ÉTAT VARIABLE
ni. BUt variable dans un circuit qui vient de recevoir l'électricité.
4627. Dans tout ce qui précède, nous avons supposé que le courant électrique était complètement constitué, de manière qu'il passe par chaque section une même quantité d'électricité. Cet état définitif du courant est précédé d'un état variable, pendant lequel les différentes sections laissent passer des quantités différentes d'électricité , les plus rapprochées de la source en laissant passer plus que celles qui sont éloignées , et par conséquent plus qu'il n'en sort à l'extrémité du fil conducteur. M. Ohm a donné une formule qui fait connaître la tension en un point quelconque pendant l'état variable, qu'il a le premier signalé. Il compare ce qui se passe pendant cet état, aux premiers mouvements de la chaleur dans un mur solide dont une des faces est échauffée : d'abord, la chaleur est employée à échauffer les tranches successives, jusqu'à ce qu'elle arrive à la face froide, par laquelle il sort d'abord moins de chaleur qu'il n'en pénétre par la face opposée. Au bout d'un certain temps, chaque tranche possède une température constante ; toutes laissent alors passer la même quantité de chaleur, et Ton est arrivé à l'état définitif.
' M. Gaugain, en employant des conducteurs médiocres, et en suivant les méthodes que nous avons décrites (1625) , a pu augmenter la durée de l'état variable, de manière à pouvoir la mesurer. Il a trouvé que cette durée T est liée à la quantité d'électricité E, à la conductibilité c, à la longueur /, et à la section * du fil, par la relation
es
On voit que le temps est indépendant de la tension de la source , et qu'il est proportionnel au carré de la longueur.
4628. Etat variable dama lea fila métalliques. — M. Gaugain n'ayant employé que des conducteurs imparfaits , dans lesquels le flux électrique se propage avec une lenteur relative, il était important de vérifier les résultats auxquels il est arrivé, sur des fils métalliques. Il fallait alors employer des circuits d'une très grande longueur, à cause du peu de durée de l'état variable. MM. C.-M. Guillemin et E. Burnouf ont profité, pour cela, des longs circuits des télégraphes électriques '. Voici d'abord le principe de la méthode qu'ils ont employée. Les deux extrémités du circuit étant près l'une de l'autre , on fait communiquer l'une d'elles avec le pôle positif d'une pile dont l'autre pôle communique avec le sol ; l'électricité s'élance dans le circuit, dont l'autre extrémité s'enfonce dans le sol. Un circuit dérivé contenant un réomêtre, aboutit à deux points placés prés de cette dernière extrémité ; on le ferme au bout de
i Annales de chimie et de physique, 3e série, t. LX, p. 385.
quelques millièmes de seconde , et l'intensité du courant dérivé donne une quantité proportionnelle à l'intensité du courant direct au point de dérivation, à l'instant de la fermeture du circuit dérivé, qui reste fermé pendant un temps constant dans toutes les expériences. Puis on décharge le circuit par les deux bouts.
La fig. 1197 représente l'appareil au moyen duquel on peut exécuter avec sûreté ces diverses opérations. CD est un cylindre en bois, de {$"* de longueur et de 10cm de circonférence, que Ton fait tourner régulièrement au moyen d'une courroie sans fin qui passe sur une poulie g , et sur une roue à volant bien équilibrée, dont la vitesse se règle au moyen d'un taquet, qui à chaque tour frappe une tige flexible en produisant un bruit que Ton fait coïncider avec les chocs d'un pendule. Une vis sans fin V fait marcher un compteur K qui donne la vitesse. La pile est en P ; son pôle négatif communique avec le sol en t.
et son pôle positif avec le ressort p, qui s'appuie sur une virole p' communiquant avec la lame métallique C, appliquée sur le cylindre. L'extrémité du fil de la ligne télégraphique LL' , par laquelle entre l'électricité , est fixée en m à une règle métallique mn, et son autre extrémité communique en T avec le sol. En o, v sont les points de dérivation du circuit dérivé; l'intervalle de dérivation or est formé d'un fil fin et résistant, pour que la plus grande partie du courant soit détournée; le circuit dérivé est fermé, pendant j^ de seconde, au moment où le ressort isolé (/ s'appuie sur une petite lame triangulaire en métal £, qui communique avec la virole <T, sur laquelle s'appuie le ressort d\ On peut faire varier la durée de la fermeture, en déplaçant le ressort d, sur la règle m», dont il est isolé.
Voici la marche de l'opération ; le cylindre CD tournant, l'électricité s'élance dans le circuit LL', dés que le ressort R porte sur la lame C; cette électricité passe dans le sol en T, jusqu'à l'instant où la petite lame S se plaçant sous le
ressort rf, le circuit dérivé rWo se ferme , pendant . Le ressort R s'ap-