RÉGULATEURS DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
F électro-aimant E. Ce dernier attire donc le fer du pendule et en accélère le mouvement, sans changer la direction du plan d'oscillation. Quand le pendule arrive très prés de E, le fer qu'il contient réagit pour soulever cet électro, le circuit est interrompu en la, et l'électro e rentrant à l'état neutre, le levier o'V se relève sous l'action du ressort de rappel s. Le pendule n'étant plus sollicité en E, accomplit alors sans obstacle sa demi-oscillation ascendante. Il est vrai que ce pendule n'a pas plus tôt quitté la verticale, que l'électro E revenu à l'état neutre, descend en comprimant le ressort R, et rétablit le courant dans l'électro e; mais comme le levier o'V ne s'abaisse que peu à peu, à cause du système de rouages rv, le pendule a le temps d'arriver à la limite de son excursion avant que le circuit ne soit fermé en /'a'.
4864. Régulateurs de la lumière élee trique. — Quand on emploie l'arc vol laïque pour l'éclairage, il faut rapprocher les charbons à mesure qu'ils s'usent. On a imaginé pour cela des appareils fonctionnant sous l'influence même du courant qui produit l'arc. M. L. Foucault en France, et MM. Staite et Pétri en Angleterre, ont les premiers résolu le problème, chacun de leur côté, en 1848.
Appareil de H. Duboseq. — Cet appareil fait mouvoir les deux charbons à la fois, de manière à conserver à Tare voltaïque une position constante, ce qui est souvent utile, par exemple, pour les applications aux expériences d'optique. Les deux charbons c, c (fig. 1385), sont fixés à des tiges métalliques t, t' pouvant glisser verticalement dans les pièces qui les supportent. La première, t, est sollicitée à monter par un ressort de montre renfermé dans un barillet ôr, par l'intermédiaire d'un cordon e qui s'enroule sur un cylindre fixé au barillet, et passe sur une poulie de renvoi. L'autre lige, /', tend à descendre par son poids; mais elle est retenue par un cordon de soie enroulé autour d'un second cylindre r, et descend quand ce cylindre tourne avec le barillet. Le mouvement du barillet est transmis par une roue et une vis sans fin, à un volant qu'arrête un crochet poussé par le levier t. Ce n'est que lorsque ce crochet s'élève, que les rouages peuvent se mettre en mouvement. Pour que cela ait lieu quand la distance entre les charbons a augmenté par la combustion ou le transport des parcelles, on fait passer le courant qui produit l'arc voltaïque, dans le fil de l'électro-aimant E. Les flèches indiquent la marche de ce courant, qui entre en o' et sort en o. Le fer doux de l'électro est foré, de manière à laisser passer et à guider la tige t. Tant que le courant n'est pas trop affaibli par la distance à franchir entre les charbons, l'électro retient son armature v, le levier t est abaissé, et les rouages sont arrêtés, mais quand celte distance augmente, l'armature est soulevée par un ressort, les m 24
KLECTRO-MÀGNBTISMK.
rouages deviennent libres, et les charbons se rapprochent. Alors le courant reprend son intensité, l'armature est attirée, et les rouages arrêtés.
Les cordons qui soutiennent les charbons étant sujets à se rompre ,
M* Duboscq a construit un régulateur dans lequel des roues dentées tournant
en sens contraire, agissent sur des crémaillères adaptées aux porte-charbon.
Le charbon supérieur est alors soutenu par une potence
qui glisse dans un tube, comme celle que Ton voit en PT
[fig. 4386).
Réffviatew a lisakto. — Les instruments que nous venons de décrire étant assez compliqués, MM. Duboscq et Marçais ont imaginé le régulateur ffig. 4385 bis) dans lequel il n'y a aucun rouage. Le porte-charbon supérieur, P, est soutenu par un piston, qu'on peut remonter au moyen d'un pignon agissant sur une crémaillère, et qui est pressé sur de l'huile H .par un ressort r disposé comme celui des lampes dites à modérateur. Le porte-charbon inférieur positif est soutenu en P' par un système de losanges articulés abde, dit grenouillère, fixé en o, et dont l'angle « est tiré vers le bas, quand le piston descend, par un talon fixé i la crémaillère. Alors P' monte d'une quantité qui est à celle dont descend le charbon c, comme ab : éd. Le piston descend quand l'huile peut s'échapper par le tube T, fermé en s par une soupape que commande la tige t. En E, est un électro-aimant parcouru par le courant qui fournit l'arc voltaîque. Quand ce courant s'affaiblit, le contact k descend, et le levier l tirant la tige /, ouvre le passage à l'huile , qui tombe sur le piston; celui-ci descend, et les charbons se rapprochent. Alors le contact remonte et la soupape s se ferme.
Des charbons. — Dans la plupart des régulateurs, le rapport entre les déplacements du charbon positif et du charbon négatif est toujours le même; il faut donc que les charbons s'usent dans ce rapport, ce qui n'a pas lieu avec ceux qu'on emploie ordinairement. Nous avons parlé des tentatives que l'on a faites pour obtenir des charbons purs, homogènes, et sans scintillation (1538). M. Jacquelain vient de réussir en composant de toutes pièces des charbons très durs en carbone pur, avec lesquels la lumière de l'arc est calme comme celle d'une lampe. Alors, le charbon positif s'use deux fois plus que l'autre. On a proposé un grand nombre de régulateurs de la lumière électrique. La plupart présentent cet inconvénient que, si l'arc vient à s'interrompre, il faut l'intervention d'un surveillant pour ramener les charbons au contact et rétablir le courant ; ce qui est impossible quand l'appareil est renfermé en vase clos ; par exemple, quand on opère sous l'eau, dans les mines, dans le vide. Avec les appareils qui suivent, l'arc se rallume de lui-même.
4 385 bi*.
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Régulateur de M# Y. Serrim. — Le premier porte-charbon PP (fig. 1386) consiste en un tube qui glisse dans un manchon m 'm articulé aux leviers oa9 o'a' mobiles en o et o' et pouvant osciller dans des limites réglées par les vis v et 11, contre lesquelles vient butter un mentonnet fixé an manchon. Le second porte-charbon P'P' s'enfonce librement dans la colonne isolée CC, et agit par son poids sur un pignon r, par l'intermédiaire d'une crémaillère k. Le pignon r entraîne une roue, qui en fait tourner deux autres R et * ; mais la
dernière est arrêtée par un crochet a porté par le manchon ro'ro. Sur l'arbre du pignon r, est affermie une poulie autour de laquelle s'enroule une chaînette n qui passe sur une poulie de renvoi et soulève le portecharbon PP, quand la crémaillère descend avec le porte-charbon P'P'. Le rayon de la poulie est double de celui du pignon r, de manière que le charbon inférieur , qui est positif, monte deux fois autant que le charbon supérieur ne descend. Enfin le manchon m' m est soutenu en b par un levier e've équilibré par une masse de fer doux M engagée dans une bobine B. Cette masse est soulevée quand le courant passe, et d'autant plus qu'il est plus intense , et elle descend, en faisant monter le manchon m'm, quand le courant s'affaiblit (i 674). Des poids placés dans la coupe m' qui surmonte le manchon servent à l'équilibrer avec la masse M. Le courant de la pile arrive en p, circule dans la bobine, passe, par la chaîne c, dans le porte-charbon P, et sort par P'CN. Quand le courant est interrompu, les charbons sont en contact; mais dès que le courant est établi, la masse M est soulevée, le manchon ro'ro s'abaisse jusqu'à ce que la vis u l'arrête, en entraînant par frottement le porte-charbon PP. et en même temps le charbon supérieur monte un peu sous l'action de la chaînette n, qui tire sur la poulie r de manière à faire monter la crémaillère k. En même temps le crochet a s'engage dans les dents de la roue «, et l'arc voltaïque est formé. L'écart des charbons ayant un peu affaibli le courant, la masse M descend un peu, et le manchon remonte, de manière que son mentonnet se tient entre les deux vis u et t?, et que le crochet ne touche une dent de la roue s qu'à son extrémité. Si le courant s'affaiblit par l'usure des charbons, la masse M descend encore, le manchon monte jusqu'à ce que la vis v l'arrête, et le crochet « abandonnant la roue s, la crémaillère descend avec le charbon négatif, pendant que le charbon positif est soulevé par la chaînette n qui s'enroule sur la poulie r. Dès que le
Fig. 4 336.
courant a repris son intensité, la masse M remonte , et le crochet a arrête la roue *.
Si le courant est interrompu, la masse M descend, le crochet a abandonne la roue s, et les charbons viennent au contact; le courant est alors rétabli et Tare se reproduit. La chaîne c est assez grosse pour que le poids de la partie attachée au porte-charbon compense la perte de poids du charbon inférieur, de manière que le levier e<*e reste toujours équilibré.
Régulateur Foucault. — La fig. (1387) représente un nouveau régulateur imaginé par M. L. Foucault et qui corrige les plus petites variations de distance des charbons, dans quelque sens quelles aient lieu. Le charbon négatif est porté par une tige tt't munie d'une crémaillère verticale, représentée h part en C (fig. 1389) et qu'engrène la roue dentée R. Le charbon positif est porté par une potence à crémaillère p, (fig. 1387 et T (fig. 4389) qui glisse dans le tube T et qui fait mouvoir la roue R', liée invariablement à la roue R, et ayant deux fois plus de dents. Suivant le sens de la rotation du système RR\ les charbons se rapprochent ou s'éloignent. Ce sens dépend de l'action de l'électro-aimant E (fig. 1387) dont le contact K est surmonté d'un levier /, représenté à part en L (fig. 1388) et portant une pièce A par laquelle il peut arrêter deux petits volants V,V, liés aux roues, v, v (fig. 1389) et tendant à tourner en sens contraire. Ou bien les deux volants sont arrêtés, et alors les charbons sont fixes, ou bien un seul des volants est arrêté, et l'autre tourne. Quand le courant s'affaiblit, c'est le volant V qui est libre, et les charbons se rapprochent; c'est le contraire quand, le courant augmentant d'intensité, le volant V est libre à son tour.
Un levier à résistance variable, dû k M. R. Houdîn, donne à l'appareil une extrême sensibilité, en réglant les mouvements du contact K (fig. 1387). Ce contact, qui ne touche jamais l'électro-aimant , en est éloigné par un ressort de rappel r (fig. 1388), qui agit sur le bras Bo par l'intermédiaire d'une pièce à surface convexe, H, articulée en c. Cette pièce presse ce bras par un point variable, d'autant plus éloigné du point d'appui o que le bras étant plus relevé, l'électro-aimant agit sur K à une plus petite distance ; de sorte que la résistance à son action croit avec l'intensité de cette action, ce qui modère l'amplitude des oscillations du contact et du levier L.
Voyons maintenant comment est disposé le mécanisme qui tend à faire tourner, en sens contraire, les volants V,V (fig. 1388;. Deux barillets à ressorts B,B' (fig. 1389) tendant à tourner en sens contraire, sont liés entre eux par un