VARIATIONS DE LA DÉCLINAISON
Ces résultats sont les moyennes de ceux que Ton obtient pour chaque jour, puis pour chaque mois de Tannée, afin de faire disparaître les variations mensuelles et diurnes. On voit que la déclinaison, d'abord orientale, a diminué jusqu'en 1663, époque où elle a été nulle; elle est devenue ensuite occidentale, a augmenté jusqu'en 1814, et depuis cette époque elle va en diminuant. Aujourd'hui, la diminution -est à peu prés de 10' par année. A Londres, la déclinaison était de 11° 15' en 1576; elle a été trouvée nulle depuis 1657 jusqu'en 1662; elle est devenue occidentale et a atteint son maximum, 24° 36', en 1800. En 1831, elle n'était plus que de 24°. Comme exemple des variations séculaires dans l'hémisphère austral, nous citerons les observations faites au Cap de Bonne-Espérance à partir de 1605. Alors la déclinaison était de 0° 30' est; elle est devenue nulle entre 1605 et 1609/ puis occidentale^ et a atteint son maximum, 25° 40', vers 1791. De ces variations séculaires résultent les déplacements des lignes isogoniques.
**50. Variations annuelles. — La déclinaison éprouve, chaque année, des variations périodiques, qui ont été découvertes en 1786 par Cassini; elles semblent dépendre de la position du soleil de part et d'autre de l'équaleur. Les changements de température de l'aiguille ne paraissent pas cependant en être la cause ; car Cassini a reconnu que les mouvements de l'aiguille avaient lieu de la môme manière dans les caves de l'observatoire de Paris, où la température est fixe, et où la lumière ne pénétre pas. Voici quels sont ces mouvements ' ; pendant les mois d'avril, mai, juin, juillet, compris entre l'équinoxedu printemps et le solstice d'été, l'extrémité nord de l'aiguille rétrograde vers l'est ; pendant les neuf mois suivants, la marche générale est vers l'ouest. Pour établir cette loi, on prend la moyenne des déclinaisons maximum et minimum de chaque jour, d'où l'on déduit les moyennes mensuelles que l'on doit comparer. Le mouvement annuel est limité dans une amplitude de 15' à 18'. Il a été observé à Londres, en 1800, par M. Gilpin, qui a trouvé un maximum de déclinaison vers l'équinoxe de printemps, et un minimum aux solstices d'été ; seulement, l'amplitude est beaucoup plus petite qu'à Paris. M. Beaufoy, de 1818 à 1820, a trouvé la variation mensuelle à peu prés nulle. Or, à cette époque, la variation séculaire était aussi à peu prés nulle, parce qu'on était prés de l'époque du maximum. En 1800, la variation séculaire était plus petite qu'en 1786, époque à laquelle observait Cassini ; d'où Arago a conclu que l'amplitude des variations annuelles croit et diminue en même temps que l'étendue du mouvement séculaire.
1254. Variations dinmés de la déclinaison. — Les variations diurnes ont été découvertes en 1722 par Graham; depuis, elles ont été étudiées avec soin, dans l'espoir d'en trouver la cause. En Europe, l'extrémité nord de l'aiguille aimantée marche vers l'ouest à partir du lever du soleil, jusqu'à une
i Annales de chimie et de physique, Ie série, t. XVI, p. 54.