‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 77 sur 186 · GALVANISME · texte numérisé non relu

GALVANISME

l'électricité , toutes les substances conductrices étaient dans le même cas. La discussion durait ainsi depuis dix ans , quand Plaff , professeur à Kiel , ou, suivant d'autres, Volta et Fowler, reconnurent que les convulsions se produisent aussi bien au moment où Ton supprime la communication , qu'au moment où on l'établit. Ce résultat , inexplicable dans la théorie de Galvani , la fit dés lors abandonner, et les idées de Volta furent généralement adoptées.

14*9. Expériences de Volta. — Volta a fait un grand nombre d'expériences pour prouver directement qu'il se produit de l'électricité dans le contact des métaux. Il s'est servi pour cela principalement, de cuivre en contact avec du zinc ou de l'argent, ayant remarqué que ces métaux produisent de fortes contractions galvaniques. Il prit d'abord deux disques, l'un en zinc, l'autre en cuivre , isolés par des manches de verre, les appuya l'un sur l'autre, les sépara, et fit toucher le disque de cuivre au plateau collecteur de l' électromètre à condensateur {fig. 1045), dont l'autre plateau communiquait avec le sol. Ayant déchargé le disque de zinc , il répéta l'expérience une

seconde fois, puis une troisième , et il vit les

feuilles d'or s'écarter , quand ensuite il enleva le plateau supérieur. Il reconnut ainsi que ie disque de cuivre avait pris le fluide négatif, et le zinc, le fluide positif.

Comme on pouvait objecter que l'électricité était produite par le frottement ou la pression des deux disques, Volta fit souder Tune au bout de l'autre une lame de zinc et une lame de cuivre , comme on le voit en zc ( fig. 1045 ), prit la première entre ses doigts , et appuya l'autre sur le condensateur de l' électromètre. Au bout 4.e quelque temps , il trouva les feuilles d'or chargées de fluide positif ; d'où il conclut que le plateau collecteur avait reçu, du cuivre , du fluide négatif. Pour recueillir l'électricité positive qui se porte sur le zinc , on tient le cuivre avec la main, et l'on fait communiquer le zinc avec le plateau de l'électrométre ; seulement, il faut que ce dernier soit en zinc , ou , s'il est en cuivre, qu'il soit séparé de la lame de zinc par du papier mouillé. Sans ces précautions, il y aurait deux points où du zinc serait en contact avec du cuivre, et les effets se contrarieraient.

Au lieu de tenir l'une des lames avec les doigts , pour la faire communiquer avec le sol , on peut se contenter de lui donner une très grande surface, sur laquelle le fluide se répand , ou la faire communiquer avec l'intérieur d'une bouteille de Leyde non isolée.

1430. Forée éieetromo triée. — Volta crut pouvoir conclure de ces expériences, qu'il se développe de l'électricité au contact des corps conducteurs, qu'il nomme, à cause de celte propriété, corps électromoteurs. Les métaux sont les électromoteurs les plus parfaits. Les liquides en contact avec les métaux

Fig. 4 045.

300 SOURCES d'électricité.

ne sont pas électromoteurs, suivant Volta, ou du moins ne le sont que très peu. L'électricité attribuée au contact a été appelée électricité voltdiqxie. Volta a donné le nom de force électromotrice à la cause inconnue qui agit au contact pour décomposer le fluide neutre, et il s'est appliqué à déterminer les propriétés et la manière d'agir de cette force. On peut formuler de la manière suivante les résultats de ses recherches :

4° La force électromotrice décompose le fluide neutre qui existe à la surface de contact des deux métaux; elle chasse sur l'un d'eux le fluide positif provenant de cette décomposition, et sur l'autre, le fluide négatif. 2° Cette force s'oppose à la recomposition des fluides à travers la surface de contact. 3° Elle est limitée et ne peut décomposer et maintenir décomposée qu'une quantité déterminée de fluide, présentant une tension maximum qui ne peut être dépassée, mais qui est toujours atteinte instantanément A0 L'effet est indépendant du nombre des points de contact ; un seul point donne le même résultat qu'une large étendue de surface.

Cela posé, considérons deux corps de nature différente, de même surface S isolés et en contact ; par exemple, une lame de zinc et une lame de cuivre. Le zinc prendra une tension +{a d'électricité positive, et le cuivre une tension — £a de fluide négatif, de manière que la différence algébrique des tensions des deux lames sera égale à la quantité a, qui dépend de la nature des substances en contact. Si l'on fait communiquer le cuivre avec le sol, il perdra son électricité, la force électromotrice ne sera plus contrebalancée par l'attraction mutuelle des deux fluides, et de nouvelle électricité se produira instantanément et donnera au zinc la tension a, de manière que la différence de tension des deux lames soit toujours égale à a. Si ensuite, la communication du cuivre avec le sol étant supprimée, on vient à fournir de nouvelle électricité au zinc, celle-ci ne pourra être arrêtée par la force électromotrice, et se répandra également sur les deux lames, en y apportant une augmentation de tension b; de manière que, la tension étant a-\-b sur le zinc, et b sur le cuivre, la différence soit toujours égale à a.

Si les plaques isolées et en contact ont des surfaces inégales, S, S', on calculera les tensions x, y sur ces lames, en remarquant que les quantités d'électricité doivent être égales sur les deux surfaces, et qu'elles sont proportionnelles, sur chaque surface, à son aire et à la tension. On aura donc Sx = S'y. De plus, la différence algébrique des tensions devant toujours être égale à a, on aura x-+-y = a; ces deux équations donneront les valeurs de x et de y. — C'est en partant des considérations qui précèdent que Volta a été conduit à la découverte de l'appareil admirable dont nous allons maintenant nous occuper.

4434. pilb de volta. — Considérons un disque de cuivre c communiquant avec le sol, et sur lequel soit posé un disque de zinc z (fig. 4046). La force électromotrice agissant au contact n, poussera sur c du fluide négatif qui passera dans le sol, et sur z du fluide positif qui atteindra immédiatement le

Fig. 4 046.

maximum de tension a dont est capable la force électromotrice. Plaçons un second disque de cuivre au-dessus du zinc, en ayant soin de l'en séparer par une rondelle de drap imbibée d'eau acidulée, qui constitue un bon conducteur non électromoteur. La tension en z sera diminuée, mais elle sera rétablie aussitôt par une nouvelle décomposition qui se fera en n, de manière que la tension soit a, en z et c\ Si maintenant nous plaçons sur c' un autre zinc z', la force électromotrice en n' lancera du fluide positif en z', et du fluide négatif en c'zy lequel diminuera la tension a ; mais cette tension sera toujours immédiatement rétablie par l'action qui s'exerce en n. Or, la force électromotrice en n' ne sera satisfaite que lorsque la tension en z1 dépassera de a celle qui existe en c', c'est-à-dire quand la tension en z' sera 2a. Cette tension sera diminuée si l'on pose sur z' une nouvelle rondelle de drap et un nouveau disque de cuivre o", mais elle sera aussitôt rétablie par l'action qui s'exerce en n', laquelle produira en même temps du fluide négatif qui viendra en c'z diminuer la tension a; tension aussitôt rétablie par la force qui réside en n, laquelle poussera en même temps sur c du fluide négatif qui passera dans le sol. On verrait de môme que la tension serait 3a sur un 3° zinc, et en général na sur le wc zinc. On pourra donc obtenir une très forte tension à la partie supérieure, en empilant un grand nombre de disques.

Si au lieu de commencer par un disque de cuivre communiquant avec le sol, nous avions commencé par un disque de zinc, le système aurait contenu du fluide négatif, au lieu de fluide positif, avec une tension proportionnelle sur chaque disque au rang qu'il occupe dans la série.

Remarque. — Il faut avoir soin de toujours placer les disques dans le môme ordre. Si cet ordre était interverti entre deux disques en contact , ils détruiraient l'effet des deux disques précédents, et il y en aurait ainsi quatre d'inutiles. En effet, supposons que sur le disque de cuivre c (fig. 1047), dont la tension est na, nous placions un zinc z, une rondelle de drap, puis immédiatement un autre zinc z' ; la tension sera(n+l)a sur z et surs'. 11 faudra ensuite placer le cuivre c' sur z', et comme la tension sur le cuivre, doit toujours être moindre que sur le zinc en contact, de la quantité a, la tension sur c' sera na. Si ensuite on rétablit l'ordre primitif entre les disques, la tension de c" sera na, et celle de z9, (n + i)a, comme si les disques c, z, z' c' n'existaient pas.

Défiaitions. — Le système de disques empilés toujours dans le même ordre, tel que nous venons de le décrire, se nomme pie de Volta, pile voltaï-

(W+Ùto

SOURCES D ELECTRICITE

que, ou encore pile galvanique. La réunion d'un disque de zinc et d'un disque de cuivre se nomme un couple, une paire ou un élément de la pile. La fig. 1048 représente l'ensemble de la pile ; des colonnes de verre la soutiennent latéralement. Les disques doivent être bien décapés du côté où ils se touchent; souvent on les soude deux à deux , ce qui dispense de les nettoyer chaque fois que Ton monte la pile. Les rondelles de drap ou de carton sont mouillées avec de l'eau salée , ou acidulée par de l'acide sulfurique et un peu d'acide azotique ; on met ordinairement -rë du premier, et ^ du second. Ce liquide attaquant le zinc bien plus que le cuivre, on donne aux disques de zinc une plus grande épaisseur qu'aux disques de cuivre.

Les extrémités de la pile se nomment ses pôles ; on distingue le pôle positif et le pôle négatif. On attache aux disques extrêmes, des fils métalliques dont les extrémités portent aussi, - par extension , le nom de pôles. Ces fils se nomment les électrodes ou réophores de la pile ; ils sont destinés à conduire l'électricité là où Ton veut la faire agir.

f 43*. Pile e» activité. — Si l'on réunit les deux pôles de la pile par un fil métallique, il se fait aussitôt, dans tous les couples, un mouvement d'électricité , qui fait dire que la pile est en activité. Soit b la quantité d'électricité positive qui passe du pôle supérieur z"' (fig. 1046) dans le fil conjonctif o'ffo. La tension de z"' ne sera plus égale à 4a; alors la force électromotrice agira en ri" pour remplacer la quantité 6, en produisant en même temps une quantité — b de fluide négatif, qui viendra diminuer de b la tension de c" V. Cette tension sera aussitôt rétablie par la force électromotrice qui agit en n", et en même temps la tension 2a de c'Y sera diminuée, puis rétablie par l'action qui s'exerce en ri ; et ainsi de suite jusqu'au dernier couple zc, dont le cuivre c recevra la quantité — b de fluide négatif ; ce fluide passera dans le fil conjonctif, vers lequel il sera attiré par le fluide positif +b qui vient de o', et s'unira à ce dernier, pour former du fluide neutre. Cette suite de décompositions et de recompositions, qui se fait instantanément si l'on suppose que les rondelles humides n'offrent aucune résistance au passage de l'électricité, se renouvellera continuellement tant que la communication restera établie entre les deux pôles, et le fil conjonctif sera constamment le siège d'un conflit électrique entre les deux fluides oui s'y combinent pour reformer du fluide neutre.

Si l'on établit la communication entre les pôles au moyen du bras, on ressent une commotion d'autant plus forte que le nombre de couples est plus grand. Cette commotion peut être renouvelée aussi souvent "que l'on veut, puisque la pile se recharge d'elle-même aussitôt qu'on l'a déchargée. La pile se comporte donc comme une bouteille de Leyde qui se rechargerait immédiatement d'elle-même. Au moment où l'on rapproche les extrémités des électrodes f,f (fig. 4046),

Fig. 4 048.

on voit jaillir une étincelle, quand la distance est assez petite. Cette distance dépend de la tension ou du nombre des couples. On peut aussi reproduire cette étincelle aussi souvent que Ton veut.

1433. Plie isolée. — Dans tout ce qui précède, nous avons supposé la pile en communication avec le sol par l'un de ses pôles. Supposons-la maintenant, isolée. Pour trouver la distribution de l'électricité entre les divers couples, il suffira de considérer deux piles égales non isolées, commençant en bas, Tune par le cuivre, et l'autre par le zinc. La première contiendra du fluide positif, et la seconde du fluide négatif. Si l'on renverse cette dernière, de manière que son zinc inférieur vienne s'appliquer sur le cuivre qui est au bas de la première, en ayant soin de séparer ces deux disques par une rondelle de drap, on formera une pile unique dont tous les disques se trouveront dans le même ordre, et dont une moitié sera chargée d'électricité positive, et l'autre d'électricité négative; car les disques du milieu étant à l'état neutre, il n'y aura rien de changé dans l'état électrique de tous les autres. On voit que la tension aux deux pôles ne sera que la moitié de la tension qui aurait lieu à l'une des extrémités d'une pile non isolée ayant le même nombre de couples.

Si l'on met la pile isolée en activité, les phénomènes se passeront dans chaque moitié comme dans la pile non isolée; seulement les fluides, en même quantité, qui arriveront dans la rondelle du milieu, s'y neutraliseront, au lieu de passer dans le sol. Du reste, quand la pile non isolée est en activité, l'électricité ne tarde pas à s'y distribuer, comme dans la pile isolée; c'est-à-dire que les deux moitiés renferment des électricités contraires, et que la rondelle qui se trouve au milieu est à l'état naturel.

1434. DIFFÈHEHTE8 BsrtcES de piles. — La pile, telle que nous l'avons décrite (fig. 1048), se nomme pile à colonne. Elle présente divers inconvénients : elle est longue à monter, et le poids des disques comprime les rondelles

et en exprime le liquide. On a imaginé diverses dispositions destinées à rendre l'appareil plus commode et à augmenter son énergie.

Plie & mage , on de Cralkshank. — Les couples de cette pile sont formés de deux plaques Fig. 4049. — 4/6- rectangulaires en zinc et en cuivre,

appliquées et soudées l'une sur l'autre. Ces doubles plaques sont placées parallèlement les unes aux autres, de manière que le zinc soit toujours tourné d'un même côté, dans une auge en bois qu'elles divisent en compartiments égaux (fig. 1049). Un mastic résineux sert à fixer les couples et à les isoler les uns des autres. On remplit les compartiments d'eau acidulée, et des lames de cuivre a et c, munies de fils métalliques, reçoivent les électricités accumulées dans les compartiments extrêmes. Le pôle positif se trouve en a du côté du zinc. Quand on ne veut

sources d'électricité.

plus faire usage de cette pile, on verse l'eau acidulée, et on lave les couples à grande eau.

Pli© a couronne de tanes Chaque couple de cette pile, imaginée par

Volta, se compose d'une bande métallique repliée en forme de fer à cheval, et formée de zinc z (fig. 1050), et de cuivre c, soudés l'un à l'autre en o. Des tasses, placées les unes à la suite des autres, contiennent de l'eau acidulée, et chacune d'elles reçoit une branche cuivre et une branche zinc, appartenant à deux couples voisins. Ces branches, qui ne doivent pas se toucher, communiquent par l'eau acidulée. Les électricités qui s'accumulent dans les vases extrêmes sont reçues par des lames de cuivre. Avec une centaine de couples, on éprouve des commotions assez fortes, quand on plonge les doigts dans les vases extrêmes.

Fig. 1031.

La pile à couronne est très facile à construire, mais elle est longue à monter. Pour simplifier l'opération, on fixe les couples, par leur partie supérieure, aune barre de bois (fig. 1051 ), et on les plonge dans une auge partagée en compartiments égaux isolés, de manière que chaque compartiment reçoive une lame de zinc et la lame de cuivre du couple suivant. En 1806, l'Institut royal rie Londres fit établir dans ce système une batterie voltaïque de 2000 couples, célèbre par les expériences de Davy. Les éléments avaient A ou 5 décimètres carrés ; la batterie était formée de 200 auges et renfermée dans une cave, dont les électrodes traversaient la voûte, afin que les expérimentateurs ne fussent pas incommodés par l'hydrogène qui se dégageait d'un aussi grand nombre d'éléments, par l'action de l'acide sulfurique sur le zinc. M. Children a fait construire dans ce même système, une pile remarquable par l'intensité de ses effets, composée de 20 couples de 1 mètre carré de surface environ.

Pile de Woliaston. — Wollaston ayant reconnu qu'il y a beaucoup d'avantage à donner au cuivre une plus grande surface qu'au zinc, a recourbé la lame de cuivre de manière à envelopper la lame de zinc comme on le voit en ecc (fig. 1052). La lame de zinc z est soudée au cuivre c' de l'élément

suivant : elle est séparée du cuivre ccc par de petits morceaux de bois placés

en haut et en bas. La lame de cuivre est fendue en dessous, pour que le liquide

dans lequel plonge le couple puisse circuler facilement

autour de la lame de zinc z. La fig. 1053 représente

l'ensemble d'une pile de Wollaston de 28 couples. Ces

couples sont fixés en deux rangées, sur les barres de bois

aa, bb que Ton peut élever ou abaisser à volonté, au moyen

de chaînes qui passent sur des poulies de renvoi et viennent

s'enrouler sur un treuil t, que l'on fait mouvoir au moyen

de la manivelle m et d'un système d'engrenage. Quand on

abaisse les couples , chacun d'eux plonge dans un vase

plein d'eau acidulée. Tantôt les deux séries forment une

pile de 28 éléments pliée en deux ; alors les deux pôles

sont d'un môme côté de l'appareil ; tantôt elles forment

une pile de 14 éléments, d'étendue double , et alors les

deux pôles sont aux extrémités opposées, et les éléments sont tournés de

la même manière dans les deux séries.

Fig. 4053.

Pile en héMee. — Quand on a besoin d'éléments à très grande surface, on emploie la pile en hélice, imaginée par Hare. Pour construire un élément de cette pile, on enroule en spirale autour d'un cylindre de bois r,r(fig. 4054), une lame de zinc et une lame de cuivre, en ayant soin de les séparer par des bandes de drap, ou par des baguettes en osier. De cette manière, les deux faces de la lame de zinc se trouvent, dans presque toute leur étendue, en présence d'une surface de cuivre, et réciproquement, comme on le voit dans la coupe transversale or, où la ligne forte représente le zinc. Quand on veut se servir de m 20

Kig. 4 054.

306 SOURCES D ÉLECTRICITÉ

cet élément, on le plonge dans un tonneau rempli d'eau acidulée. Les lames de zinc et de cuivre sont munies de fils /", f . En o est le contact des deux métaux ; la lame de cuivre c est destinée, dans la théorie de Volta, à recueillir l'électricité qui se porte sur le zinc, et qui passe sur cette lame c à travers F eau acidulée. Quand on veut réunir plusieurs couples, on fait communiquer, au

moyen de larges bandes de cuivre, le zinc de chacun d'eux avec le cuivre du suivant, et ainsi de suite. Ces couples sont fixés à des barres de bois , que Ton élève ou que Ton abaisse à volonté, au moyen d'un treuil disposé d'une manière analogue à celui de h fig. 1053. Hare a construit un appareil semblable, qu'il a nommé calorimoteur ou dé/lagrateiir, à cause de l'intensité de ses effets calorifiques. M. Pouillet a fait construire , pour la Faculté des sciences de Paris, une pile en hélice de 12 couples, dont les lames ont chacune 5 ou 6 mètres carrés de surface. Les couples sont fixes, et c'est le plancher portant des seaux pleins d'eau acidulée, qui se soulève, au moyen de chaînes, de manière que les couples soient baignés par le liquide.

Pli© d'Yonne* — Cette pile , qui peut renfermer un grand nombre d'éléments dans un petit espace, et dont le principe est dû à M. Faraday, est

composée de lames de zinc et de cuivre découpées et repliées "comme on le voit en z, z\ c, c' (fig. 4055), où les lames de cuivre sont ombrées, pour les distinguer des lames de zinc. Chaque lame de zinc porte un appendice, qui est soudé à un appendice semblable de la lame de zinc suivante , comme on le voit en 0. Les lames sont engagées les unes dans les autres, de manière que chaque zinc se trouve entre deux cuivres , et réciproquement.

On peut rapprocher les lames de manière que 50 couples n'occupent pas plus de 25°". On voit en A l'ensemble de cette pile ; on la plonge toute entière dans une même auge, où elle fonctionne bien quand les pôles sont réunis par un fil conjonctif ; ce qui est contraire à la théorie de Volta, qui attribue au liquide le rôle unique de conducteur. Cependant , les quantités d'électricités qui se recombinent à travers le fil conjonctif , sont un peu moindres que si les éléments plongeaient dans des vases séparés. Ces remarques s'appliquent à l'appareil suivant.

Fig. 4 055.

Fig. 4 056.

File de Mmeke. — Cette pile, bien plus simple que la précédente , présente les mêmes avantages. Les lames de zinc et de cuivrç , dont on voit une coupe horizontale en czcz (fig. 1056), sont soudées suivant une ligne verticale , et pliées en forme d'U ; elles sont maintenues en dessus et en dessous par une ou plusieurs petites barres de bois , comme on le voit dans le dessin de gauche , qui représente l'ensemble de l'appareil. Les piles d'Young et de Muncke sont très commodes, et les plus avantageuses quand on a besoin d'un grand nombre d'éléments. On peut réunir facilement plusieurs de ces piles, en faisant communiquer les extrémités, au moyen de bandes de cuivre qu'on réunit par de petites pinces à vis.

On a construit des piles dans lesquelles l'un des métaux sert à former le vase qui contient l'eau acidulée. Nous allons décrire deux de ces piles.

pile d'Œrsted. — Des vases aplatis en cuivre c, c, c; c' (fig. (1057)) , contiennent de l'eau acidulée, dans laquelle plongent, sans toucher le cuivre , des lames de zinc z, z, z; z'. Chaque vase de cuivre communique avec le zinc qui plonge dans le vase suivant, par des crochets s'enfonçant dans de petits godets en fer n, n\ remplis de mercure. Il suffit de soulever

ou d'abaisser la barre de bois B, B', à laquelle sont fixées les lames de zinc, pour faire fonctionner la pile, ou la mettre au repos.

Pile de Slurgeon. — La figure 1058 représente un des couples de cette pile. L'eau , acidulée par £ d'acide sulfurique , est contenue dans un vase cylindrique en fonte de pjg. 4058.-4/6 fer f. Dans ce vase est plongé un cylindre en zinc z , qui s'appuie sur une rondelle de bois. Des tiges en cuivre sont vissées au cylindre de zinc et au vase de fonte; la première va s'adapter au vase de fonte du couple précédent. — M. Callan a imaginé, de son côté, un couple qui ne diffère de celui-ci que par la forme , qui est aplatie au lieu d'être cylindrique ; parmi les liquides qu'il emploie, nous citerons l'acide chlorhydrique , et l'acide sulfurique étendu de 3 ou 4 parties d'une dissolution concentrée de sel marin.

jB- * I

Fig. 4057.

308 SOURCES d'électricité.

On préfère aujourd'hui , aux appareils que nous venons de décrire , des piles à deux liquides, que nous décrirons , après avoir parlé de l'électricité dégagée dans les actions chimiques. Nous reviendrons alors sur les piles à un seul liquide , pour montrer l'origine véritable de l'électricité qu'elles fournissent.

«435. Batterie voltaïque. — En réunissant plusieurs piles semblables , on forme une batterie voltaïque , ou batterie galvanique. Il y a deux manières de procéder : 1° on met les piles les unes à la suite des autres, de manière à tourner tous les pôles positifs du môme côté , et Ton réunit , au moyen d'arcs métalliques, les pôles voisins. On voit en A (fig. 1059) comment on effectue cette réunion avec les piles à auges ; les arcs sont terminés par des lames , qui plongent dans les compartiments, extrêmes des auges voisines.

L'ensemble forme alors une pile ayant un

Én^^^ nombre de couples égal à la somme des cou-

*^^\r pies de toutes les auges. 2° On place des piles

f JLjL égales , parallèlement , les unes à côté des nIHH autres, de manière que le zinc soit dans toutes PIJ jPJIi^ du même côté, et l'on fait communiquer entre ESIigi^aiBàa euj toug jeg pôjes p0Sjtjfs ^ et entre eux tous

les pôles négatifs , au moyen d'arcs métalli- F»g- *059- ques. On voit , en abcry un arc semblable

réunissant les pôles de même nom de trois auges parallèles. On a alors une pile dont les couples sont en même nombre que dans chaque auge , mais dont la surface est triple de celle de l'élément d'une des auges. Nous verrons plus loin que, suivant les effets que l'on veut produire , il importe d'avoir, tantôt de grands éléments, tantôt de nombreux éléments. L'Ecole polytechnique possédait une -batterie voltaïque, composée de 6 piles à auge ayant 100 couples chacune, de 9 décimètres carrés, avec laquelle Gay-Lussacet Thénard ont fait, en 1808, des expériences importantes que nous ferons connaître.

1436. — piles sèches. — Le liquide qui entre dans la composition de la pile voltaïque exerce sur les métaux une action corrosive qui les détruit rapidement. C'est pourquoi on a cherché à remplacer ce liquide par un conducteur sec non métallique ; mais on n'a obtenu ainsi que des piles très faibles. Les premiers essais ont été faits par Hachette et Desormes, vers 1802. Us empilaient des disques minces de zinc et de cuivre , séparés par une couche de colle d'amidon. M. Biot a remplacé la colle, par des disques de salpêtre fondu. Deluc forma ensuite des piles sèches au moyen de disques très minces de zinc et de papier cuivré pressés les uns contre les autres ; le papier formait le conducteur intermédiaire entre les deux métaux. Plus tard, en 1812, Zamboni construisit les piles sèches, qui portent son nom.

Pour construire une pile dans le système de Zamboni , on colle une feuille

Page 1