‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 135 sur 186 · RÉSISTANCE AU PASSAGE · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE AU PASSAGE

représenter d'une manière satisfaisante les résultats de leurs expériences ; M. E. Becquerel trouve aussi que, dans quelques cas, on peut se contenter de deux termes, et écrire r = a -f- { b.

M. Marié-Davj remarque que la formule de Ohm, t = , doit être modifiée, si l'on veut tenir compte de la résistance au passage, qui ne peut manquer d'exister dans la pile. La résistance intérieure se compose alors de deux parties, dont une est cette perte au passage ; on a donc

, b c / . b c r = ri + „+___=r+___

et la formule de la pile devient

i = ; d'où t = -— — :

M. Marié-Davy trouve que cette nouvelle formule reproduit plus exactement les résultats de ses propres expériences, et de celles de MM. Pouilletet Fechner, que la formule plus simple dans laquelle on suppose que la résistance de la pile est indépendante de l'intensité du courant. On voit du reste , que les deux formules différent d'autant moins l'une de l'autre que t est plus grand, c'est-àdire que le courant est plus intense.

m. De U oonduotibllité des gax.

4643. Conductibilité des gaz très chauds. — A la température ordinaire , les gaz sont complètement isolants pour les courants des piles à faible tension, même quand ils sont très raréfiés. Ce n'est que dans les cas des tensions assez fortes pour produire des décharges à travers les milieux isolants, que l'électricité peut les franchir en produisant , suivant les cas , l'étincelle , les aigrettes ou l'arc voltaïque. Mais quand les gaz sont à une haute température, ils deviennent conducteurs , même pour les faibles courants. M. Ermann a constaté ce fait sur les flammes ; il a vu l'aiguille du réomètre se dévier dans un circuit fermé au moyen d'une flamme, et c'est à cette occasion qu'il a découvert le fait de Yunipolarité (1558).

Le passage des courants à travers la flamme pourrait être attribué aux particules solides ou aux vapeurs qui la composent. 11 était donc nécessaire d'expérimenter sur des gaz purs, et en même temps d'étudier les lois de leur conductibilité ; c'est ce qu'a fait M . E . Becquerel ' . La fig . i 205 représente l'appareil dont il a fait usage. Le courant, fourni par un ou plusieurs couples C, circule

1 Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XXXIX, p. 355.

autour d'un réométre à 24000 tours, R , passe par un agomètre particulier AB, arrive au tube nn' dans lequel il traverse le gaz échauffé, et revient à la pile par le fil *i\ Tare a et le fil e'x. Au moyen des quatre godets e'$ e, ï, i, on peut, en changeant de place les arcs a, a', intervertir le sens du courant dans la partie du circuit qui se trouve à leur droite. Il suffit , pour cela , de joindre ei\ e'i, au lieu de ei, e'x . Le tube à gaz nn' est en platine, sans soudure ; il traverse un fourneau, et est préservé du contact du charbon, par un tube en terre pp'. Ces tubes sont représentés à part et sur une plus grande échelle, en NN', PP'. Le gaz est introduit par un petit tuyau à robinet r, et peut sortir par un autre, V, v', qui plonge dans de l'eau ou du mercure. Quand on veut faire varier la pression du gaz , on fait communiquer le tube v avec une machine pneumatique. Quand on opère sur l'air , on peut laisser ouvertes les deux extrémités du tube de platine. Pour que l'électricité traverse le gaz qui remplit

Fig. 4 205.

le tube PP', on fait communiquer ce tube, par le fil N, ni, avec l'un des pôles de la pile, dont l'autre pôle communique, par le fil n', avec une tige en platine ce', contenant un peu d'iridium pour augmenter sa rigidité. Cette tige est isolée dans le bouchon N', par un petit tube de verre, et est soutenue par un anneau en verre enduit de gomme laque m , placé assez loin du fourneau pour que la gomme laque ne soit pas altérée. On pouvait craindre que l'anneau m et les bouchons ne devinssent , par la chaleur , assez conducteurs pour que la circulation de l'électricité se fit par leur intermédiaire, au lieu de se faire à travers le gaz. M. E. Becquerel s'est assuré de l'isolement complet de la tige, malgré réchauffement de l'anneau m et du bouchon N' , en la remplaçant , dans des expériences faites sur l'air chaud, par un fil de platine passant à travers le tube dont les extrémités étaient ouvertes, et tendu entre deux supports isolants; oo bien en faisant passer le courant entre deux fils de platine tendus parallèlement sans toucher le tube ; les résultats ont été les mêmes qu'avec la tige fixée en m et N'. Avec les fils tendus, on a pu remplacer le tube de platine par un tube de porcelaine ou de grès.

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