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Dans-ce chapitre, nous allons nous occuper de l'électricité dynamique considérée en elle-même ; de son mode de propagation ; de son intensité et de l'évaluation des éléments dont elle dépend, c'est-à-dire de la conductibilité des substances que parcourt le courant, et de la forée électromotrice des piles qui le fournissent.
$. 1. — MODE DE PROPAGATION ET VITESSE DE L'ÉLECTRICITÉ. I. Constitution du courant.
4596. Ideatité du couraat dams tous les points du circuit. —
Les effets que produit un courant sont les mêmes dans tous les points du circuit qu'il parcourt, quelles que soient la nature et les dimensions des corps qui composent ce circuit. Les lois de l'électrolyse (1503 ) démontrent qu'il en est ainsi pour les actions chimiques, dans le circuit extérieur et dans la pile môme. Il en est de même pour les actions physiques et mécaniques, quand elles s'exercent dans les mêmes conditions. Ampère, dès 1821, avait prouvé cette identité d'action, dans la déviation de l'aiguille aimantée, et il avait montré que cette déviation est la même dans la pile qu'en un point quelconque du circuit extérieur. Un moyen de vérification très simple, consiste à replier le circuit sur luimême, de manière que le courant marche en sens contraire dans deux portions parallèles très rapprochées : on voit qu'elles ne dévient pas l'aiguille aimantée. M. Becquerel a constaté l'égalité d'intensité dans tous les points du fil con-
jonctif, parle moyen suivant1 : il soucie en deux points quelconques de ce réophore deux bouts de fil égaux, et en deux autres points distants entre eux comme les deux premiers, deux autres fils semblables ; il met les deux premiers fils en relation avec l'un des fils d'un réométre différentiel, et les deux autres avec le second fil de ce même réométre, de manière que les courants détournés marchent en sens contraire, et il trouve que l'aiguille reste en repos. M. Pouillet a vérifié l'égalité d'intensité dans la pile et dans le circuit, sur la pile thermo-électrique placée dans le méridien magnétique ; et M. Fechner, sur des arcs métalliques réunissant deux à deux les couples d'une pile hydroélectrique. Le premier observait la déviation de l'aiguille, le second procédait par la méthode des oscillations. Enfin, M. de La Rive 2 a vérifié directement l'égalité d'intensité dans toutes les parties, liquides ou solides, d'un circuit, par la méthode suivante : il forme un circuit rectangulaire, au moyen de tubes de verre et de cylindres métalliques de différentes substances et de différents diamètres. Les tubes sont remplis de divers liquides, et certains cylindres sont terminés à un bout par du zinc, et à l'autre par du cuivre, de manière à former des éléments électromoteurs. L'expérience montre qu'une aiguille aimantée, délicatement suspendue à une même distance de l'axe d'une partie quelconque du circuit, accomplit toujours le même nombre d'oscillations pendant le même temps.
f 59V. Le eoaraat passe également partons les points de la section dn réophore. — L'intensité d'un courant ne dépend pas de la surface du réophore, mais seulement de l'aire de sa section droite, ce qui montre que l'électricité ne se' porte pas à la surface, comme dans l'état statique, mais qu'elle se propage par tous les points de la section. Pour prouver cette loi, on remplace une portion du fil cylindrique d'un circuit, successivement par un conducteur de même substance et de même longueur, mais dont la section, présentant toujours la même aire, affecte différentes figures, carrées, triangulaires, aplaties, etc. La déviation de l'aiguille aimantée reste toujours la même, quoique la surface extérieure soit très différente dans ces divers fils. On peut encore remplacer le fil par plusieurs fils réunis en faisceau, pourvu que la somme des aires de leurs sections soit égale à l'aire de la section du fil unique qu'ils remplacent. Ce résultat, établi par Davy et par Fechner, prouve que l'électricité dynamique a une tendance à se disséminer dans toute la largeur du conducteur. Cette tendance, constatée par M. de La Rive, en 1824, pour les solides, et en 1825 pour les liquides, est rendue plus évidente quand on fait passer le courant suivant la longueur d'une large bande de métal. On trouve qu'une aiguille aimantée très délicate oscille toujours dans le même temps, quelle que soit sa position au-dessus de la bande , pourvu qu'elle en soit toujours à la même distance, et que ses extrémités ne soient pas trop
1 Annales de chimie et de physique, S« série, t XXXII, p. 428.
2 Traité d'électricité théorique el appliquée, par A. de La Rive, l. II, p. 47.