‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 179 sur 186 · APPLICATION AUX OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATION AUX OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES

communique avec le pôle négatif de la pile. Un fil de dérivation f peut aussi faire passer le courant par la coupe R, le ressort r, quand la coupe le touche, et par la tige /'. Pour faire l'expérience, on tire le cordon n, la balle tombe, et en même temps la lame c se séparant du crochet k, le circuit est ouvert en ck ; alors, le contact de l'éleclro e se déplaçant, le chronoscope H se met en marche. Quand la balle arrive en R, la coupe s'abaisse sous le choc, le circuit dérivé est fermé en Rr, et le courant étant rétabli dans l'électro, le chronoscope est arrêté. Du chemin qu'ont parcouru les aiguilles, on déduit le temps qu'a mis le corps, à tomber de la hauteur ÀR.

1858. II. APPUCATIOKS AUX OBSBIVATIOICS MÉTÉOIOLOGIQUES. — C'est encore

M. Wheatstone qui a le premier appliqué l'électricité à l'enregistrement des observations météorologiques. L'appareil qu'il a imaginé a été installé en tr 'autres à l'observatoire de Kiew. La fig. 1381 en donnera une idée. On y dislingue deux parties principales , l'une destinée à recueillir les indications, l'autre à les enregistrer; chacune d'elles possède un mouvement d'horlogerie particulier. Nous prendrons pour exemple les observations barométriques. Le baromètre 66' (fig. 1381) est à siphon ; il est parcouru par un courant qui passe par un fil fixe plongeant en 6 dans la colonne de mercure , et par un autre fil rigide en acier , enfoncé dans la branche ouverte et pouvant sortir du mercure et y rentrer alternativement. Ce fil est suspendu à une fine chaîne n qui s'enroule sur une poulie r affermie sur un arbre fr qui fait partie du circuit, et que fait tourner par intermittences une horloge HH. Quand le mouvement a lieu , le fil d'acier est soulevé et finit par quitter le mercure, ce qui ouvre le circuit. Quand le fil est arrivé à une certaine hauteur, l'horloge abandonne la poulie à elle-même pendant 1 minute; et le fil redescend dans le mercure, par l'effet du contrepoids n. La course du fil est de 4cm,06, il met 5m à remonter, et à cause de la minute employée à descendre, il recommence à monter toutes les 6 minutes.

On voit que le circuit reste fermé pendant une partie d'autant plus grande de la course du fil, que le mercure est plus élevé dans la branche ouverte du baromètre, c'est-à-dire que la pression atmosphérique est plus basse. Si donc on pouvait connaître !a fraction des 5 minutes qu'emploie le fil à monter, pendant laquelle le courant reste fermé, on en pourrait déduire la position du niveau du mercure. C'est ici que l'enregistreur va jouer son rôle.

Le mouvement imprimé à l'arbre de la poulie est communiqué en même temps, à deux sortes d'étoiles c, c, à rayons élastiques portant à leur extrémité des

Fig. 4381.

caractères en relief. Au moment où le fil quitte le mercure, le contact d'un électro-aimant par lequel passe le courant, et dont le fil apparaît en e, f, s'écarte, et laisse partir le second mouvement d'horlogerie, qui n'est pas représenté dans la figure, et qui fait frapper aussitôt un marteau m, sur les extrémités des deux rayons intérieurs horizontaux des étoiles, de manière à imprimer les caractères que portent ces deux rayons, sur un cylindre C garni de papier. Aussitôt, ce cylindre est attaqué par une came qui le fait un peu tourner sur lui-même, et en môme temps il se déplace dans le sens de son axe, l'un de ses tourillons étant taillé en vis et engagé dans un écrou fixe.

L'une des étoiles porte 45 rayons garnis de lettres; l'autre, 12 rayons portant les 10 premiers chiffres et 2 repères. La première fait un tour en 30 secondes, et par conséquent 10 tours pendant les 5 minutes que le fil met à monter. L'autre avance d'un rayon en 30 secondes; l'empreinte qu'elle donne indique donc le nombre de tours accomplis par la première avant la rupture du circuit, et la lettre imprimée par celle-ci, le nombre de ses bras qui ont passé devant le cylindre en plus des tours entiers. Si l'on sait à quel déplacement de l'extrémité du fil d'acier correspond la substitution au précédent, d'un bras de l'étoile aux 15 rayons, on en conclura la distance du niveau du mercure au point le plus bas de la course du fil. Or, cette étoile faisant 10 tours, ou laissant passer 150 rayons pendant que le fil accomplit son ascension de 4cm,06, on voit que Ton peut indiquer 150 positions du niveau du mercure, ou apprécier des variations ^ X 4cml06=0CBl,27, ou J de millimètre environ. L'observation n'étant enregistrée qu'au moment où le fil quitte le mercure, on voit qu'il n'y a pas à s'occuper des changements de niveau produits par l'immersion du fil.

Un môme appareil peut servir à enregistrer les indications de plusieurs instruments. Celui de la figure enregistre aussi les indications d'un psychromètre p, dont les deux thermomètres sont ouverts par le haut, et reçoivent des fils d'acier qui montent et descendent au moyen de poulies fixées au môme arbre que la poulie r. Un réotome k, commandé par l'horloge HH, fait passer le courant de la pile p, successivement par les trois instruments, de manière que les signes frappés sur le cylindre C leur correspondent alternativement. Ce réotome consiste en une roue en bois portant trois secteurs métalliques équidistants, auxquels sont attachés les fils fixes des trois instruments; un frottoir mené par l'horloge, et dont l'axe communique avec le fil a de la pile, tourne et vient s'appuyer successivement sur les secteurs. Une indication de chaque instrument est enregistrée toutes les 18 minutes, puisqu'il faut à chaque fil 6 minutes pour monter et descendre. Remarquons que le thermomètre et le psychrométre doivent être exposés à l'air libre ; mais rien n'empêche de transmettre le mouvement de l'horloge HH aux poulies, par l'intermédiaire de fils, comme dans les compteurs électro-chronométriques (1852) , pendant que les étoiles restent à côté de l'horloge et du cylindre enregistreur.

M. Liais a imaginé un appareil qu'il nomme barométrographe, qui enregistre le maximum et le minimum du baromètre en 24 heures, et de plus, fait connaître

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