‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 181 sur 186 · APPLICATIONS AUX OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS AUX OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES

la vitesse enregistrée. Il est facile de connaître la direction qu'avait le vent correspondant à chaque vitesse. L'appareil peut aussi faire connaître la vitesse pendant chaque direction, au moyen d'ur> frottoir a et d'une seconde roue à 8 secteurs r'r' {fig. 1382) munis de leur fil, et d'un enregistreur particulier, qui n'est pas représenté dans la fig. 1383. On voit que l'anémomètre et l'enregistreur peuvent être très éloignés l'un de l'autre; le premier peut être installé sur un édifice élevé, au sommet d'une montagne. Les 8 fils de communication sont alors réunis en un faisceau dans lequel ils sont isolés les uns des autres.

M. J. Salleron a construit un anémographe perfectionné, dans lequel il emploie, pour indiquer la direction du vent, le système de roues de M. Piazzi- Smilh(Il, 1138), et pour indiquer la vitesse, le moulinet à hémisphère de M. Robinson (II, 1140). Au lieu d'enregistrer les indications au moyen de crayons commandés par des électro-aimants, M. Salleron enveloppe le cylindre, d'une feuille de papier chimique sur lequel s'appuient 9 styles en acier. Le cylindre tournant est alors en métal, et communique avec le pôle négatif de la pile, et le style, par lequel arrive le courant, avec le pôle positif.

4864. Enreftstrevr da passage des étoiles. — Cet appareil, que M. Airy a établi à l'observatoire de Greenwich, consiste en un cylindre tournant régulièrement sur lui-même ; au-dessus d'une même arête, sont deux crayons relevés par les contacts de deux petits éiectros qui sont fixés à un chariot se déplaçant suivant une arête du cylindre, de manière que les marques des crayons forment une hélice. L'horloge qui fait tourner le cylindre, interrompt à chaque seconde le courant de l'un des éiectros, et le crayon qu'il soutient marque alors des points équidistants indiquant les secondes. L'autre électro est parcouru par un courant continu ; au moment où une étoile passe par le fil de la lunette méridienne, l'observateur presse un bouton, le circuit est ouvert, et le crayon retombe et marque un point, dont la position par rapport à ceux qui indiquent les secondes, fait connaître l'heure du passage de l'étoile au méridien. On évalue les fractions de seconde d'autant plus facilement, que" les points équidistants sont plus espacés, c'est-à-dire que le cylindre tourne plus rapidement. — Pour obtenir une grande exactitude, il faut que le cylindre tourne bien régulièrement, et non par saccades comme cela a lieu quand il est conduit par une horloge à régulateur oscillant. M. Airy a rempli cette condition en faisant usage du pendule conique, c'est-à-dire d'un pendule qui décrit régulièrement un cône dont le sommet est à son point de suspension.

486$. m. applications DIVSB8B8. — Les applications de l'électro-magnétisme se multiplient de jour en jour. Nous pourrions en donner une longue liste. Citons comme exemple les métiers à tisser, dans lesquels M. Bonelli,

M. Maumenée ont remplacé les carions de Jacquard par des systèmes

d'électros et des cylindres réotomes disposés de manière à mettre en activité les éiectros qui correspondent aux fils de chaîne qui doivent être soulevés. Nous devons ajouter cependant qu'il est quelques-unes de ces applications qui ne

paraissent pas rationnelles. Toutes les fois, en effet, que l'électricité n'apporte pas plus d'économie ou plus d'exactitude que les moyens purement mécaniques, son emploi ne présente qu'un* embarras de plus et doit être proscrit. C'est surtout quand on veut produire des effets à de grandes distances, que cet agent devient précieux, comme dans l'horlogerie électrique et la télégraphie. Nous allons encore faire connaître deux appareils importants à divers points de vue : l'un, destiné à perpétuer le mouvement du pendule dans la belle expérience de M. L. Foucault destinée à prouver le mouvement de la terre (1,125) ; l'autre servant à régler la distance des charbons dans l'expérience de la lumière électrique.

4863. Conservation dn mouvement du pendule de M. L. Feneanlt. — P (fig. 4384) est une sphère qui sert de lentille au pendule. Un électro de forme cylindrique E qui reçoit le courant de la pile np est placé verticalement au-dessous , de manière que les centres de ses bases soient exactement sur la verticale passant par le point de suspension. La sphère du pendule contient un cylindre vertical en fer doux, dont l'axe coïncide avec le prolongement du fil de suspension. Il faut que ce cylindre soit attiré par l'électro, pendant chaque demi-oscillation descendante. La difficulté consistait principalement à fermer et ouvrir, au moment convenable, le circuit de l'électro, et cela sans se servir du pendule pour faire jouer le réotome, car on aurait porté atteinte à la liberté de ses mouvements. Voici par quel moyen ingénieux M. L. Foucault, aidé de M. Froment, est parvenu à résoudre le problème , en se servant de la réaction exercée par le fer du pendule, sur l'électro-aimant qui l'attire. Cet électro-aimant, E, est appuyé sur un ressort R , et soutient un levier métallique ol équilibré par le contrepoids q. Ce levier, en s'abaissant, vient frapper la borne a, et ferme le circuit peolan d'un second électro e. Ce dernier agit alors sur le levier en fer o'/' et l'abaisse, de manière à fermer en l'a' le circuit pEo'l'n de l'électro E. Mais ce levier o'V ne peut s'abaisser que peu à peu, car il porte un cliquet r qui pousse une roue à dents obliques et fait tourner un volant v par l'intermédiaire d'une seconde roue dentée. Ce n'est qu'après que ces rouages ont défilé, que le circuit se trouve fermé en /V, après un temps qui dépend du moment d'inertie du volant. Voici maintenant comment fonctionne l'appareil. Supposons que le pendule soit au commencement d'une demi-oscillation descendante ; l'électro E comprimant par son poids le ressort R, abaisse le levier ol et ferme en la le circuit de l'électro e, le levier o'V est alors attiré et ferme en Va' le circuit de

Fig. 4384.

Page 1