‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 134 sur 186 · RÉSISTANCE AU PASSAGE · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE AU PASSAGE

par M. Hankel '. Il employait une méthode analogue à celle de M. E. Becquerel, et il est arrivé aux mêmes conclusions. Il a reconnu, de plus, que : 1° l'augmentation de conductibilité produite par une certaine élévation de température, est d'autant moins prononcée que cette température est d'avance plus élevée ; - 2° cette augmentation est d'autant plus grande que la dissolution est plus concentrée ; ce qu'il est porté à attribuer à ce que la chaleur augmente la mobilité des molécules d'une manière d'autant plus sensible, que la dissolution, plus concentrée, est d'abord moins fluide. L'acide sulfurique à divers degrés de concentration est surtout dans ce cas.

1*4*. des lois db la ifaiSTAHis au passabb. — Quand F électricité passe d'un métal dans un autre, il se manifeste une résistance attestée par réchauffement qui se produit au point de jonction (1522). Une résistance analogue s'observe aussi au passage d'un liquide dans un solide ou réciproquement, et nous avons exposé les principaux motifs qui la font attribuer à la polarisation des lames métalliques, c'est-à-dire aux dépôts produits par Félectrolyse (4559); de sorte que, dans les cas où il n'y a pas de polarisation, il n'existerait pas de résistance. M. E. Becquerel et M. Marié-Davy ont cherché, chacun de leur côté, les lois de cette résistance2.

Les expériences de M. E. Becquerel ont été faites avec l'appareil (fig. 1204), seulement les lames c, c' étaient appliquées contre les extrémités des tubes oo'. Une des parties du courant divisé en d, passe par le ,tube o et par le réométre différentiel ; l'autre partie traverse successivement le tube o, un réostat particulier, une boussole des sinus qui donne l'intensité absolue, puis enfin le réométre différentiel, et retourne à la pile. Le réostat, désigné sous le nom de banc de rétiitance, est formé de deux fils de platine tendus parallèlement sur une poutre horizontale ; les bouts placés à une même extrémité sont joints au circuit , et un lourd curseur en cuivre fait communiquer les deux fils par deux points , dont la position est indiquée sur une règle divisée qui sert de guide au curseur ; de manière que si on le recule d'une quantité a, le circuit est augmenté d'une longueur de fil égale à 2a. Pour évaluer la résistance au passage , l'aiguille du réométre différentiel étant au zéro, on abaisse la lame e , et en même temps on déplace le curseur de manière à maintenir l'aiguille au zéro. On obtient ainsi la longueur de fil de platine dont la résistance équivaut à la portion de colonne liquide qu'on a soustraite. On peut conclure de là la résistance de la colonne entière ee, telle qu'elle serait s'il n'y avait pas de perte au passage. On mesure ensuite directement la résistance de cette colonne. Pour cela, on abaisse la lame ee jusqu'au contact de la lame c ; et si la longueur de fil équivalente à la colonne entière est plus grande que celle qui représente la résistance calculée de cette colonne, c'est qu'il y avait une perte au passage, qui n'existe plus quand les lames se touchent, et qui est égale à l'excès

» Bibl. unit?, de Genève (Archives des sciences), t. IV p. 66.

» Annales 4e chimie et de physique, 3« série, t. XX, p. 62 ; t. XIX, 422, et XXII, 257.

de la résistance observée sur la résistance calculée. — M. R. Becquerel a encore opéré en employant, au lieu del'éprouvette ab, une auge dans laquelle plongeaient deux lames verticales , dont Tune pouvait se rapprocher de l'autre au moyen d'une crémaillère horizontale commandée par un pignon denté, et portant une division.

Dans la méthode de H. Marié-Davy, le liquide dans lequel plongent les deux lames, fait partie d'un circuit contenant un réostat. Le courant ayant une intensité déterminée, on supprime le liquide, et Ton ramène le courant à la même intensité, au moyen du réostat, qui donne alors la résistance équivalente à celle du liquide. S'il y a une résistance au passage variable avec l'intensité du courant, on le reconnaît en ce que le résultat donné par le réostat change avec l'intensité première de ce courant.

D'après M. E. Becquerel, quand il n'y a pas polarisation des lames , par exemple quand elles sont formées avec le métal du sel dissous, la r^istance au passage est sensiblement nulle. Cependant, M. Marié-Davy l'a toujours trouvée appréciable ; ce qui peut provenir de ce que le sel qui se produit aux dépens de la lame qui reçoit le fluide positif, ne se dissolvant pas aussitôt, il se forme ce que M. Despretz appelle un empâtement du métal (1623).

Quand il y a polarisation des lames, la résistance au passage se manifeste nettement ; elle est d'autant plus prononcée que le courant, en persistant plus longtemps, augmente davantage l'épaisseur des dépôts. M. de La Rive a reconnu que la résistance est diminuée quand on chauffe l'électrode négatif, et M. Vorselmann de Heer , quand on l'agite vivement. C'est que l'on fait ainsi disparaître les dépôts. On n'obtient pas les mêmes résultats quand on agit sur l'électrode positif, parce que c'est au pôle négatif que se forment les dépôts les plus abondants. Cette circonstance nous donne l'explication d'un phénomène singulier observé par M. Matteucci : un vase plein d'eau est divisé en deux par une membrane, et l'on verse d'un côté quelques gouttes de chlorure d'iode. Si l'on fait passer un courant à travers le vase, ce courant est 5 ou 6 fois plus intense quand l'électrode négatif plonge dans l'eau pure ; les substances provenant de la décomposition du chlorure d'iode étant alors arrêtées par la membrane , et ne venant pas augmenter la résistance en se déposant au pôle négatif , comme cela a lieu quand il plonge dans l'eau qui contient le chlorure.

La résistance au passage diminue quand l'intensité du courant augmente , mais non proportionnellement , car le produit des deux quantités n'est pas constant. On peut représenter la résistance r, par la formule empirique :

'=«+t+-ît+-

i étant l'intensité, et a, 6, c,... des constantes qu'on détermine dans chaque cas, au moyen de trois couples de valeurs de r et de i. M. Becquerel et H. Marié- Davy ont reconnu qu'il suffit de conserver les trois premiers termes, pour

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