‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 86 sur 186 · PILES A CHARBON · texte numérisé non relu

PILES A CHARBON

en cuivre mv serré par une vis v , et portant une languette m , qui forme l'électrode positif.

M. Archereau a modifié le couple de Bunsen en mettant le zinc en dehors pour augmenter retendue de la surface attaquée, revenant ainsi à la disposition adoptée primitivement par M. Grove. Pour charbon, il emploie des prismes de cette plombagine artificielle qui se forme dans les cornues à gaz d'éclairage. La fig. 1098 représente 6 couples de la pile ainsi modifiée. En V est une section faite par un plan passant par l'axe d'un de ces couples; c est le charbon. — Pour faire communiquer les couples entre eux, M. Archereau entoure le charbon d'un collier serré par une vis, et muni d'une bande de cuivre qui va se réunir, au moyen d'une pince à vis, à une bande semblable fixée au zinc du couple suivant. M. Deleuil, qui forme le cylindre intérieur au moyen du charbon préparé de M. Bunsen, termine les bandes a, a, a.... fixées aux zinc (fig. 1098), par des troncs de cône en cuivre 6 qu'on enfonce dans des trous pratiqués dans les cylindres de charbon. M. du Moncel creuse simplement une cavité dans la base de ce cylindre, y met du mercure, et y plonge l'extrémité de la bande de cuivre fixée au zinc du couple suivant.

Les couples à charbon intérieur, désignés souvent sous le nom de couples d% Archereay, sont bien plus puissants que les couples à charbon extérieur. Il faut généralement deux de ces derniers pour produire les mêmes effets, et donner la même tension qu'un seul couple à charbon intérieur de même grandeur. On a adopté, en France, deux modèles principaux : l'un de 20 à 22cmde hauteur, l'autre de 13 à 14. Un seul couple du grand modèle suffit pour faire rougir un fil de platine, et deux décomposent l'eau avec rapidité.

4468. Piles dont tous les couples s'amorcent en même temps. — Les piles à charbon sont très énergiques et fréquemment employées ; mais elles sont longues et pénibles à monter et à démonter. On a donc cherché des dispositions permettant de mettre les couples en contact avec les liquides ou de les en séparer tous à la fois, comme cela a lieu dans la pile de Wollaston. M. du Moncel a imaginé le moyen suivant : les vases poreux, contenant l'acide azotique et le charbon, sont fixés par le haut dans des trous pratiqués dans une planche, de manière qu'on peut les enlever tous simultanément. On les plonge alors dans une série de vases cylindriques en verre, disposés à côté de la pile, et renfermant de l'acide azotique ; sans cette précaution, l'acide suinterait à travers les parois des diaphragmes. Un petit trou, pratiqué dans le haut des vases poreux, permet au liquide de prendre le même niveau en dedans et en dehors de ces vases. La planche est enduite, même dans l'intérieur des trous, d'une couche de cire à bouteilles ou de gutta-percha, pour préserver le bois des émanations de l'acide. Les lames de zinc sont fixées à un cadre en bois, au moyen d'oreilles; on peut donc, après avoir enlevé les vases poreux, faire sortir simultanément toutes ces lames, de l'eau acidulée. La manœuvre inverse permet de mettre, en deux mouvements, la pile en état de fonctionner.

. 350 SOURCES d'électricité.

La communication entre les couples est établie au moyen de fils de cuivre enveloppés de gutta-percha, assez longs pour se prêter aux déplacements que nous venons d'indiquer.

Cette disposition ingénieuse ne peut s'appliquer qu'à un petit nombre de couples. Pour les piles qui en ont un grand nombre, M. Archereau emploie deux pompes, qui injectent, l'une de l'acide azotique, l'autre de l'eau acidulée. Ces liquides sont conduits par deux tubes en gutta-percha, envoyant des embranchements jusqu'au fond des vases de la pile, qui reste toujours montée , de manière à former deux systèmes de siphons qui établissent un même niveau dans tous les vases qui reçoivent le même liquide. Quand on veut vider les vases, ces tubes deviennent tubes aspirateurs des pompes, au moyen d'un artifice particulier. M. Archereau a encore employé une autre méthode, qui exige, comme celle-ci, la mise en mouvement de grandes quantités d'acide.

Nous avons imaginé une disposition dans laquelle on évite cet inconvénient, et qui peut s'appliquer aux batteries d'un grand nombre de couples. Les vases

poreux et les cylindres de zinc z sont fixés à un même châssis , vu en dessus en cV, de profil en ce, et en coupe en c"c" (fig. 1099). Les couples sont réunis deux à deux au moyen des tiges de cuivre r, r.. r'. On peut donc enlever tous ces couples en même temps; on les transporte dans une auge unique aa, parallèle à la rangée de couples , et dans laquelle est disposée une série de vases cylindriques en verre V contenant de l'acide nitrique. Les vases poreux s'enfoncent dans les vases de verre, que les lames de zinc enveloppent en plongeant dans de l'eau que contient l'auge.

Pour transporter ainsi les couples, quand ils sont nombreux , on emploie un système d'engrenage et de chaînes, comme dans la pile de Wollaston (fig. 1053), avec cette différence que la barre qui supporte le treuil T (fig. 4099) porte à ses deux extrémités des pièces transversales, dont l'une se voit en bb, pouvant rouler, au moyen de galets, sur deux barres fixes à rails n». Après avoir soulevé les couples, on pousse tout le système latéralement , pour le transporter au-dessus de l'auge aa, dans laquelle on peut ensuite le faire descendre, la barre f, qui se déplace avec la traverse U, sert à guider le châssis ce pendant son ascension et sa descente. Les vases poreux sont fermés par des couvercles qui empêchent l'acide azotique de s'évaporer, et ils

Fig. 4 099.

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