuivre, unie à des lames de zinc plongées dans les vases extrêmes. Il se forme de l'électricité au contact du zinc avec chacun des chlorures, et la chaux et
l'alumine transportées sur la lame de cuivre s'y rencontrent à l'état naissant, et se combinent en fermant un dépôt d'aluminate de chaux.
Chlorure d'argeat •« de enivre. — Un morceau de cuivre ou d'argent est attaché avec un fil du même métal à un morceau de charbon , et plongé dans un tube rempli d'acide chlorhydrique, tube que l'on effile ensuite à la lampe. Au bout de quelques mois , on aperçoit des cristaux de chlorure sur la lame métallique. L'hydrogène de l'acide s'unit en même temps au charbon, et il se dégage par la pointe effilée, de l'hydrogène carboné.
Dernièrement, M. Becquerel a repris quelques-unes de ses expériences sur les produits obtenus par les actions lentes, en opérant à une température élevée et sous une pression plus ou moins forte , pour se rapprocher des conditions dans lesquelles certains minéraux ont dû se former dans la nature. Il a obtenu ainsi l'aragonite, la malachite , le cuivre carbonate bleu en petits mamelons , des sulfures , iodures , bromures , cyanures métalliques cristallisés, etc. Il a reconnu que les actions lentes prennent une nouvelle activité sous les influences combinées de la chaleur et de la pression.
f SUS. Conservation do doablage des navires. — Le doublage en cuivre des vaisseaux est souvent corrodé avec une grande rapidité par l'eau de la mer. Davy a cherché à combattre cette action, au moyen des forces électriques ; il eut l'idée d'appliquer sur le cuivre, de distance en distance, des morceaux de métal plus oxydable , comme le zinc, la fonte de fer. Le résultat répondit à son attente. Voici comment cela s'explique dans la théorie électro-chimique : l'action exercée par l'eau de mer sur le zinc ou le fer , développe de l'électricité ; le fluide négatif se porte sur le métal attaqué, et de là sur le cuivre, et le fluide positif passe dans l'eau. Ce liquide est donc traversé par un courant qui va du zinc ou fer, au cuivre. L'eau est décomposée par ce courant, et l'hydrogène transporté sur le cuivre en empêche l'oxydation. Des expériences multipliées ont montré que, pour que le cuivre soit complètement préservé, il faut que la surface du métal protecteur soit de ^ à —^ de celle du cuivre. Si la surface est moindre, le cuivre perd de son poids, d'autant plus qu'on a employé moins du métal préservateur. Malheureusement, il se présente un inconvénient qui a fait renoncer à ce procédé ; c'est que le cuivre se recouvre , surtout autour des plaques de zinc ou fer , des corps électro-positifs que renferme l'eau , comme les carbonates de chaux et de magnésie. Ces incrustations servent ensuite de réceptacle aux plantes marines , aux coquilles, et bientôt la marche du navire est entravée par cette enveloppe parasite , en même temps que son poids se trouve notablement augmenté. On pourrait peut-être obvier à cet inconvénient en mettant moins de zinc , de manière à permettre au cuivre de se corroder légèrement. Qepuis on a reconnu que des plaques de bronze laminé remplacent le cuivre avec avantage et s'altèrent beaucoup plus lentement ; les métaux associés formant de petits couples qui sont en même temps trop rapprochés pour que les incrustations puissent se déposer. On a trouvé de ces doublages en
bronze encore en 1res bon état au bout de 10 ans de navigation. M. Bobierre a conclu de l'examen et de l'analyse de plaques de bronze pïises sur plusieurs navires arrivant de voyage , que les feuilles, pour être peu altérables, doivent être d'une structure régulière et contenir une quantité suffisante d'étain intimement uni avec le cuivre.