CONDUCTIBILITÉ DES GAZ
L'agomètre AB se compose d'une éprouvette AB remplie de liquide , dans laquelle plonge un tube capillaire oo' bien calibré, portant une division en demi-millimètres tracée sur le verre. Un fil de platine // peut s'enfoncer plus ou moins dans ce tube , pour faire varier la longueur ol de la colonne liquide que traverse le courant. Ce courant arrive par la lame o et le fil Ao. Un mur H intercepte la chaleur rayonnée par le fourneau.
Voici maintenant comment on opère : on sépare d'abord le tube nn' du circuit, en faisant communiquer les godets e, é au moyen d'un arc métallique, et Ton donne à l'aiguille du réomètre une déviation déterminée, eu enfonçant plus ou moins le fil fl. On introduit ensuite dans le circuit, le tube nn\ en plaçant les arcs a, a' comme ils sont dans la figure; la déviation du réomètre diminue,, mais en enfonçant le fil fl, on la ramène à sa première valeur. Alors la diminution de longueur de la colonne liquide lo fait connaître la résistance propre du gaz chaud, augmentée de la résistance au passage entre le métal et le gaz ; les résistances des fils de communication et des arcs a, a' étant négligeables. Il faut avoir soin d'opérer rapidement, pour que la colonne liquide lo n'ait pas le temps de s'échauffer par le passage du courant.
11144. Résultats. — 1° Les gaz ne commencent à laisser passer le courant qu'à la chaleur rouge , et leur résistance diminue de plus en plus au-delà de cette limite. Au rouge blanc, ils donnent passage aux courants les plus faibles. Cependant leur résistance est toujours très grande ; celle de l'air, au rouge, est égale à 30000 fois environ celle de l'eau contenant tôoïïô de sulfate de cuivre.
2° Les divers gaz présentent la même résistance au rouge , puis les différences se prononcent de plus en plus , pour s'atténuer ensuite et disparaître presque entièrement au rouge blanc. La résistance de l'air étant prise pour unité, celle des autres gaz est
hydrogène
axote.
Hydrogène,
proto-carboné,
oxygène,
chlore,
et ton protoxyde,
a. carbonique.
Entre
vers
entre
an plu
à peu près
entre
0,3 et 0,4
0,4 et 0,7
4,3 et 2.
On voit qu'il n'y a aucun rapport entre ces résistances et les densités.
3° La résistance est plus faible quand le tube de platine sert d'électrode négatif, c'est-à-dire quand le fluide positif entre par la plus petite surface ; tandis que la résistance est indépendante du sens du courant, quand il traverse le gaz en passant entre deux fils tendus dans le tube. On remarque un résultat semblable pour les liquides, et on l'attribue à ce que la polarisation, qui est surtout prononcée sur l'électrode négatif, y est d'autant moins sensible en chaque point que cet électrode présente une plus grande surface. Peut-être y a-t-il un effet semblable poift le platine plongé dans les gaz.
4° La résistance diminue avec la pression du gaz. Cependant le courant est toujours complètement intercepté, même dans le vide, au-dessous de la chaleur rouge. Au-delà de cette limite, les différences entre les résistances des divers
gaz à la même température deviennent de plus en plus faibles i mesure que la pression diminue ; et quand elle n'est plus que de 2 millimètres, les résistances sont égales. Pour l'air à la température rouge, les pressions étant successivement 760, 137, 40 et 2 millimètres, les résistances sont représentées par les nombres 20,9; 7,1 ; 4,8 ;39S.
5° Des expériences faites sur l'air ont prouvé que la résistance varie avec l'intensité du courant. Cette variation appartient-elle à la résistance propre du gaz, ou bien affecte-t-elle seulement la perte au passage? M. E. Becquerel penche pour cette dernière opinion, que Von pourrait contrôler en opérant au moyen de deux fils tendus parallèlement, dont on ferait varier la distance. Quand le coûtant est fourni par une même pile et qu'on modifie son intensité au moyen du réostat, on trouve que la résistance diminue quand l'intensité augmente, et d'autant plus que la pile possède un plus grand nombre de couples. La résistance dépend aussi, à égalité d'intensité, du nombre des couples ; elle augmente en même temps que ce nombre. Par exemple, le réomètre marquant 15°, la résistance de l'air, au rouge, a été 572 pour une pile à auge de 40 couples, et 292 pour une pile de 20 couples.
Si l'on veut se rendre compte des lois qui précèdent, dans le système qui sert à expliquer la propagation de l'électricité, on rencontre de sérieuses difficultés; car, si l'on conçoit bien que la chaleur ait une influence sur la facilité avec laquelle la décomposition du fluide neutre se fait dans chaque molécule, on ne comprend pas comment la raréfaction diminue la résistance des gaz. puisqu'elle réduit le nombre des points matériels par l'intermédiaire desquels se fait la propagation. Il y a donc là un point obscur qui appelle de nouvelles recherches.