‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 122 sur 186 · ÉTATS STATIQUE ET DYNAMIQUE · texte numérisé non relu

ÉTATS STATIQUE ET DYNAMIQUE

gaine en plomb ou de fils métalliques en hélice, ou même quand le câble était suspendu à une petite distance de corps conducteurs, comme la surface du sol, des murs..., qui formaient alors l'armature extérieure d'un condensateur dont la gutta-percha et l'air interposé formaient la couche isolante. Dans ce dernier cas, les effets étaient d'autant moins prononcés que la distance du fil aux corps conducteurs était plus grande. Ajoutons que ces divers effets avaient déjà été observés par M. Siemens.

*60e. Application à la mesure de la vitesse de l'éleetrlelté. — M. Faraday est parti des faits qui précèdent pour expliquer les différences entre les nombres trouvés pour la vitesse de l'électricité. Disons d'abord que la valeur la plus faible a été obtenue avec un fil sous-marin. Dans ce cas, l'élec- < tricité qui entre dans le fil commence par être dissimulée, et il n'en passe au-delà d'un point donné, qu'après la charge du condensateur formé par l'eau et par la partie du câble qui précède ce point. Il n'arrive donc du fluide dans la partie extrême de ce câble qu'après qu'il s'en est accumulé dans son intérieur une énorme quantité à l'état latent. Il se passe ici quelque chose d'analogue à ce qui a lieu dans un tuyau de conduite présentant de nombreux renflements, que l'eau doit d'abord remplir avant de parvenir à l'extrémité. Quand le fil n'est pas enfoui ou submergé, la proximité du sol, ou des murs auxquels il peut être fixé en certains endroits, comme sous les tunnels, le long des viaducs, dans les tranchées, est une cause de retard dans l'instant de l'arrivée du mouvement électrique à un point éloigné.

M. Clarke a fait des expériences qui montrent bien les effets de la condensation de l'électricité dans les fils enfouis. A l'extrémité opposée à la pile était interposé un appareil analogue au télégraphe électro-chimique de M. Bain, dans lequel un style s'appuie sur un cylindre tournant, et laisse derrière lui une ligne bleue quand on le fait communiquer avec le pôle d'une pile. Trois fils isolés communiquaient avec trois styles appuyés sur une même arête du cylindre. Un de ces fils était très court ; des deux autres qui étaient égaux et très longs, l'un était enfoui et l'autre suspendu dans l'air. Si l'on faisait communiquer, au même moment, le pôle de la pile avec le fil court et le fil enfoui, on remarquait que la ligne bleue tracée par le style du fil enfoui, commençait un peu après celle que. formait le style du fil court. De plus, le trait en retard était d'abord très faible et augmentait graduellement d'épaisseur. Quand on supprimait le courant, le trait correspondant au fil court s'interrompait aussitôt, tandis que celui du fil enfoui se prolongeait encore un peu et ne cessait que graduellement, en diminuant peu à peu d'épaisseur. Le long fil suspendu dans l'air donnait les mêmes résultats que le fil court. Si l'on supprimait et rétablissait les communications à des instants très rapprochés, les styles des fils aériens marquaient des lignes bleues interrompues, et le fil enfoui, une ligne continue. Si les intermittences se succédaient moins rapidement, cette dernière ligne présentait des renflements alternatifs, qui se trouvaient séparés par des interruptions, quand les intermittences étaient encore moins rapides.

On voit, d'après ce qui précède, que les résultats des recherches faites sur la vitesse de l'électricité sont très incertains. En supposant même qu'on ait soin d'éviter les effets de condensation dont nous venons de parler , l'accumulation graduelle du fluide dans le condensateur (1604) montre que les expérimentateurs ne font, en définitive, que saisir le moment où le fluide est capable de donner des signes de son passage. Or , cet instant dépend évidemment de la sensibilité des appareils employés. Ces expériences auraient donc besoin d'être reprises ; tout ce qu'on peut conclure de celles qui ont été faites, c'est que la vitesse de l'électricité dans les bons conducteurs est extrêmement grande.

% t. — LOIS DES INTENSITÉS DES COURANTS ÉLECTRIQUES.

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