‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 129 sur 186 · ÉTAT VARIABLE · texte numérisé non relu

ÉTAT VARIABLE

puie ensuite sur la lame de décharge DD qui communique avec la virole à ressort D\ par laquelle le fil de ligne LL' est déchargé en T\ en même temps que par l'extrémité T. Le cylindre continuant à tourner, les mêmes phénomènes se reproduisent 10 à 20 fois par seconde , de manière que l'aiguille du réométre r, recevant des impulsions répétées à courts intervalles t son aiguille prend une position fixe, qui fait connaître l'intensité du courant dérivé; et, par suite, celle du courant de la ligne roLL' au moment où a lieu la dérivation. L'intensité du couraut à son entrée est donnée par le réométre r'.

Pour que le moment de la dérivation soit plus ou moins éloigné de l'instant où l'électricité s'élance dans le circuit LL' , le bord de la lame C est oblique aux arêtes du cylindre, et présente 70 dents ayant un côté parallèle aux arêtes, de manière que l'instant de la communication avec la pile est d'autant plus rapproché du moment où se ferme le circuit dérivé, que le ressort R est fixé sur la règle m», plus prés de l'extrémité étroite de la lame triangulaire C. L'arc compris sur la lame, pour chaque position du ressort R, s'évalue au moyen du cercle divisé X, dont le vernier u permet d'apprécier les minutes ; on fait passer un courant faible dans l'appareil que l'on fait tourner lentement, et les instants où commencent les courants en LL' et dans le circuit dérivé sont indiqués par les réométres r et r' '.

Des expériences nombreuses ont prouvé que des contacts de^g^de seconde sont assez intimes pour donner au réométre une déviation indépendante de la vitesse, quand on a soin d'empêcher les ressorts de vibrer. C'est à quoi Ton arrive au moyen d'étouffoirs formés de ressorts en laiton, pressant par l'intermédiaire d'une vis garnie de peau de daim, sur l'extrémité des ressorts d'acier. Ces derniers ressorts sont horizontaux et terminés par une partie coudée R' ( fig. 4197). Il faut veiller attentivement à la perfection des contacts.

Voici les principaux résultats de nombreuses expériences faites sur les fils de fer de plusieurs lignes télégraphiques : 1° Le courant, à l'extrémité qui communique avec le sol, va en croissant et prend une valeur constante après 0*,02 environ pour un circuit de 570 kilomètres, et en employant une pile de Runsen de 60 couples. Le nombre 0$,02, représente la durée de l'état variable. — 2© Près de la pile, le courant va au contraire en décroissant d'intensité pendant l'état variable ; c'est que le flux électrique ne trouve pas d'abord, dans le fil à l'état neutre, la tension croissante qu'il rencontre ensuite à mesure que ce fil se charge. M. Despretz a constaté une marche semblable dans réchauffement des couches supérieures d'une colonne liquide (II, 819). — 3° L'état permanent s'établit en même temps dans toutes les parties du fil ; la déviation est alors plus forte près de la pile qu'à l'extrémité qui communique avec le sol, ce qui est dû aux pertes ; en effet, la différence est d'autant plus grande que l'air est plus humide- — 4° La durée de l'état variable diminue quand la tension de la pile et la quan-

i Les ressorts «, *', s\ a, a, et les lames s, z serrent à varier les expériences , suivant différentes conditions , pour le détail desquelles nous renvoyons au mémoire de M. Guillemin.

tité d'électricité qu'elle fournit augmentent ; pour un nombre double de couples, cette durée diminue à peu prés de tô. — 5° Le temps nécessaire pour charger à son maximum un fil de 570 kilomètres , est égal à la durée de l'état variable ; et le fil met à peu près 4 fois plus de temps à se décharger qu'il n'en a misa se charger. — 6° La durée de l'état variable croît moins vite que le carré de la longueur du circuit ; résultat contradictoire avec celui qu'a trouvé M. Gaugain au moyen de conducteurs imparfaits; il y a donc là sujet à de nouvelles expériences. 46*9. De 1» vitesse de l'électricité. — Il résulte de l'existence d'un état variable précédant l'état définitif du courant, qu'il y a beaucoup d'incertitude sur ce qu'on doit entendre par vitesse de l'électricité. Il paraît rationnel de prendre pour cette vitesse, le rapport entre la longueur du circuit et le temps au bout duquel le premier signe de la présence de l'électricité se manifeste à son extrémité. Mais, comme nous l'avons déjà dit (4606), ce temps dépend de la sensibilité des instruments employés. En outre, les changements de durée de l'état variable avec la tension de la source électrique, permet de soupçonner que le premier mouvement électrique pourrait bien arriver à une distance donnée, après un temps dépendant de cette tension. Quoi qu'il en soit, les belles expériences tentées pour mesurer la vitesse de l'électricité, ont eu pour résultat important de nous donner une idée de la rapidité extrême avec laquelle se propage le flux électrique.

S 3. — MESURE DES CONDUCTIBILITÉS.

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